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Bziz a été interdit d'exercer toute activité artistique durant 18 ans
       
C'est aujourd'hui évident. Ahmed Snoussi . Pour tous ceux qui martelaient à cors et à cris que cette interdiction n'est "qu'un mythe", c'est un sacré revers. On apprend aujourd'hui par le ministre de la Communication que " Ahmed Snoussi n'est pas interdit de télévision depuis 2002 " et que " L'exécutif Jettou n'est pas responsable des interdictions passées de cet artiste ". Snoussi nous rappelle que la majorité de ces ministres d'aujourd'hui ont été dans d'autres gouvernements bien avant l'exécutif Jettou. Et ils savaient pour toutes ces interdictions avouées par le ministre et porte-parole du Gouvernement.
Confrontations lors de l'ouverture du festival du film à Marrakech avec les vigiles français dépêchés sur place pour empêcher Ahmed Snoussi de manifester et de se manifester.

Que s'est-il passé depuis l'annonce de la grève illimitée de la faim ? Beaucoup de choses dans cette épineuse affaire d'interdiction imposée à l'artiste humoriste Ahmed Snoussi Bziz. D'abord les déclarations du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdallah, qui affirment que l'interdiction a été effective et réelle. Et aujourd'hui le public attend le retour de l'artiste pour expliquer cette affaire alors que ce sont les autorités qui tergiversent encore. Et la balle est dans leur camp.

Le temps passe
Le premier hic dans cette affaire est le suivant : Ahmed Snoussi précise de son côté que "certains disent que je dois passer à la télévision en tant qu'artiste et non comme un militant ou engagé politique. Ceci est une continuité de la censure. Pourquoi des artistes comme Tayeb Seddiki ou Rajaa Belamlih ou Mehdi Qotbi ou encore Tayeb Laâlej pour ne citer que ceux-là, sont passés dans des émissions comme Hiwar et Fil Wajiha ? Ici, il faut savoir où commence le politique et où finit le culturel et vice-versa".

Pour Ahmed Snoussi, ceux qui brandissent cet argument cherchent à faire durer l'interdiction. Second point, quand un responsable politique affirme que le gouvernement veut traiter Snoussi comme les autres artistes, la question qui s'impose, est :est-ce que les autres artistes ont eu droit à la même interdiction pendant 18 ans comme Ahmed Snoussi?

Dans ce va-et-vient de points de vue, nous remarquons que pour le moment, ce sont les responsables qui parlent devant la télévision en direct en l'absence de l'artiste pour affirmer ce que bon leur semble. Comme la revue de presse sur 2M où l'on cite les propos du ministre et où l'on censure les miens. Ce sont là les fameuses portes ouvertes dont tout le monde se gargarisent aujourd'hui ?

La bonne volonté voudrait que Snoussi ait le droit de parler lui-même de ce qui se passe et de donner sa version des faits pour éclaircir cette affaire et dépasser cette crise réelle. "Je ne demande pas que l'on crée une émission en direct pour moi.
Les programmes live existent, c'est la liberté qui n'est pas de mise. Pour lui, imposer un programme au lieu d'un autre pour son passage à la télévision est une réelle forme de tutelle exercée sur sa personne et son art. Ce qui voudrait dire que l'on est encore en train de jouer avec la censure. L'affaire "Bziz" a dépassé les frontières locales pour devenir une grande question sur les droits de l'Homme et le droit à l'expression défendue par toutes les organisations internationales. Pour l'heure, son interdiction a dépassé toutes les frontières aussi.

L'histoire
Il suffit de lire la chronologie de l'interdiction de l'artiste Ahmed Snoussi "Bziz" pour se rendre compte des dégâts provoqués par un tel acharnement. Depuis 18 ans, il y a eu des appels internationaux qui sont restés lettre morte, mais avec l'annonce de la grève de la faim, comme recours pour en finir avec cette injustice, l'opinion mondiale s'est rangée encore une fois du côté de l'artiste.

