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40 partis politiques et pas un seul programme

C'est officiel, les prochaines élections législatives seront organisées le 7 septembre 2007.
Après d'interminables tergiversations, le calendrier des prochaines élections législatives  vient d'être adopté par le gouvernent marocain. Certains partis politiques avaient suggéré le mois d'octobre, d'autres avaient une préférence pour juillet mais ces périodes présentent de nombreux inconvénients : les grandes vacances, le ramadan, …etc.

Au niveau du découpage électoral, le nombre de circonscriptions  est passé de 91 à 95 couvrant 122 provinces et préfectures.  On note certaines variations au niveau du nombre de circonscriptions ou de sièges par province.

40 partis politiques et pas un seul programme
Enfin le code électoral est adopté, la date des élections est fixée, mais on attend toujours les programmes des 40 partis politiques !

Car jusqu'à présent, il n y a pas eu un seul programme économique, social et politique de la part des acteurs politiques. On assiste de temps à autre à quelques tirs de baroud ici et là, mais on n'a pas encore vu un seul programme politique digne de ce nom.

Quand ils ne tirent pas l'un sur l'autre, même entre partis au sein de la majorité gouvernementale,  la plupart des partis politiques marocains passent leur temps à tirer sur un ennemi imaginaire, incarné par le Parti de Justice et Développement (PJD) ou à semer la peur en invoquant la poignée de militants de Yassine.

Certains partis vont jusqu'à se tirer une balle dans la jambe, vu le nombre de scissions internes qui ont donné lieu à de nouvelles formations politiques et qui ont poussé les cadres les plus dynamiques à claquer la porte, face à des directions conservatrices et obsolètes.

Mais à force de chanter le péril islamiste, certains partis ont fini par rayer le disque, alors il leur reste un dernier refuge : la cause nationale (le Sahara), sachant bien qu'ils n'ont aucun rôle à jouer à ce niveau  et qu'ils n'ont jamais eu la moindre incidence sur l'évolution de ce dossier.

En dehors de ces tirs croisés et de ces prétextes, le Marocain continue à puiser dans son imagination pour faire face au coût de la vie.

Pain, sucre, huile, eau, électricité et transport
Dans les villes, les ménages se battent pour faire face à l'inflation qui a touché les produits de première nécessité: l'eau, l'électricité et le prix du taxi ou du bus. Pendant le règne de Hassan2, on avait assisté à de nombreuses émeutes sanglantes qualifiées " d'émeutes de pain ". Les ménages manifestaient leur colère contre la hausse des prix des produits de première nécessité : pain, huile, sucre. Aujourd'hui, la liste de ces produits s'est allongée avec l'eau, l'électricité et le transport.

Lydec, Amendis, non merci !
La population rurale qui représentent plus de 50% de la population du Maroc (45% selon certaines sources) et qui vivaient dans un autre Maroc, le Maroc des oubliés, vient d'assister à l'arrivée du courant électrique qui s'est arrêté aux portes des douars.
Si le citadin éprouve des difficultés à faire face aux factures d'eau et d'électricité, alors on ne voit pas comment un paysan avec sa culture vivrière et sa maigre vache pourrait faire face aux frais exorbitants du branchement et disposer de revenus réguliers pour faire face à la facture mensuelle? Résultat, l'électricité est arrivée aux douars mais peu de villageois peuvent se permettre ce luxe du 21ème siècle.
Quant à l'eau, cette denrée dont on nous chante qu'elle est très rare au pays des 110 barrages, près de la moitié des Marocains continue à boire de l'eau de source ou de puits. C'est pénible de faire des kilomètres quotidiennement pour s'approvisionner en eau potable, mais cette eau est fraiche, sans chlore et surtout gratuite, sans facture salée d'Amendis  ou de  Lydec.

Les problèmes du Maroc et des Marocains sont bien connus :
La corruption occupe la première place
Il y a la corruption généralisée, un véritable cancer de la société marocaine, qui paralyse le progrès, démotive l'élite et handicape le développement économique et social du Maroc.
Y-t-il un parti capable de fixer comme objectif que le Maroc sera débarrassé de la corruption en 2010 ?

La santé : "un esprit sain dans un corps sain"
La situation sanitaire catastrophique et l'état déplorable du secteur de la santé publique dans son ensemble. Les cliniques privées demeurent hors de portée de la majorité de la population. L'instauration de l'Assurance Maladie obligatoire (AMO) est une bonne initiative en soit, mais elle perpétue, dans sa conception, cette dichotomie entre une santé pour les riches et une autre pour les pauvres. N'est-t-il pas préférable d'avoir un seul système de soins de santé efficace et accessible à tous les Marocains, quelle que soit leur origine ou leur classe sociale ?

Ressources humaines : richesse inépuisable
L'analphabétisme d'une proportion importante de la population, 56% de la population voire 85% dans les zones rurales, est un autre défi, qui devrait figurer dans les priorités du futur gouvernement. Il faut redonner à l'école son rôle qu'elle avait jadis et stopper cette privatisation rampante et insidieuse de l'école publique : cette école qui a formé la majorité des cadres du Maroc vit une crise profonde.
On constate aujourd'hui une cassure dans le système éducatif marocain : d'une part, il y a les écoles de riches représentées par les missions françaises qui font le plein et une multitude d'opérateurs économiques (école canadiennes, américaines…), les marchands de l'éducation,  à la recherche de profits, pour qui l'éducation est une marchandise comme une autre, et d'autre part, il y a l'école du peuple surchargée, sous-équipée avec un personnel démotivé et contraint de prester des heures privées pour pouvoir joindre les fins de mois.

