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Le système économique et financier islamique

Ce n'est pas seulement dans les pays musulmans, mais aussi dans les grands centres financiers d'Occident que se sont fondées les banques islamiques. Conformément à la loi coranique, celles-ci font exclure de leurs opérations tout intérêt perçu ou versé.

L'attention portée aux banques islamiques s'explique d'abord par une certaine curiosité et une prise de conscience de leur potentiel de croissance.

A l'heure où le financement des opérations à risque est à l'ordre du jour, ces banques constituent un modèle digne d'étude. A la différence des banques conventionnelles, dans lesquelles les risques de financement sont assumés par les seuls actionnaires, les banques islamiques partagent les risquent avec leurs déposants. Elles ont donc plus de latitude pour se lancer dans des opérations plus risquées mais aussi plus profitables.

L'alternative que les institutions financières islamiques ont trouvé au système de prêt à intérêt est le principe de partage des bénéfices et des pertes, désigné généralement sous le terme PLS (Profit and Loss haring).

Aujourd'hui, il y a plus d'une soixantaine d'institutions financières islamiques ; elles sont situées dans les pays musulmans mais aussi dans les places financières internationales (Londres, Luxembourg, Bahamas, etc.)

En dépit d'un environnement économique et social défavorable, la croissance et le succès de ces banques ont été étonnants, ce qui a incité de nombreuses banques conventionnelles, telles que la Chase Manhatan, Barclays Bank International, Morgan Garanty Trust, etc. à effectuer des transactions avec elles.

le Système Bancaire Islamique (SBI), n'est que la manifestation d'un phénomène beaucoup plus large, la renaissance de l'Islam et de ses valeurs.

En effet, tout observateur de la société islamique contemporaine réalise que celle-ci fait face à une forte crise politique et socio-économique.

En fait, cette société se transforme à présent d'une société agricole en une société industrielle et d'une société rurale en une société urbaine. Cette évolution entraîne de profonds changements dans les structures économiques et sociales, et certaines dispositions devraient être prises en matière économique pour ces nouvelles sociétés afin de pouvoir répondre aux exigences d'un tel changement.

La recherche d'un modèle de développement intégré, où les facteurs économiques, sociaux, politiques et culturels contribuent ensemble au progrès technique et à la croissance économique, est devenue une préoccupation majeure pour tous les pays musulmans.

Les économistes et les penseurs musulmans sont convaincus que c'est dans l'Islam qu'il faut chercher les modèles, adéquats, de développement économique et social des pays islamiques : en fait, dans l'Islam  il n'y a pas de dichotomie entre dogmes religieux et activités économiques ; c'est ainsi que le Coran revient dans plusieurs de ses versets sur des questions économiques et financières telles que l'intérêt, la propriété privée, la thésaurisation, les transactions commerciales, les rapports entre créanciers et débiteurs, etc.

L'application des principes islamiques au domaine économique est ancienne : des penseurs tels que Ibn khaldoun, Malik, Ibn Rushd al Hafid, Al-Shaffel et, plus près de nous, des auteurs tels que Al Baqir Sadr, Siddiqi.M.N, Naqvi.S.N.H, etc., ont contribué à constituer un ensemble théorique, issu de la loi islamique, débouchant sur l'Economie Islamique (Islamic Economics).

Selon les auteurs contemporains (3), l'économie islamique représente une solution de remplacement des systèmes capitalistes et socialistes.

Cependant, une des premières applications de ce système consiste en la création d'un système bancaire qui fonctionne sur base de participation aux bénéfices et aux pertes (Profit and Loss Sharing) excluant le taux d'intérêt.

Pour comprendre et expliquer correctement le système bancaire islamique, il est nécessaire d'analyser les principaux fondements du système économique islamique (SEI), afin de situer le sujet dans une approche globale.

Etant donné qu'un bon système bancaire ne peut exister que dans un climat économique et social approprié, nous avons consacré une première partie à l'analyse du système économique islamique. Nous y avons mis l'accent sur les principes de base, à savoir l'interdiction de l'intérêt, la Zakat et le principe PLS.
Dans le deuxième partie, nous traitons les structures et les traits distinctifs du Système bancaire islamique.

Puisque toute trace d'intérêt est absente de leurs activités, les banques islamiques sont obligées d'innover et d'élaborer continuellement des instruments de financement, qui couvrent tous les besoins financiers de la population. Ceci fait l'objet d'une troisième partie.

La dernière partie, analyse les caractéristiques et la pertinence des instruments financiers islamiques introduits récemment au Maroc.


LES OBJECTIFS DU SYSTEME ECONOMIQUE ISLAMIQUE

L'économie islamique est aujourd'hui un sujet de préoccupation majeur dans tous les pays musulmans. Les multiples travaux dans ce domaine ont jusqu'aux années 60, privilégié une optique réductrice ; il faut attendre les années 70, pour assister aux premières applications de certains aspects de l'économie islamique, en particulier dans le domaine bancaire et financier.

La multiplication des travaux et la création de nombreux centres de recherches dans les différents pays musulmans, depuis les années 70, nous amènent à nous interroger sur l'intérêt de ce système.

Plusieurs explications ont été avancées pour mettre en évidence l'importance du SEI ; nous en retiendrons trois .