En 1996, déjà Human Rights Watch a écrit aux autorités marocaines pour soulever ce débat autour "des contradictions avec les engagements du Maroc en termes de libertés publiques". Snoussi nous dit que "l'on signe sur le papier, mais en réalité, l'injustice a droit de cité".
En octobre 1997, le premier comité de soutien a été formé avec une myriade d'intellectuels, de journalistes, politiques, syndicalistes, étudiants, société civile et tant d'autres personnes physiques ou morales qui ont pris le poids de la lutte aux côtés du satiriste. Rien n'y fit. Ahmed sera menacé, agressé, frappé comme en ce 4 juin 1996 à Rabat lors de son soutien aux diplômés chômeurs qui manifestaient. Il avait dit à l'époque: "j'ai toujours été frappé par l'interdiction, là c'est au sens propre que je suis frappé". Il suffit que le nom de Snoussi Bziz figure sur les listes de telle ou telle manifestation ou rencontre pour qu'elle soit frappée d'interdiction. Aussi bonnement que cela et on s'en souvient, un important ministre avait dit non sans véhémence : "Il est interdit, un point c'est tout".

Le sens du combat
En 2005, on lui demande de "respecter les constantes de la Nation". Pour l'humoriste, c'est là "la confusion, alors que j'ai toujours proclamé mon attachement à la légalité si elle est l'expression suprême de la volonté de la Nation". "Cet attachement ne doit pas être à sens unique.

L'Etat doit respecter les règles de la Constitution que beaucoup d'ailleurs demandent à réviser. C'est le sens même de mon combat. Les seules lignes rouges à ne pas dépasser sont celles qui sacrifient la dignité humaine" souligne l'artiste. Dans ce fatras, le comité d'action pour la levée d'interdiction imposée à l'artiste Ahmed Snoussi a pris acte des déclarations du ministre de la Communication, mais il insiste, qu' "au-delà des belles paroles, le comité revendique des mesures concrètes pour mettre fin à 18 ans de réclusion et d'exclusion".

Ahmed Snoussi ajoute : "j'ai le droit de revendiquer un temps d'antenne pour communiquer en direct avec l'opinion publique pour raconter l'injustice. Et c'est normal car je n'étais pas absent pendant toute cette période dans des conditions normales. Non, je veux préparer mon retour. Après cette absence forcée, il faut que je fasse la chronique de ma mort, mille fois annoncée et expliquer à de nouvelles générations le sens de mon combat".

Le public et son amour
"La balle est dans le camp de ceux qui m'ont muselé tout en essayant en vain de nier mon existence et la réalité de mon interdiction". Et on le comprend aisément puisque le silence et la marginalisation ont perduré jusqu'à l'annonce de la grève de la faim.

L'idée de la mort a fait son effet et c'est cette nécrophilie et son attrait qui aujourd'hui semblent faire bouger les choses. "Ce ne sont pas mes censeurs qui m'offrent, à nouveau, le droit à la parole. C'est le fruit d'un long combat acharné soutenu par les hommes de bonne volonté d'abord dans mon pays, ensuite partout dans le monde". "Je ne me suis jamais senti seul dans mon combat grâce à tous ces soutiens, grâce à mon public au Maroc et aussi aux Marocains émigrés qui ont été là pour me soutenir lors de mon parcours en cassant cette politique de l'oubli. Et ici je leur rends hommage.

Et le combat continue pour la liberté". Et c'est là qu'il faudra énumérer toutes les actions de soutien d'Amnesty International, à Pen en passant par Index, Article 19, Human Right Watch, l'AMDH, Reporters sans frontières et des dizaines d'autres organisations nationales et internationales qui ont porté leurs voix aux côtés de celle du satiriste.

Sans oublier le rôle joué par la presse nationale et la presse mondiale tels que: le New York Times, Herald Tribune, The Guardian, Libération, le Monde, El Pais, El Mundo, la Vanguardia, le Soir, les journaux arabes et nord-américains, Al Arabiya, BBC, Al Jazeera, les chaînes de télévision américaines, les chaînes françaises…et la presse nationale qui a toujours dénoncé cette grave entorse aux lois humaines.
Un concert de voix qui versent dans la même direction: cesser l'injustice et l'acharnement imposés à l'artiste depuis presque deux décennies. Des sit-in ont été programmés dans plusieurs pays européens devant les ambassades du Maroc, des sites Internet créés pour parler de ce dossier, mais quand des personnalités et des organisations populaires respectées ont demandé à l'humoriste de ne pas entamer la grève de la faim en attendant de trouver une solution sans atteindre à sa vie, l'humoriste a attendu. Lui qui a continué le combat ici, dans son pays, pour le public pour lequel il vit. Et le plus grand crime commis à son égard est cette volonté non cachée "de vouloir effacer mon image dans la mémoire des Marocains". Il faut dire qu'il y a des gens que la télévision impose au public, alors que c'est le public qui impose aujourd'hui Snoussi à la télévision.

ABDELHAK NAJIB
La gazette
18 Décembre 2006
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