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Maroc : Constitution, élections contre révolution

Des élections législatives aux résultats anticipés

Aujourd’hui, 25 novembre 2011, les marocains ont voté pour désigner 395 membres de la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement, pour cinq ans.

Des élections législatives anticipées organisées par le pouvoir marocain pour calmer les contestations qui se multiplient à travers le pays, depuis février 2011, réclamant pour plus de démocratie et de justice sociale comme dans les autres pays arabes.

Après la chute des dictateurs en Tunisie, en Lybie et en Egypte (qui seront suivis prochainement par le départ de Assad de Syrie et Saleh du Yamen), les peuples des pays voisins (Maroc, Algérie, revendiquent à leur tour la fin des privilèges, des monopoles féodaux, un Etat de droit, une justice indépendante, la fin de l’impunité des corrompus, des pilleurs des deniers publics, une répartition équitable des richesses…

Au Maroc, des manifestations sont organisées régulièrement à travers tout le pays par le mouvement de 20 févriers. Un mouvement qui regroupe des associations, des partis politiques, des citoyens sans appartenance politiques, des étudiants, des diplômés sans emploi et tous les déçus de l’ère de Mohamed 6, un Roi qui monopolisent quasiment tous les pouvoirs politiques et économiques offrant au monde une façade moderniste qui cache un 34 millions de marocains noyés dans la misère.

Le Roi du Maroc Mohamed 6 a réagit en proposant une révision, une réformette de de certains articles de la constitution adoptée le 1er juillet 2011 sans concertation populaire, Selon de nombreux observateurs internationaux, il s’agit simplement d’un lifting imposé par le Roi sous la pression des alliés occidentaux. Près de 73% des 13 millions d’électeurs marocains auraient participé au scrutin.

Selon les mouvements démocratiques marocains, cette version de Constitution n’a pas bénéficié d’un débat au sein de la société marocaine, l’essentiel des pouvoirs du monarque est demeuré intact et certains articles ont été corrigés à la hâte quelques heures avant le discours du Roi.

Ceci montre la précipitation et l’absence du sérieux dans les réformes politiques annoncées par le Roi. Dans la même précipitation le Roi a avancé la date des élections.

Comme dans le cas de référendum relatif la réformette de la constitution, la campagne électorale a été également timide et discrète. Le scrutin s’est déroulé dans une certaine indifférence, ce qui implique que la rue marocaine ne croit plus à un réel changement.

4 Millions de résidents marocains à l’étranger exclus

Pour adopter le texte de la Constitution, craignant un désaveu général, le régime marocain a fait appel au vote des forces armées et autres corps de police.

Pour la première fois, la communauté marocaine à l’étranger a été appelée à voter pour le nouveau projet de constitution en présentant une simple carte d’identité. Les consulats du royaume ont été mobilisés pour collecter le vote de la communauté marocaine.

Par contre, lors des élections législatives du 25 novembre 2011, le pouvoir a complètement oublié plus de 4 millions de marocains résidant à l’étranger. Cette exclusion s’explique par la craint d’un vote massif pour les partis de l’opposition ou par crainte d’une abstention massive qui viendrait gonfler le taux d’abstention, déjà préoccupant, des Marocains vivant au Maroc.

Rappelons que dans le passé, le régime marocain a systématiquement invoqué des pseudos difficultés techniques pour faire participer les résidents marocains à l’étranger (RME) aux élections législatives de 2002 et de 2007.

Or, objectivement, il n y a aucune difficulté technique pour permettre aux RME de participer à ces élections.

Les RME ne comprennent pas pourquoi ils ont été vivement encouragés par les autorités à voter pour la nouvelle Constitution et exclus des élections législatives ?

A ce niveau, la Tunisie vient de donner une sévère leçon aux dictateurs arabes : tous les tunisiens à l’étranger ont été appelés à exprimer leur vote dans le consulat le plus proche de leur domicile : des élections libres, démocratiques et transparentes réalisées en présence des observateurs étrangers.


Plus de 9,5 millions de marocains ne se sont pas inscrits
Au Maroc, le vote n’est pas obligatoire, l’âge légal pour voter est fixé à 18 ans et l’âge légal pour se porter candidat est fixé à 23 ans.

La population en âge de voter (selon le dernier recensement du HCP- Haut Commissariat au Plan) était de 19, 9 millions en 2007, avec l’accroissance démographique, elle devrait avoisiner 22 millions en 2011 :
• En 2007, le nombre d’électeurs inscrits s’élevait à 15,5 millions selon le ministère de l’intérieur.
• En 2011, le nombre d’inscrits ne dépasse pas 13,5 millions selon le même ministère, soit une baisse de 15%.

Par conséquent :
• En 2007, près de 4 millions de marocains ne se sont pas inscrits
• En 2011, le nombre des non inscrits avoisine 9,5 millions, ce qui reflète l’indifférence générale des marocains et leur perte de confiance dans un e classe politique rongée par la corruption, le clientélisme et le népotisme.