I-1 Impératifs économiques :

L'étude de l'économie islamique répond d'abord aux besoins de certains pays qui ont exprimé leur intention d'islamiser la totalité ou une partie de leur économie (i.e Iran, Pakistan, Soudan).
Par ailleurs, dans de nombreux pays musulmans, des voix se sont élevées réclamant l'application de l'économie islamique. En outre, l'expérience historique de ces pays a révélé que ni la théorie classique orthodoxe, ni la théorie marxiste radicale, ne sont appropriées ou adéquates ou capables d'expliquer et de résoudre les problèmes économiques et sociaux du monde musulman.

D'autre part, l'émergence de toute une série d'institutions financières islamiques vers le milieu des années 70, a été confronté à d'énormes difficultés pratiques. La suppression du taux d'intérêt nécessite des études et des recherches rigoureuses qui puissent aboutir à d'autres instruments financiers compatibles avec les principes économiques islamiques.

I-2 Impératifs sociaux :

On a souvent dit que l'Islam était une religion légaliste et que si on appliquait vraiment l'Islam, on aurait les structures d'une société parfaite.
Ce qui est le plus important aujourd'hui, à l'heure de la prise conscience de l'application d'un ordre économique international plus juste et équitable ; c'est que l'Islam s'affirme plus que jamais comme un mouvement social et un puissant levier pour lutter contre l'inégalité et la pauvreté, particulièrement dans le Tiers-Monde.

Selon certains économistes, le changement social dans les pays musulmans est assuré par un retour aux valeurs islamiques qui ont prouvé leur efficacité dans le passé. Dans ce cas, les facteurs qui ont entraîné le sous-développement, doivent disparaître. En effet, la situation de l'ensemble des pays musulmans (à l'exception des pays membres de l'OPEP) est aujourd'hui d'autant plus grave que la misère et la pauvreté continuent d'augmenter.

L'une des préoccupations essentielles de l'économie islamique est de déterminer avec exactitude les causes principales de la pauvreté et d'établir les diagnostics adéquats.


I-3 Impératifs internationaux :

Les principales données de l'économie mondiale se trouvent aujourd'hui bouleversées. L'ordre économique mondial actuel paraît incapable d'expliquer ou d'influencer le courant des évènements économiques contemporains et les écarts se creusent davantage entre les pays industriels et les pays en voie de développement (PVD).

L'échec du dialogue Nord-Sud survenu dans une conjoncture économique internationale défavorable a renforcé le besoin d'application dans  les pays islamiques d'un modèle de développement économique indépendant des systèmes économiques existants.

Depuis la crise du pétrole (1973), les pays musulmans ont pris conscience de leur importance économique et du rôle qu'ils pourraient jouer dans un Nouvel Ordre Economique International (NOEI). Ils partent de l'hypothèse selon laquelle, il existe des réponses islamiques pour leurs problèmes économiques et sociaux  et la tâche de l'économiste est de rendre ces réponses opérationnelles.
Ces pays se sont rendus compte aussi, que durant de longues années leur économie a été rattachée à celle des pays métropolitains par des relations bipolaires exclusives qui ne laissent pratiquement aucune place aux échanges entre eux.

Les conditions d'adopter une politique d'autonomie collective sont plus favorables aujourd'hui qu'il y a quelques années, du fait de l'accroissance du pouvoir de négociation de ces pays en tant que fournisseurs de matières premières et de ressources financières (OPEP).
C'est surtout depuis 1974 que l'on insiste sur la nécessité d'élaborer un ordre économique islamique qui contribuerait au futur ordre Economique International.

Le fait que beaucoup de ces pays sont à des stades de développement différents, vu l'industrialisation plus rapide de certains, leur permet de se compléter dans le contexte d'un effort commun.

Maurice GUERNIER, l'un des fondateurs du Club de Rome, nous dit que le problème du développement ne peut être résolu qu'au sein des grandes organisations régionales. Or, les pays islamiques ont un héritage commun considérable susceptible de donner naissance à une organisation économique régionale, telle que le marché commun islamique. L'avantage d'adopter une stratégie de développement commune est la complémentarité possible des économies et des capacités de ces pays.

La coopération mutuelle entre pays islamiques d'une part, et les pays du Tiers-Monde d'autre part, vise à réduire la dépendance Nord-Sud et à créer une interdépendance mondiale et notamment une interdépendance Sud-Sud. Elle consiste à développer les échanges de technologies adaptées, à confirmer l'identité culturelle au service de l'activité économique et renforcer l'autonomie des options de développement articulées sur les capacités propres et les besoins réels des populations.

Enfin, pour que leur économie collective devienne une caractéristique dominante du processus de développement, les pays islamiques doivent explorer de nouveaux domaines de coopération mutuelle, en définir plus clairement le champ, concevoir des mécanismes et des moyens d'actions adéquats et acquérir une meilleure connaissance dans le domaine de l'économie islamique (Islamic Economics).

Un certain nombre d'initiatives commencent à concrétiser la nouvelle tendance à l'établissement d'un système économique islamique. Diverses entreprises multilatérales  ont été mises sur pied entre pays islamiques, notamment dans le domaine économique et bancaire : c'est ainsi fut créée la Banque Islamique de Développement (BID), institution intergouvernementale, à Jeddah en 1974. Dotée de 2 milliards de DTS, la BID a pour mission de favoriser le développement économique et le progrès social dans tous les pays musulmans. Outre son aide financière, la BID apporte également son assistance technique, notamment une coordination des pays membres.

De nombreuses décisions ont été prises, lors des différentes réunions et conférences des pays islamiques, afin d'islamiser progressivement les secteurs économiques.

Certes, aujourd'hui l'application du système économique islamique est en route et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Il reste à voir la vitesse selon laquelle se passe l'islamisation de l'économie de ces pays.

A suivre
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