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RME: silence ! vos représentants sont nommés


Les résidents marocains à l'étranger comptent pour environ 4 millions de personnes (en moyenne, un Marocain sur dix est expatrié) dont 80% vivent en Europe, 13,5% dans les pays arabes, 5,5% en Amérique du Nord et 1% en Afrique.

Un poids économique et social considérable
Les transferts des MRE constituent pratiquement le premier poste de la balance des paiements du Maroc. Leur volume a excédé 35 milliards de DH en 2002, soit environ 7 fois le volume des investissements directs  étrangers au Maroc. Il s'agit de flux financiers permanents et en nette progression : fin avril 2007, les transferts des RME ont dépassé 15,6 milliards de DH, soit une augmentation de 15,1% par rapport à la même période en 2006.

Selon la Banque Mondiale,  le Maroc occupe la 4 ème place mondiale dans les  transferts effectués par des migrants  après l'Inde, le Mexique et les Philippine et la première place au niveau européenne.

Au niveau du développement économique et social, les transferts des RME jouent un rôle fondamental : ils contribuent à l'augmentation de plus de 10 % du PIB.

Pour les pouvoirs publics, ces ressources en devises constituent une véritable bouffée d'oxygène pour le financement du déséquilibre de la balance des paiements ;

Pour les banques commerciales, les transferts des RME représentent une part prépondérantes de leurs dépôts ( 72.3 milliards de dirhams. en 2002 ), plus de 80%  de dépôts de certaines banques. C'est une véritable manne financière quasiment gratuite étant donné que les comptes courants ne sont pas rémunérés, le taux d'intérêt sur les comptes d'épargne ne couvre même pas le taux d'inflation et les services rendus par ces banques sont inexistants.

Outre les investissements dans l'immobilier, les RME sont présents dans tous les secteurs économiques à travers des PME (petites et moyennes entreprises) et contribuent à la croissance économique du Maroc.

Les transferts des RME: un filet contre la pauvreté
Au niveau social, les RME contribuent à la réduction de la pauvreté en apportant un soutien financier vital à leur famille au Maroc. Sans ces transferts, le nombre de pauvres au Maroc aurait été multiplié, au moins, par trois avec toutes les conséquences  d'une telle situation sur la stabilité sociale et politique.

























Un  Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger (CSCME)

Pendant des décennies la politique du pouvoir marocain à l'égard des RME consistait à les encadrer à l'aide d'une multitude d'amicales policières pour s'assurer la continuité de flux des transferts juteux et repérer les opposants au régime de Hassan2.

Toutefois, partout à travers le monde, les RME ont rejeté la politique des amicales tout en revendiquant le droit constitutionnel de participer aux élections au Maroc et élire démocratiquement leurs véritables représentants pour défendre leurs intérêts.

En 2005, à l'occasion du trentième anniversaire de la Marche verte,  le roi Mohamed 6 annonce sa décision d'octroyer le droit de vote et d'éligibilité aux ressortissants marocains établis à l'étranger. " Nous avons pris quatre décisions importantes et complémentaires les une des autres. La première consiste à conférer aux Marocains résidant à l'étranger la possibilité de se faire dûment représenter à la Chambre des représentants, de façon réaliste et rationnelle ", (discours royal du 6 novembre 2005)

Une décision accueillie avec joie par la diaspora marocaine et leurs associations. Enfin, et après de longues années de revendications, les RME vont bénéficier pour la première fois d'une représentation parlementaire proportionnelle à leur nombre globale et à leur poids économique et social.

Cependant,  l'administration et les chefs de missions diplomatiques ne semblent visiblement pas pressée d'agir pour organiser cette participation des RME aux élections de 2007. Aucun changement dans leurs comportements relationnels avec les représentants de la communauté marocaine à l'étranger. Ils continuent de favoriser les réseaux traditionnels qui ont bénéficié jusqu'à maintenant de l'appui administratif et de toutes sortes de largesses au détriment de l'ouverture sur l'ensemble des acteurs sociaux qui méritent tous un traitements égal.

Après d'interminables ballets de consultations et de fausses promesses, l'euphorie suscitée par la décisions royale a laissé place au scepticisme chez les membres de la communauté marocaine. Un an plus tard, un autre discours propose la mise en place d'un conseil politique. Les RME n'exerceront pas leur droit constitutionnel en 2007, probablement en 2012...

C'est la déception générale. Retour à la case de départ, plus question de droit de vote, mais on a inventé un nième organisme qui aura pour mission de représenter les RME au Maroc : Haut conseil de la communauté marocaine à l'étranger rebaptisé le Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger (CSCME). En fait on n'a rien inventé, il s'agit d'une copie non conforme du Conseil Supérieur des Français à l’Étranger.

Les prétextes invoquées sont multiples et purement démagogiques : difficultés techniques, problèmes d'agenda, dispersion  de quatre millions de marocains dans les cinq continents et sur la planète Mars…alors que les ressortissants de nombreux pays participent aux élections de leur pays à partir de leur lieu de résidence et cela ne pose aucun problème.


