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Ex-PDG du CIH
une Nathalie 5 étoiles à la place d'un hôtel  ...

Il aura fallu près de 5 ans à l'appareil judiciaire pour démarrer effectivement le procès relatif au Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH). Mustapha Farès, président de la Chambre criminelle à la Cour d'appel de Casablanca, a estimé jeudi 8 février, que le dossier était prêt pour le jugement. Il a d'ailleurs commencé par entendre quelques accusés qui comparaissent en état de liberté provisoire.

Pour cette première audience de débats dans le fond (plusieurs audiences ont précédemment été consacrées aux questions de formes dont la procédure par contumace pour les accusés déclarés en état de fuite), Farès s'est attardé sur quatre volets. Le premier concerne Abdellatif Sadek, ex-directeur des affaires générales du CIH.

En répondant aux questions de la Cour concernant "les privilèges" accordés à l'ex-directeur, Sadek a nié avoir eu droit à des privilèges à l'exception des honoraires de la femme de ménage qui étaient pris en charge par l'établissement.

Le deuxième volet traité par la Cour lors de l'audience du jeudi dernier, concerne "l'imprimerie rapide" qui, toujours selon la Cour, a été entachée de plusieurs irrégularités dans l'attribution des crédits et dans la gestion de ladite imprimerie.

Pour illustrer ses propos, Farès cite l'exemple d'une facture produite à deux reprises. Saïd El Fathi, ancien responsable de l'imprimerie, a qualifié la double production de la même facture, comme une erreur totalement dénuée de mauvaise foi. Le troisième volet soulevé par la Cour lors de cette audience concerne la villa Nathalie. Celle-ci avait été acquise par le CIH qui devait construire à la place un hôtel 5 étoiles, mais la villa Nathalie a fini par servir de résidence pour l'ex-PDG, My Zine Zahidi, actuellement en état de fuite.

L'ex-PDG avait même ordonné une étude technique de la villa ainsi que de nombreux aménagements qui ont coûté plus de 12 millions de DH payés par le CIH. Pis encore, les aménagements et changements intervenus dans la villa étaient confiés à une société du nom de Sofie, spécialisée dans le commerce du bois et qui appartenait à un proche de l'épouse de Zahidi.

Farès a ensuite interrogé Abdellah El Himer, ex-DG du CIH et qui avait bénéficié de 4 crédits accordés par l'établissement qu'il dirigeait. L'on s'attend également à ce que la Cour traite, lors de la prochaine audience prévue pour le 15 février, du cas de la société française Cap7. Cette dernière avait conclu un marché avec le CIH pour la refonte du système informatique de l'établissement. Une refonte qui n'a pas donné satisfaction, ce qui a poussé la direction du CIH à conclure un autre marché avec la même société. "Ce qui constitue une dilapidation des deniers publics", précise le rapport d'instruction.

Outre le détournement et la dilapidation de deniers publics, le rapport d'instruction cite également le faux et l'usage de faux en écriture bancaire et la violation des procédures d'octroi des crédits. Les principaux accusés dans ce dossier sont Moulay Zine Zahidi, ex-PDG du CIH, et Abdelhak Benkirane, ex-directeur général du même établissement.

Parmi les faits reprochés à ce duo, l'on peut citer un crédit immobilier d'une valeur de 1,5 million de DH, contracté sous la houlette de Benkirane, "en violation des procédures internes de cet établissement et ayant servi au financement de l'achat d'un appartement pour son fils", selon le rapport du ministère public. Un autre crédit a été octroyé par l'ex-DG à la société Dounia Hôtel d'une valeur de 373 millions de DH, sans aucune garantie.

L'impossible confrontation

Lors de l'audience du 8 février, tous les accusés interrogés par la Cour ont plaidé l'innocence. "Nous sommes innocents votre honneur. Nous nous limitions à exécuter les ordres de nos supérieurs". Cette phrase revenait systématiquement dans les débats. Ce qui risque de poser un grand problème au collège judiciaire qui traite cette affaire tant que My Zine Zahidi, ex-PDG du CIH ne se présente pas aux audiences pour une confrontation avec ses anciens lieutenants.
Déclaré en fuite depuis le début de l'instruction, Zahidi s'est établi, selon des sources concordantes, entre le Portugal et la France. Le tribunal a engagé une procédure par contumace à son encontre, ainsi qu'à l'encontre de deux autres ex-cadres du CIH également déclarés en état de fuite. Il s'agit de Naïma Hoyam et Ahmed Skalli.

Naoufal BELGHAZI
l'Economiste





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