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Tous contre le code électoral

C'est un sit-in qui a failli tourner à l'émeute le vendredi 17 octobre dernier devant le parlement, à l'appel du RGD (Rassemblement de la Gauche Démocratique) et de plusieurs ONG alignées sous la bannière de la coalition nationale contre la loi électorale.

LA coalition nationale contre la loi électorale regroupe dans ses rangs le PPS (Parti du progrès et du socialisme), le PSU (Parti socialiste unifié), l'AMDH (Association Marocaine des droits de l'homme), le CMDH (Centre marocain des droits de l'homme), le FVJ (Forum vérité et justice) et plusieurs ONG.

Le sit-in du vendredi 17 octobre a vu pour la première fois des représentants des partis de la droite, comme Abderrahman El Kohen et Chakir Achahbar, manifester auprès de militants d'Annahj Addimocrati et de la gauche radicale.

Surprenante aussi la présence d'Al Badil Al Hadari et du Mouvement pour la nation auprès des militants de la gauche radicale pour dénoncer ce qu'ils appellent la main basse des partis de la majorité sur la loi électorale. La présence d'Abdelkrim Benatiq fait suite à la campagne pour une participation de masse et pour la transparence qu'il mène depuis quelques mois.

Devant le parlement, il y avait de l'électricité dans l'air et les autorités craignaient quelque débordement car, au même moment, le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa débattait du projet de loi électorale au sein de la commission de l'Intérieur. Ce qui expliquait leur excitation. Ce qui expliquait aussi la présence du Wali de Rabat Hassan Amrani, en personne, pour superviser le dispositif sécuritaire. Une compagnie de CMI a été appelée en renfort, les camarades de Benatiq ayant débarqué en masse.

Fait rarissime au parlement, le président de la commission de l'Intérieur, le Haraki Mohamed Moubdie, a interdit l'accès à la salle de réunion aux journalistes de la presse indépendante et aux photographes de tous les organes de presse, y compris ceux de la presse partisane. Le plus surprenant c'est l'autorisation accordée aux journalistes de la presse des partis à assister aux débats.

Les tractations au sein de la commission se sont déroulées jusqu'à une heure tardive de la nuit du vendredi. D'après des sources à l'intérieur de la commission, trois membres du PPS ont fustigé ouvertement le projet de loi électoral et le seuil de représentativité.
Selon Nouzha Skali, députée PPS : " la balkanisation des partis n'a rien à voir avec la moralisation de la vie politique. Au contraire la multiplication des partis a ruiné le marché des accréditations ou tazquiates qui valaient, avant, leur pesant d'or ". Côté protestataires, ils ont débarqué en masse depuis 17h 30.

Même les purs et durs d'Annahj Addimocrati qui ont décidé de boycotter les élections de 2007 sont venus soutenir leurs camarades du RGD contre ce qu'ils ont appelé " le gouvernement de ma place j'y tiens et j'y reste ".

Pour Mohamed Moujahid, Secrétaire général du PSU qui avait déclaré depuis longtemps que toutes les éventualités restaient ouvertes face à la loi électorale : " le sit-in n'est qu'une étape qui va s'étendre à d'autres modes de protestation. Nous allons monter la pression. Nous croyons que la loi électorale est une interdiction de participer pour de nombreux partis politiques.
Dans toutes les expériences démocratiques, il n'y a pas ce genre de lois, c'est une exclusion, c'est l'utilisation par le gouvernement de sa position de force pour éliminer les autres. C'est une régression qui nuit à l'image du pays ".

Même ton de protestation chez Mustapha Moatassim, Secrétaire général d'Al Badil Al Hadari : " nous sommes ici pour protester contre une loi impartiale qui menace ce qui a été réalisé depuis 1999 à nos jours. Une régression inimaginable de la part d'un gouvernement qui devrait normalement garantir la participation de tous les citoyens aux élections de 2007 ".

