2006 - www. europemaroc.com
ACTUALITE +

  Traduire cette page :  de  
  

Google
 
Marocains du monde
 
 
MAROC EN CHIFFRES
MAROC EN LETTRES
INSTITUTIONS




ECONOMIQUE
POLITIQUE
SOCIALE


 
Presse & Médias
Rapports & Etudes
Portails & Sites
Tourisme
Droits de l' Homme
Femme marocaine
Santé
Associations
Cultures
Ambassades
Cuisine
Recherches
Musique du Maroc
 
 
 
TELECHARGER

 
ECOUTER

VISITER
REAGIR- ECHANGER
Maroc  Météo
 
 
 
Top Maroc
Annuaire Maroc
Annuaire des sites marocains
Sites internationaux
Répercussions de la crise financière internationale sur le Maroc


La crise financière que traversent les pays industrialisés est en train de toucher l'économie réelle et les signes d'une récession économique sont de plus en plus visibles :licenciement de travailleurs, suppression des équipes de nuit et chômage économique dans l'industrie automobile, augmentation du nombre de faillites par rapport à l'année précédente…etc.

Rappelons d'abord qu'il y a eu d'abord deux crises:


Sachant que l'Europe est le premier partenaire du Maroc, il y aura des conséquences sur l'économie marocaine. Aucun économiste sérieux ne pourra défendre la thèse du Gouverneur de la Banque Centrale Marocaine (Wali Bank Al-Maghrib) selon la quelle "La crise financière internationale n'a aucune répercussion sur le Maroc". 

Soit le patron de la Banque Centrale du Maroc ne veut pas voir la réalité en face et pratique la politique de l'autruche,  soit il considère le Maroc comme étant une île isolée du monde, ou il ne se rend pas compte de la gravité de la situation. Dans tous les cas l'économie marocaine sera affectée.


Les placements des milliardaires marocains évaporés

Selon la Banque des règlements internationaux (BRI) basée à Bâle, en Suisse, en 2007, il y a eu 12,4 milliards de dollars (soit plus de 99 milliards de DH) placés dans les institutions financières internationales par des personnes physiques et morales  marocaines.  Il ne s'agit pas de RME (Marocains résidents à l'étranger), mais bien des avoirs à l'étranger de Marocains résidant au Maroc.

Il est certain que ceux qui ont placé leur fortune dans les fonds de placement ou dans les actions ont aujourd'hui tout perdu.
Notez, au passage, que les RME transfèrent  vers le Maroc plus de 7 milliards de dollars par an  et les milliardaires du Maroc planquent à l'étranger presque le double de ce montant et on se demande pourquoi ce pays ne décolle pas du sous-développement et de la pauvreté.

Par ailleurs, le système bancaire marocain est composé de banques à capitaux majoritairement marocains (BMCE, BCP, Attijariwafa Bank) qui contrôlent  70% du marché bancaire marocain, et des banques à capitaux majoritairement étrangers : banques marocaines et filiales des banques étrangères (SGMB, Crédit du Maroc, BMCI ) qui partagent les 30% du marché bancaire marocain.

Rappelons que BNP Paribas détient 63% du capital de la BMCI, la Société générale contrôle avec 51% du capital la SGMB et le Crédit lyonnais est majoritaire dans le Crédit du Maroc avec 52% du capital.

Or selon la presse financière, de nombreuses banques françaises sont touchées par la crise :
La société Générale n'a pas encore digéré la perte de 5 milliards d'euros imputée à son trader. Ses actions ont perdu  50 % de leur valeur. Le Crédit Agricole a des difficultés  à travers sa banque d'affaires Calyon qui va supprimer 500 emplois.

On retrouve également des participations minoritaires des banques étrangères dans les principales grandes banques marocaines. C'est le cas de la banque espagnole Banco Santander, qui détient 20% dans l'ancienne BCM (Banque commerciale du Maroc), devenue depuis 2004, Attijariwafa Bank.

C'est le cas aussi de la banque française Crédit industriel et commercial (CIC), qui détient 10%  du capital de la BMCE et le groupe Natexis France détient des participations dans Chaâbi Leasing.

Dans ces conditions, il est certain que la crise financière internationale aura des répercussions directement ou indirectement sur les banques marocaines et on pourrait s'attendre à des opérations de restructurations des banques étrangères installées au Maroc.