Logement social pour une classe moyenne
Crise de logement répandue dans toutes les régions du pays, en dépit des progrès réalisés ces dernières années dans le cadre du programme de 100 000 logements par an.

Des dizaines de milliers de logements sont construits chaque année, mais ils ne profitent pas aux nécessiteux. Prenez, à titre d'exemple, la côte du Nord, de Tétouan jusqu'à Finidaq, il y a des milliers de nouveaux immeubles à appartements et des villas somptueuses le long de la côte sur 40 km. Mais ils ne sont occupés que pendant quelques semaines et demeurent vident le reste de l'année.  Cela ne profite ni à relancer le tourisme dans cette zone de drogue et de contrebande, ni à résoudre la crise aiguë de logement. Alors, pendant que les spéculateurs occupent le littoral, les nécessiteux de Tétouan grignotent dans la montagne qui domine la ville du côté du bidonville de Jamaa El Mazouak, connu même à Bagdad pour ses kamikazes.
On trouve la même situation à Tanger, Azilah, Casablanca, Rabat…etc, on dirait qu'il s'agit des mêmes acteurs produisent les mêmes effets. Les sociologues diraient que les mêmes causes produisent les mêmes effets…

La spéculation bat son plein dans ce secteur et avec une anarchie sur tous les plans. Proportionnellement au niveau de vie d'un ménage marocain, les prix d'un mètre carré d'un bien immobilier bâti avec des matériaux douteux avoisinent ceux en vigueur en Europe.

Certes, il y a un effort au niveau du parc immobilier, des appartements de 60 m2 au prix affiché de 200 000 DH. Mais quand on creuse,  la réalité est toute autre. En plus des frais d'enregistrement, du notaire et autres taxes, la majorité des promoteurs exigent le versement cash de 50 000 DH en noir, ni vu ni connu, et ne figurant sur aucun document ! Seul le groupe Addoha respecte le prix affiché et ne recourt pas à cette pratique.

Au total, une boîte de quatre murs d'une surface théorique de 60 mètres carrés revient à  plus de 280 000 DH soit près de 5000 DH/m2 (450 euros/m2 !).  A ce prix, on ne peut pas, objectivement, parler de logement économique.

En dépit des défauts et vices de construction (isolation sonore et thermique médiocre, infiltrations des eaux de pluie, fissures inquiétantes, promiscuité, inadaptation à la taille des familles marocaines, etc.), l'offre au niveau du logement social demeure insuffisante.

Les logements économiques sont, en théorie, destinés aux ménages défavorisés, surtout ceux habitant dans des bidonvilles.
Toutefois, on constate que les logements classés économiques sont, le plus souvent, acquis par des ménages censés faire partie de la classe moyenne: enseignants, fonctionnaires, agents de l'Etat, RME, cadres du secteur privé… bref, tous ceux qui disposent d'un revenu régulier, permanent et susceptibles de contracter un crédit-logement.

L'habitant d'un bidonville n'a quasiment aucune chance d'accéder à ces immeubles qui font partie du programme national de 100 000 logements par an.
Dans ces conditions, les bidonvilles qui encerclent les villes sont, à leur tour, en train d'être encerclés par des immeubles neufs inoccupés, qui ont enrichi les spéculateurs et servi à recycler l'argent sale.

Harragas ou kamikazes à Bagdad
L'emploi devrait aussi faire partie des programmes urgents et prioritaires des partis politiques.
C'est la clé pour réduire la pauvreté criante juxtaposant la richesse insultante et atténuer les  flagrantes disparités sociales.

Des millions de jeunes sans emploi, ne figurant pas dans le taux de chômage officiel de 9,4%, sont dans le désespoir et prêts à se lancer dans toutes les aventures.
Certains n'hésitent pas à se jeter dans le détroit de Gibraltar au péril de leur vie. D'autres n'hésitent pas à se métamorphoser en kamikaze à Bagdad.

La situation sociale se dégrade de plus en plus, le phénomène des enfants vivant dans les rues est très visible dans toutes les villes du Maroc.  Les quelques associations qui font un excellent travail sur le terrain sont dépassées. Si les autorités ne prennent pas des mesures  immédiates pour mettre fin à cette situation déplorable, ces enfants formeront demain une nouvelle génération de harragas ou de kamikazes.

Il y a aussi cette armée de mendiants (professionnels mais aussi réels) qui sillonnent les rues de nos villes et de plus en plus, de personnes âgées abandonnées sur les trottoirs, phénomène récent qui reflète des fissures dans la traditionnelle solidarité familiale.

A quoi bon d'annoncer des taux de croissance économique de 5 ou 6% si les fruits de cette croissance ne bénéficient pas à la majorité de la population? En l'absence de mécanismes de répartition du revenu national qui toucherait toutes les couches sociales, la croissance économique appauvrit la majorité de la population (la croissance appauvrissante) et enrichit une poignée d'opérateurs économiques.
A quoi bon annoncer 130 000 logements neufs alors que les bidonvilles s'élargissent de jour en jour ?
A quoi bon annoncer des investissements à coups de milliards de dollars alors que la jeunesse continue à se jeter dans la Méditerranée?

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