Quant à Abdelkrim Benatiq, Secrétaire général du Parti travailliste, il nous a déclaré, lors du sit-in : " nous pensons que ce projet de loi est non populaire et anti-citoyen. Il vise en premier lieu à délimiter le champ politique pour qu'il reste le monopole d'un groupe de partis limité. C'est le partage d'un butin.

La vraie démocratie, c'est la loi des bureaux de vote. Nous pensons aussi que la raison va l'emporter sinon la coalition anti-code électoral discutera des positions à prendre au cas où le gouvernement s'entête à faire passer cette loi ".

Pour Mohamed Sassi, Secrétaire général adjoint du PSU et qui a lu à la fin du sit-in un communiqué au nom de la coalition : " le sit-in vise à sensibiliser l'opinion publique et les élus au fait qu'il y a un scandale politique qui pourrait avoir lieu, une crise politique qui pourrait éclater à cause de cette loi.

Nous appelons toutes les voix de la raison au Maroc à mettre fin à cette mascarade pour respecter la constitution et le pluralisme, car il est inconcevable que les trois quarts des partis politiques soient interdits de participer aux élections de 2007.

Il faut que tous les partis se présentent aux élections et c'est aux électeurs de dire qui est habilité à représenter le citoyen. Il n'appartient à personne de décréter l'élimination des trois quarts des partis politiques et dire q'ils ne sont pas bons pour les Marocains.

C'est une régression, un bond vers le passé. Le parti qui va être interdit de participer aux élections va être interdit dans la pratique. C'est une ségrégation effective qui va les transformer en club de discutions politiques.
On ne pourra jamais cohabiter avec une loi anti-démocratique. On est soutenu par les ONG, les organisations de femmes, de jeunesse et des intellectuels.
Il faut inciter tout le monde à la participation en éliminant toutes les conditions de seuil de représentativité, ainsi que l'augmentation de la représentativité des femmes dans la liste nationale. Ce sont nos revendications et nous allons continuer à défendre nos principes. Si nous vivons une transition démocratique, elle prévoit un contrat entre tous les acteurs politiques et non pas le monopole de quelques partis qui décideront de qui va représenter les Marocains.
Auparavant, nous nous présentions aux élections qui étaient falsifiées. Aujourd'hui, ils veulent nous interdire même l'accès à la participation ".

Pour Mohamed Grine, membre du Bureau Politique du PPS " la position du PPS est très claire. Elle a été exprimée par son comité central à l'unanimité.
Nous rejetons toutes les mesures apportées par les modifications du projet de loi sur les élections, toutes les mesures qui limitent la pratique démocratique, notamment les conditions imposées aux partis qui n'ont pas eu plus de 3% lors des élections de 2002, ainsi que les partis qui n'ont pas participé à ces élections, ainsi que le seuil de représentativité.
C'est la position du groupe de l'alliance socialiste au parlement.

Ceci dit, étant membre de la Koutla, nous essayons qu'il y ait une position commune de la Koutla démocratique en phase avec ses principes fondateurs. De même, au sein de la majorité gouvernementale, nous essayons de sortir de cette impasse dont le Maroc n'a pas besoin. Ce que nous voulons, c'est améliorer la pratique politique au Maroc et non pas le retour en arrière. Or, ce qui est proposé actuellement est un retour en arrière par rapport aux avancées démocratiques réalisées au Maroc ".

Selon les dernières informations qui ont filtré de la commission de l'Intérieur, le seuil d'éligibilité pourrait descendre à 5% pour la liste nationale, en maintenant le seuil de 7% pour la liste locale. Le nombre de signatures des élus locaux pour les partis qui ont eu moins de 3% au scrutin de 2002 pourra être revu à la baisse aussi, s'il n'est pas supprimé, en maintenant quand même un certain nombre de signatures d'électeurs inscrits dans la même circonscription où le candidat du parti qui n'a pas eu plus de 3% lors des élections de 2002 se présente.
Mohamed El Hamraoui
26 /11/2006

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