Les banques dont la majorité du capital est détenue par des banques françaises seront les plus affectées par la crise. Les autres banques seront également touchées mais l'ampleur des pertes dépend de l'importance de leurs placements à l'étranger. Aucune banque n'est à l'abri de sombrer.

En outre, tous les secteurs économiques qui sont ouverts aux capitaux internationaux seront affectés et toutes les sociétés financières, industrielles et immobilières cotées à la bourse de Casablanca enregistreront des dépréciations des actifs et des pertes significatives.

Toutefois, la finance, le monde bancaire et le petit casino de Casablanca ne concernent qu'une poignée de milliardaires qui vivent, et qui ont par ailleurs toujours vécu, déconnectés de la réalité économiques et sociales du Maroc et loin des préoccupations de la population marocaine.


Le Maroc va davantage souffrir des dégâts collatéraux

L'Europe est le premier partenaire commercial du Maroc : premier client et premie fournisseur. Dans ces conditions, la récession économique en Europe affectera sûrement l'économie marocaine.

Baisse des investissements étrangers directs (IED):
Les IED seront gravement affectés au niveau mondial et il faudrait de nombreuses années pour retrouver le niveau des années passées.

Avec 4,5 milliards de dollars US en 2007, le Maroc est le premier pays réceptionnaire des investissements étrangers directs (IED) dans le continent africain. La crise financière aux USA et en Europe aura des répercussions négatives sur les projets touristiques actuels et futurs.

Baisse des investissements des pays du Golfe
Les pays pétroliers du golfe placent des sommes colossales aux USA. Ils sont donc gravement affectés par les pertes subies par des banques américaines et anglaises. 

On pourrait s'attendre à une baisse et aux reports de projets d'investissements en provenance des pays pétroliers non seulement au Maroc mais dans l'ensemble des pays arabes.

Au Maroc, les investisseurs des pays du Golfe (Koweit, les Emirats ) sont très actifs dans les secteurs du tourisme et de l'immobilier qui sont affectés à des degrés variables.

Cependant, le Maroc pourrait attirer de nouveaux investisseurs des pays de golfe surtout ceux qui fuient la récession économique et l'instabilité des marchés financiers aux USA et en Europe.  Les perspectives de bénéfices sont meilleures Au Maroc et le risque est négligeable.

Ralentissement du tourisme
Le tourisme sera affecté à court terme surtout au niveau du segment " haut de gamme ". A long terme, si la récession s'installe et perdure, c'est tout le secteur du tourisme qui souffrirait.

Le problème du secteur de tourisme au Maroc réside dans sa faible diversification : Tout le marché est concentré sur le client français et toute la politique du tourisme est concentrée sur une petite région du pays.

En effet, les Français représentent plus de 40% de touristes au Maroc, la part des autres pays est marginale : Allemands (4%),  Italiens (4%), des Espagnols (13%), sans parler des Anglais, des Russes, des Japonais..

Au niveau de la destination Maroc, l'Office National de Tourisme Marocain (ONTM)  a un sérieux problème avec les autres régions du Maroc. Il devrait être baptisé OTM (Office de Tourisme de Marrakech) . Son effort de promotion est concentré sur le petit triangle de Marrakech-Agadir-Essaouira, les autres régions sont quasiment oubliées. Voilà une boite à privatiser ou à en faire cadeau à la France!

Seules une véritable diversification de l'offre et une réelle ouverture sur d'autres pays pourraient sauver ce secteur de la crise. Il est temps que chaque région soit dotée de son propre office de tourisme.


Artisanat et textile
La demande de nos principaux partenaires va baisser sous l'effet de la récession. En l'absence d'une stratégie de diversification des marchés, l'activité de ces secteurs va subir un ralentissement certain surtout au milieu de l'année 2009.

Effondrement des spéculateurs actifs au Maroc
Qu'ils soient dans l'immobilier, dans le tourisme, dans la sous-traitance ou à la bourse de Casablanca, tous les spéculateurs, habitués aux gains faciles, subiront de plein fouet l'impact de la crise. Et c'est bénéfique pour l'économie et les ménages marocains. 

L'effet global sur la population marocaine sera très limité pour ne pas dire marginal. Car on ne voit pas en quoi la population marocaine, qui lutte pour joindre les fins des mois, serait affectée par les évolutions ou la disparition totale de la bourse de Casa ou par l'effondrement de telle ou telle banque?

