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L'avenir de la démocratie au Maroc

"la préparation des conditions de la transition démocratique " est le titre d'une récente étude menée sur le Maroc par . le Centre des projets des études démocratiques dans les pays arabes
L'étude estime que : " à l'exception de quelques courants religieux imprégnés par les idées du courant salafsite wahabiste qui considère que la démocratie est de l'incrédulité, l'ensemble des autres acteurs se mettent d'accord sur la nécessité de l'instauration d'un système démocratique au Maroc ".
Le Centre des projets des études démocratiques dans les pays arabes considère que les partis de la gauche radicale, certains partis islamistes et une partie des partis du mouvement national sont " les forces les plus crédibles dans leur appel à la démocratie ".
Son document parle de la démocratie au Maroc en liaison avec cinq grands objectifs :
   Le parachèvement de l'unité territoriale
   La préparation des conditions de la transition démocratique
   La justice sociale
   Le développement économique
   Et le renouveau culturel

A qui profite la démocratie ?
En réponse à cette question, l'étude précise que les classes défavorisées, les classes moyennes (agriculteurs, les propriétaires fonciers moyens, les cadres des professions libérales...) ont intérêt à voir instaurer la démocratie. " Mais la classe supérieure, composée des grands terriens, les hauts fonctionnaires de l'Etat, des administrations, les militaires et sécuritaires, le secteur semi-public, les grands entrepreneurs... qui ont des privilèges particuliers et qui ont des liens privilégiés avec l'Etat et avec les institutions économiques et financières occidentales... n'a pas de positions claires concernant la démocratie en raison de sa crainte de perdre ses privilèges en faveur des deux autres classes. Cette classe est par sa nature conservatrice et préfère garder les choses en l'état actuel... ".

Les forces démocratiques
L'étude cite dans ce cadre les partis du mouvement national, les partis de la gauche radicale et estime que les partis qu'elle qualifie " de partis de l'administration " n'ont plus de poids. L'étude précise que, depuis les années 70, les forces islamistes ont commencé à se renforcer. Elle précise par ailleurs que : " Il y a un point de vue qui estime que le mouvement islamiste ne constitue pas une troisième force parce qu'il est divisé en deux : des forces démocratiques et des forces anti-démocratiques ".
Puis, le document parle " des possibilités de rapprocher les points de vue de tous les démocrates : nationalistes et islamistes au Maroc ". Et il pose la question de savoir à quel point il est possible " de mettre sur pied une charte nationale qui regroupes les efforts de tous en vue de l'instauration de la démocratie et de mettre fin au bras de fer qui oppose les mouvements islamistes aux militants de la gauche ".

L'étude souligne que certains partis, issus du mouvement national, tendent à se rapprocher " des partis d'administration ", en se pliant devant l'Etat, par la recherche des intérêts particuliers,...
La position de l'institution monarchique

" Les circonstances des rares années qui se sont passées depuis le décès de Hassan II ne permettent pas de savoir où vont les choses. Nous nous contentons, précisent les rédacteurs de l'étude, de rappeler les grands effets qui pourront participer, positivement ou négativement, à la transition démocratique et qui sont :
   L'impact des développements internationaux caractérisés par l'ascension de la main mise politique, économique et culturelle des USA sur le monde.
   La lenteur de l'évolution du mouvement démocratique à cause de sa faiblesse, son éparpillement et ses divergences.
   La faiblesse des mouvements de masse et parfois son négativisme malgré ses éléments de force et l'avancement de sa société civile.
   La force organisationnelle dont sont marqués les mouvements islamistes, en particulier l'association Al Adl Wal Ihssane ".

Comment atteindre la démocratie ?
Pour cela, l'étude propose un consensus autour d'une constitution démocratique entre trois acteurs : la monarchie, les forces nationales politiques et les forces islamistes. Elle suggère " une constitution qui adopte le principe de la souveraineté du peuple comme étant la source du pouvoir. La consécration du principe de l'égalité sur la base de la citoyenneté, la liberté d'organisation et d'opinion, la primauté de la loi, l'indépendance de la justice... ".
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Qu'est ce que ce centre " de projets des études démocratiques dans les pays arabes "
Ce centre est dirigé par le qatarien Ali Khalifa Kouari qui est un laïc. Son siège se trouve à Oxford. Mais il est financé, en majorité, par des donateurs qui appartiennent aux pays du Golf, en particulier le Qatar, les Emirats Arabes, le Bahrein, l'Arabie Saoudite ainsi que des donateurs appartenant à d'autres pays comme l'Egypte, la Mauritanie, le Liban, la Jordanie...
Le centre publie régulièrement la liste des donateurs et les sommes versées. Jusqu'au 30 juin 2006 le centre " des projets des études démocratiques dans les pays arabes " a reçu 234.433,73 en livres Sterling.
Le centre a été créé par Ali Khalifa Kouari en 1991 par le lancement d'études académiques indépendantes sur la démocratie dans les pays arabes.

Le reporter
Brahim Mokhliss
décembre 2006

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