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Lutte contre la corruption, une instance pour se réconcilier avec la transparence

Citoyens et gouvernement sont concernés par l'éradication de la corruption. Il y va de l'intérêt des Marocains et de la crédibilité des actions menées par les responsables auprès des partenaires étrangers.
Le Conseil de gouvernent de ce jeudi marque la création de l'Instance centrale de prévention de la corruption. Un organisme national qui veillera à ce que prévale la transparence. Une initiative qui s'inscrit dans la logique de rendre de la crédibilité au politique et à l'économique. La mise en place de cette Instance traduit la nécessité pour un pays comme le Maroc qui veut relancer les investissements étrangers, d'assainir le secteur économique. Il y va de la compétitivité du produit national.

La création de cette Instance renforcera ainsi l'arsenal juridique marocain contre la corruption, un phénomène qui constitue en fait une entrave à la consolidation de la démocratie au Maroc.
Les dossiers instruits par les tribunaux marocains et inhérents à la corruption et ses corollaires, sont d'ailleurs nombreux. Un signal fort de l'engagement des pouvoirs publics de mettre fin à un passif accumulé durant des années où l'impunité et la dilapidation des deniers publics étaient la règle dans la gestion des affaires publiques. Les années sombres du Programme d'ajustement structurel (PAS), l'ouverture politique timorée et l'actuel déficit social en sont les principales conséquences.

Le Maroc est en effet engagé dans des processus de négociations avec l'Union européenne pour un statut plus avancé dans ses relations avec ce partenaire historique. L'un des atouts que le Royaume présente aux négociateurs de Bruxelles, c'est son ouverture politique et son engagement en faveur de la consolidation de la transparence aux niveaux politique et économique. Cependant, la prolifération de la corruption ne cesse d"altérer cette volonté et entraver la marche normale de ces processus.
Les élections du 8 septembre dernier pour le renouvellement du tiers sortant à la deuxième Chambre ont prouvé qu'il est temps d'agir contre ce phénomène qui prend des allures de menaces sérieuses. La réaction du gouvernement ne s'est fait pas attendre. Elus véreux et intermédiaires ont été déférés devant la justice.

Le ministre de la Justice Mohamed Bouzoubâa a souligné, fin octobre devant les députés, que 90 % des affaires liées à ce genre de délits d'achats de voix sont examinées par les tribunaux au cours du mois de novembre.
Il a appelé également à "mettre un terme à l'abus de la bonne volonté des citoyens et à toute sorte de falsifications qui portent atteinte à la démocratie", insistant sur la nécessité de faire face "à la fraude invisible àtravers la collaboration de tous pour identifier les personnes frauduleuses".
Par ailleurs, entre 2003 et 2005, le parquet général a réussi à poursuivre 12.754 mis en cause pour corruption sur un total de 14.721 dossiers soumis aux différents tribunaux du Royaume. La création de l'Instance centrale de prévention de la corruption devra normalement améliorer le classement du Royaume élaboré par Transparency International.

En 2006, le Maroc a occupé la 79ème position parmi 163 pays. En 2002, il avait occupé la 52ème position. C'est dire qu'on est en face d'un phénomène endémique.
Un contexte préoccupant qui a amené la section marocaine de cette ONG dans son dernier rapport à demander aux pouvoirs publics de "saisir la gravité de la situation et ses implications néfastes sur l'économie et la société marocaines ainsi que sur l'image du pays et de ses institutions".

Libération
23 Novembre 2006
Mohamed Jaabouk
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