La crise est bénéfique pour l'immobilier
Les opérateurs spéculateurs seront le plus affectés par la crise. La fièvre dans la construction et l'immobilier va retomber et les prix vont baisser pour se stabiliser à un niveau raisonnable. Les ménages marocains découragés par la spéculation immobilière pourraient, enfin, acquérir leur bien à des prix supportables.

Ces dernières années, les prix de l'immobilier, de qualité médiocre, ont explosé sous l'effet de la spéculation. Les cadres de l'administration ou des entreprises privées arrivent à peine à acquérir un appartement minuscule destiné initialement à reloger les habitants des bidonvilles. Le groupe Addoha a édifié, en quelques années, une fortune gigantesque en vendant des boxes de 60 m2 à au prix de 400 euros/m2 !. Dans toutes les villes du Maroc, les prix d'un logement convenable ont atteint et même dépassé le niveau des prix en vigueur en Europe. Mais on n'est pas en Europe, on est dans un pays en voie de développement où plus de cinq millions de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour.


Effet global marginal
Heureusement que les crises n'ont pas que des inconvénients, elles arrivent pour rappeler les différents acteurs à l'ordre. On ne peut pas continuer à spéculer sans en subir les conséquences. Néanmoins, le Maroc dispose de quelques atouts qui lui permettraient d'atténuer les effets de la crises et l'incidence au niveau de la population marocaine serait marginal: 

Les RME transfèrent chaque année plus de sept milliards de dollars pour soutenir leurs familles et financer leurs projets concentrés principalement dans l'immobilier.
A cause de la dégradation du pouvoir d'achat des ménages en Europe, on pourrait s'attendre à une stagnation, mais les transferts des RME vont continuer à soutenir l'équilibre de la balance des paiements et demeureront la première source de devises pour le Maroc. 

Le Maroc est le premier exportateur mondial du phosphate dont les prix ont flambé en 2008 plus de 300 dollars la tonne. Le Maroc détient 70% des réserves mondiales de phosphates estimées. Les ventes ont rapporté 24 milliards de dirhams (2,09 milliards d'euros) pendant les six premiers mois de l'année 2008, soit 31,8% du total des exportations.Mais à moyen terme, la récession économique va provoquer une contraction de la demande qui aura des répercussions au niveau des prix. Rappelons que le prix du Baril avait atteint  149 dollars il y quatre mois. Il se négocier aujourd'hui aux alentours de 40 dollar/baril.
Il faudrait rappeler que le Maroc est aussi le 10 éme producteur mondial de plomb et d'argent, premier producteur de poisson d'Afrique et premier producteur et exportateur mondial des sardines.

Le poids du secteur informel est encore important dans l'économie marocaine. Ce secteur échappe à toute logique économique capitaliste et fonctionne à l'abri des influences des crises internationales. A titre d'exemple, les recettes des trafiques de drogue (le Maroc est le premier exportateur mondial du cannabis) qui se chiffrent en milliards de dollars, jouent un rôle important dans l'économie du Maroc et continueront à doper partiellement le marché immobilier et de la construction.


Dans six mois, les secteurs et les acteurs cités ci-dessus sentiront les effets de la crise. Toutefois, cette crise n'aura pas de conséquences significatives sur la population marocaine qui vit généralement dans une économie autre que celle des milliardaires-spéculateurs de la bourse et de l'immobilier.

Autrement dit, un tremblement de terre comme celui d'Al Hoceima ou des inondations comme celles qui ont frappé récemment de nombreuses régions du pays affectent davantage la population marocaine que l'effondrement ou la disparition de la bourse de Casablanca ou de certaines banques.

Néanmoins, les spéculateurs et les milliardaires marocains qui ont subi des pertes, monopolisent un grand nombre d'activités économiques au Maroc. Pour compenser ces pertes, ils pourront recourir à des hausses injustifiées des prix de produits dont ils ont le monopole. Dans ces conditions, il ne serait pas étonnant d'assister au Maroc, dans les mois à venir, à des hausses de certains produits alors leur prix au niveau mondial ne cesse de baisser à cause d'une diminution de la demande.


Hatimi

Europe       Maroc
www.europemaroc.com