RME, CSCME, CCDH, Fondation Hassan2, Fondation Mohamed 5, ministre des RME.. suivez le guide

Le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH) a été chargé de rendre un avis consultatif sur la formule qu'il conviendrait d'adopter pour mettre en place une représentativité authentique des RME à travers le Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger (CSCME).

Rappelons que Le Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH), est une institution publique qui a été créée en 1990 par  le roi Hassan2 pour la protection et la promotion des droits de l'Homme au Maroc. On ne peut pas dire que son bilan était brillant dans ce domaine entre 1990 et 2001. Ses prérogatives ont été élargies et précisées par le  Roi Mohammed 6 en 2001.

Les RME ne comprennent pas le rôle d'une institution sensée lutter contre les violations des Droits de l'Homme au Maroc et leur demande de participation aux élections à partir de leur lieu de résidence pour jouer pleinement leur rôle de citoyen.

Le CCDH a été chargé de présenter au Roi des propositions sur les personnalités et les associations ayant vocation à siéger au sein du CSCM, pour une période de quatre ans, en veillant à présenter des candidats connus et reconnus pour leurs apports et contributions en matière d'émigration, et pour leur attachement à la défense des questions intéressant les RME.

Ainsi 37 membres ont été nommés dans des conditions que dénoncent de nombreuses associations et les acteurs actifs au sein de la diaspora marocaine.

La main invisible
Sans porter de jugements sur les compétences ou le rôle de ces membres dans leur pays de résidence, la désignation de ces représentants ne répond pas à des critères démocratiques.  On ignore comment et sur quels critères certains personnes ont été contactées, sélectionnées et d'autres acteurs ont été purement et simplement ignorés et exclut de toute participation ou consultation.

Il y a manifestement une absence totale de transparence et de respect des règles démocratiques élémentaires pour constituer une instance sensée défendre les intérêts de 4 millions de Marocains résidents à l'étranger et la responsabilité incombe au Conseil Consultatif des Droits de l'Homme (CCDH).

Selon le nouveau président de ce Conseil, Mr. Yazami, plus de 3.000 acteurs marocains ont été touchés, 20 pays ont été visités et plus de 1.500 acteurs associatifs rencontrés durant la phase des consultations. Internet a permis également de toucher, via des questionnaires, quelque 2.080 personnes, souligne Yazami ( membres du CCDH ayant participé, au sein de l'IER, au processus, très contesté, de réconciliation avec le passé répressif de la monarchie marocaine).

Mais sur le terrain, de nombreuses associations et acteurs associatifs, n'étaient pas au courant de ces consultations. On ignore les canaux de communication de Mr. Yazami. Pourtant, il y a une panoplie de moyens de communication animés par des RME : presse, radio, Internet, TV et même les mosquées... qui permettent de toucher la majorité de Marocains. Quand à l'internet, il y a de nombreux sites de la diaspora qui suivent de près l'actualité au Maroc et qui n'ont pas vu de trace de ces prétendus questionnaires.

les associations et les acteurs associatifs estiment que les membres actuels sont le fruit de réseaux traditionnels et de  comportements relationnels avec les représentants de la communauté marocaine à l'étranger. Seuls des membres démocratiquement élus pourraient offrir une garanti et une légitimité au niveau d'une représentativité effective des RME.

Quotas arbitraires et cumule de mandats incompatibles
L'examen de la composition de cette instance révèle effectivement  de sérieux problèmes de des quotas de représentativité selon le nombre d'immigrés établis. La France se taille la part du lion: parmi 37 membres nommés, près de 40% sont originaires de France!

Ce déséquilibre se répercute à son tour au niveau régional: sachant que la majorité des RME en France sont originaires de la zone du protectorat français, les RME originaire du Rif qui constituent le gros de l'immigration marocaine sont sous-représentés.

La Belgique, la Hollande, l'Allemagne où se concentrent les RME originaire du Nord totalisent à peine 8 représentants (on ignore leur origine) alors le nombre de RME dans ces trois pays dépasse largement celui de la France. Il est important de respecter un équilibre régional, car les problèmes qui se posent aux RME originaires de Casablanca ne sont pas nécessairement similaire à ceux originaires du Nador.

Le cumule des mandats pose un autre problème relatif à l'efficacité et à la compatibilité: de nombreux membres nommées, exercent, à temps plein, des responsabilités politiques ou économiques dans leur pays de résidence.   Leur rôle au sein de cette institution serait purement figuratif et les décisions importantes finiront par être prises par une poignée de membres actifs, qui viderait le CSCMEde toute sa substance et ferait de celui-ci une coquille vide ...


La nomination de membres du Conseil supérieur des MRE suscite de nombreuses réactions de contestations au sein de la communauté  marocains résidant à l'étranger en Hollande, en Belgique, en France et en Italie un journaliste marocain qui a couvert les réactions de la communauté marocaine a même reçu des menaces de mort.



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Evolution des transferts  des RME
  • 1996: 16,1milliards DH
  • 1997: 15,5 milliards DH
  • 2002: 36,2 milliards DH
  • 2003: 34,0 milliards DH
  • 2005: 40,5 milliards DH
  • 2006: 55 milliards DH

Une part importante des transferts échappent aux statistiques. Le volume global réel des transferts est largement supérieur aux montants déclarés.
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