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A qui profite la Caisse de compensation

Selon la nouvelle ministre de l'Energie Amina Benkhadra , les subventions de l'Etat marocain aux produits de première nécessité (farine, sucre, produits pétroliers liquides et gaz butane) pèsent lourdement sur le budget de l'Etat et doivent être révisées.  "Le système des subventions doit être révisé pour qu'elles bénéficient uniquement aux classes à revenu limité

Pour 2008, la subvention de l'Etat aux produits de première nécessité est estimée à  20 milliards de dirhams (1,8 milliard d'euros). Pour 2007, la facture énergétique du Maroc devrait atteindre 50 milliards de dirhams (4,55 milliards d'euros) cette année, contre 46 milliards en 2006.

La subvention par l'Etat aux prix des produits pétroliers liquides et au gaz butane dépassera 10 milliards de dirhams, soit 2% du PIB (Produit intérieur brut).

Mme Benkhadra, rappelle que le gouvernement souhaite porter la part des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse), qui représentent actuellement 4% de l'énergie totale produite au Maroc,  à 10% à l'horizon 2012.







A qui profitent les subventions de l'Etat ?
L'évolution des prix de produits de première nécessité (farine, huile, sucre…) constitue une préoccupation majeure pour la majorité des ménages marocains et ce depuis des décennies.

Il est vrai que les subventions de l'Etat sont considérables et pas seulement au niveau des produits de premières nécessité..
De nombreux secteurs économiques bénéficient de subventions directes ou indirectes mais sans efficacité et sans équité. Ces subventions profitent principalement à une poignée de producteurs et de distributeurs bien installés dans des secteurs clés de l'économie marocaine.

Pour connaître les véritables profiteurs des subventions de l'Etat, il suffit d'analyser les structures  monopolistiques des producteurs et oligopolistiques des distributeurs de farine, de sucre, d'huile, de gaz, de pétrole, d'eau…ect.

Si on considère les produits alimentaires subventionnés  (huile, sucre, farine), non seulement leur qualité est limite mais ils affichent des prix quasiment similaires aux mêmes produits  au sein du marché européen.

La consommation annuelle moyenne d'un ménage marocain est de l'ordre de 24 kg  pour le sucre  et de 17 litres pour les d'huiles. Dans ce cas, les subventions profitent principalement  en aval aux grands producteurs de betteraves et en amont aux  industries grandes consommatrices de sucre et de matières grasses telle l'industrie agroalimentaire.

L'exonération fiscale et le soutien financier au secteur agricole représentent également des subventions indirectes importantes qui bénéficient principalement aux grands propriétaires terriens qui produisent pour l'exportation. Le petit fellah n'a pas accès ni au crédit agricole ni au marché extérieur.

Si on considère les produits pétroliers, la situation est similaire: le prix à la pompe du carburant, de qualité médiocre, est très proche de celui pratiqué en Europe.






Par ailleurs, dans le cas de produits pétroliers, c'est bien le consommateur qui subventionne l'Etat et pas l'inverse. les taxes (accises) sur le carburant représentent près de 85% du prix du litre. 

Depuis le 9 février 2007, les prix du gasoil 350, de l'essence super et du fuel industriel sont indexés sur les cours internationaux. Cet alignement sur les cours internationaux s'est répercuté sur le prix à la pompe par des hausses exorbitantes sans aucune amélioration de la qualité.

Les ménages et les industriels savent qu'au Maroc le coût de l'énergie est beaucoup plus élevé que dans la plupart des pays du bassin méditerranéen.

Le cas du groupe Lafarge est très constructif à ce sujet:  constatant qu'il paie l'électricité au Maroc plus de deux fois plus cher qu'en Egypte et le combustible près de trois fois, Lafarge  a appliqué l'adage selon lequel on est jamais mieux servi que par soi-même.

Il a construit un parc de 12 éoliennes, mises en service en 2005, pour alimenter la nouvelle cimenterie de Tétouan en électricité (coûté du parc : environ 10 millions €).

Composé de douze aérogénérateurs, et d'une puissance de 10,2 mégawatts, ce parc a une production annuelle de 38 giga watts/h par an et couvre 50% des besoins en électricité de la cimenterie. les éventuels excédents électriques générés par les éoliennes seront revendus à l'Office National d'Electricité.

Transformer la Caisse de Compensation en Caisse nationale d'allocations de subsistance

Il est certain que la caisse de compensation est obsolète : les produits qu'elle couvre sont largement dépassés par l'évolution de la structure de la consommation des ménages. La santé, l'éducation et le logement qui représentent une part importante des dépenses des ménages ne sont pas subventionnés.

Au niveau du soutien du pouvoir d'achat des ménages, la Caisse de compensation ne fait pas de différentiation entre les pauvres et les riches, les ménages et les industries.

Par conséquent, les subventions de produits de première nécessité ne profitent pas aux ménages marocains les plus nécessiteux mais aux grands opérateurs économiques qui recourent aux pratiques de monopoles et répercutent toute fluctuation des cours mondiaux sur le consommateur sans affecter leurs marges bénéficiaires.

La hausse des prix de certains produits alimentaires au niveau mondial ainsi que l'augmentation du prix du baril n'expliquent pas le niveau des prix au Maroc. Les effets des structures de production et de distribution sont plus importants que les effets-prix des marchés internationaux.

Pour retrouver des niveaux de prix et un rapport qualité/prix propres aux conditions économiques et sociales de la société marocaine, il faudrait débarrasser le marché marocain de toutes les pratiques féodales en ouvrant le marché à la concurrence étrangère et en renforçant les structures de contrôle des prix.

Pour soutenir efficacement les plus nécessiteux, il faudrait leur octroyer une aide financière basée sur des critères objectifs.
Autrement dit, il faudrait transformer la Caisse de compensation en Caisse nationale d'allocations de subsistance.

Avec le budget actuel de 12 milliards de DH, il est possible d'octroyer une aide financière de 500 DH par mois à 2 millions de ménages !

L'effet redistributif d'une telle allocation est beaucoup plus important que dans le cas de la Caisse de compensation et a plus d'impact sur le pouvoir d'achat des plus pauvres.

La  redistribution des subventions bénéficiera entièrement et directement  à  2 millions de véritables nécessiteux et leur permettra de faire face à d'autres dépenses autres que le sucre...

Les autorités disposent d'une carte détaillée de la pauvreté au Maroc, il est donc possible de réaliser cette nouvelle redistribution des subventions en ciblant les plus déminus. Tout dépend de la volonté politique.



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Pour 2006, le budget de la Caisse de compensation s'élevait à  12 milliards DH  pour subventionner  le sucre,  la farine, les graines de tournesol, les provinces du Sud ainsi que les produits pétroliers.
 
ESSENCE : 11.60 DH le litre (1, 2 euros)  -  prix en Europe : 1,3 euros
DIESEL 350 : 9,34 Dh le litre  (0,9 euros)   -  prix en Europe : 1, 1 euros

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