Taux d’abstention record 55% (67% en 2007)
« Selon le ministre marocain de l’Intérieur, le taux de participation aux élections législatives de vendredi au Maroc a atteint 45 %. Ce qui implique que parmi les 13,5 millions d’inscrits, 7 425 000 marocains n’ont pas participé à cette mascarade électorale. On est loin du score du vote du mois de juillet pour approuver le texte de la Constitution.

L’histoire va retenir que :
1) Statistiquement, le nombre de Marocains qui se sont abstenus (7 425 000) est largement supérieur au nombre de participants (6 075 000) .

2) 7 425 000 abstentions + 9 500000 non inscrits (boycott) = 16 925 000 Marocains ont boudé les élections législative de 25 novembre 2011.

3) Toute la communauté marocaine à l’étranger a été de nouveau exclue.

4) Le taux de 45% invoqué par le ministre de l’intérieur marocain est biaisé et ne peut pas être comparé à celui des élections précédentes. La base (le dénominateur) est différente. Si on avait 16 ou 20 millions d’inscrit on aurait un taux plus que catastrophique.
Dans un pays sous-développé, le taux d’abstention devrait être calculé sur base de la population en âge de voter et non pas sur base du nombre d’inscrit aux listes électorales (aisément manipulé).

5) En 2011, seuls 13,5 millions de marocains se sont inscrits sur les listes électorales contre 15,5 millions en 2007. où sont passés 1,5 millions ? ont-il traversé la méditerranée à la nage ?


Les partis politiques : on reprend les mêmes et on recommence
Ces éléctions constituent un véritable désastre politique, un désaveu général de la stratégie du pouvoir qui consiste à gagner du temps jusqu’à la fin du printemps arabe.

Il n’est donc pas étonnant de constater un tel record d’abstention quand on connaît la réalité sociale, politique et économique du Maroc.

Quelques castes de familles féodales monopolisent sans gène près de 80% des richesses du pays. Un pays à la traine et qui régresse d’année en année dans le classement mondial du PNUD relatif aux indicateurs du développement humain. Les inégalités sociales ne sont pas seulement criantes mais insultantes.

Il y a au Maroc quelques 33 partis politiques : certains ont été crées par le pouvoir pour se donner une façade politique pluraliste, d’autres représentent des intérêts de certaines familles féodales, dont les intérêts sont connectés directement ou indirectement à la monarchie. D’autres partis sont le fruit des dissensions et des scissions des partis traditionnels tels que l’USFP, le PPS…

Il n y a pas de véritables partis politiques au sens occidental du terme. Il y a juste des personnalités, des clans, des castes organisées au sein d’un parti pour servir leurs intérêts (Cfr. Le parti Istiqlal du clan El Fassi).

Le parti religieux : un grand nombre de petits partis se réfèrent à l’Islam. Le pus important est le parti de Justice et développement qui s’est positionné en 2 eme place aux élections de 2007. C’est un parti aveuglément monarchiste, composé de féodaux, mais il comporte quelques cadres brillants comme Mr Otmani.

Ce parti doit son existence au Roi Hassan 2, il a été instrumentalisé pour lutter contre la gauche démocratique surtout au sein des universités. Mais aujourd’hui, ce parti est bien structuré. Il prône un Islam archaïque et réactionnaire. Les américains savent que c'est ce parti qui va gagner les éléctions. Comment le savent-ils? poser la question à la Maison blanche.


La gauche monarchiste : USFP – PPS

Les partis historiques représentant la gauche marocaine sont l’Union des forces populaires (USFP) et le parti du progrès et du socialisme (PPS – Communiste).
Ces deux partis ont été affaiblis par lé régime, ils sont devenus plus royalistes que le roi. En l’absence de toute démocratie interne, leurs cadres dynamiques et compétents ont claqué la porte en créant de nouveaux partis ou en se consacrant au monde associatif.

L’USPF est devenu comme une maison de repos pour personnes trop âgées : on peut qualifier ses leaders El Yazighi, Erradi, Lachgar, … comme étant des gardiens d'un temple vide...


Les partis du palais :

Après les élections de 2007, un tout nouveau parti politique, le Parti authenticité et modernité (PAM), fondé par Fouad Al-Himma (ancien ministre marocain à l’Intérieur et ami intime du roi Mohamed VI.), est demeuré marginal au niveau des résultats électorales.

Mais très vite, grâce à la politique de nomadisme parlementaire, ce parti est devenu majoritaire au parlement. Tous les parlementaires opportunistes, féodaux, trafiquants ont rejoint le parti de l’ami du Roi.

Depuis le 20 février 2011, les manifestants scandaient : PAM, El Himma : Dégage.

Ainsi, l’ami du Roi s’est fait discret ces derniers mois.
Mais, son parti n’a pas disparu de la scène politique : il a adopté la stratégie du caméléon en formant une coalition avec huit autres petits partis (le G8).
Il s’agit d’une formation politique hétéroclite composée majoritairement des partis monarchistes, offrant ainsi une couverture un voile au parti de l’ami du Roi.

Hatimi