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Mobilisation des forces de progrès et de modernité


L'Association Alternatives, en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert, organise, du vendredi 23 au dimanche 25 mars 2007 à Marrakech, son Université de Printemps sous le thème : " L'Union de la Gauche et la Mobilisation des Forces de Progrès et de Modernité dans la perspective des élections 2007". Les leaders politiques des partis de la majorité gouvernementale, ainsi que le secrétaire général du PSU, prennent part à ce débat. Note de présentation de cette initiative, accompagnée des 50 propositions d'"Alternatives"

Les élections législatives sont considérées comme un moment fort dans l'itinéraire politique des nations démocratiques. C'est souvent l'occasion pour l'opinion publique de faire connaître ses attentes, pour les électeurs d'exprimer leurs inspirations et pour les acteurs politiques de faire connaître leurs projets.

Le Maroc est à la veille des élections législatives, puisque les autorités ont fixé la date des élections le 07 septembre prochain.

Que peut-on attendre de ces élections ?
Commençons par observer, que nous vivons au Maroc un insolite porte-à-faux : jamais le débat politique n'a été aussi faible, propre à faire fuir les citoyens de la vie politique et, rarement les partis politiques n'auront été aussi critiqués et aussi boudés.

Quiconque se penche sur la scène politique marocaine et passe en revue le comportement des acteurs qui l'animent, serait tenté de constater qu'il n'y a qu'un discours unique qui envahit l'espace politique et réduit les opposants à des extrémistes voire à des inadaptés politiques. De ce fait, un manichéisme réducteur et simpliste est entrain de s'emparer des esprits et de devenir la source d'inspiration pour toute personne qui se propose de jouer un rôle politique. Apparemment, au Maroc la pensée unique domine et le modèle en place se veut indépassable, en somme comme l'a si bien dit Foukouyama, nous vivons la fin de l'histoire.
Pourtant pour un pays qui commence à peine à construire la modernité, l'histoire ne fait que commencer. Ce qui donne lieu à plusieurs questions :

Est-ce que la transition que traverse le Maroc est éternelle ?
A quel niveau se trouve-t-on de l'objectif final qui est la démocratisation du pays ?
Quel type de réforme veut-on initier pour donner une nouvelle impulsion au processus démocratique ?
Comment peut-on consolider les institutions et les dynamiser par des réformes adéquates ?
Quelles sont les stratégies à adopter pour réduire les inégalités et réussir la cohésion sociale facteur essentiel pour la stabilité et le progrès démocratique ?

Il est grand temps que les forces de progrès et de modernité se ressaisissent et présentent un projet mobilisateur et une alternative crédible à la population.

L'élite est appelée à jouer un rôle de locomotive, les politiques doivent contribuer au processus de réforme. Cela devrait passer par la rénovation de la culture politique, le renouvellement des élites et l'ouverture du champ politique à la jeunesse, aux compétences et aux intelligences. Pour ce faire, l'unification de la gauche et des forces du progrès et de la modernité est un des moyens incontournables.

Cette unité devrait s'articuler autour d'une plateforme minimale et réunir le maximum de forces pour garantir la réussite du processus.

Depuis sa création, Alternatives n'a cessé de poser la question de la recomposition du champ politique comme un passage obligé pour l'approfondissement du processus démocratique ; la gauche et les forces du progrès et de la modernité doivent toujours jouer un rôle déterminant dans ce processus. Ces deux préoccupations sont restées, pour l'Association Alternatives, des questions d'actualité.
Aujourd'hui, cette exigence politique et stratégique reste à l'ordre du jour. Pour donner un nouveau souffle à la vie politique, il importe de susciter une mobilisation générale autour d'un projet ambitieux et réaliste, c'est dans cet esprit qu'Alternatives organise son Université du printemps sur cette thématique considérée comme centrale et impérative pour le Maroc de demain.

En plus, de l'intervention d'Alternatives portant justement sur cette question et pour enrichir le débat, notre Association a préparé un document intitulé : 50 propositions pour un Maroc émergent
Sur l'une et l'autre de ces deux thématiques, Alternatives souhaite interpeller les politiques, et par là faire avancer le débat sur ces questions aussi sensibles que déterminantes pour une véritable mutation du Maroc.

Des problématiques majeures

L'initiative d'Alternatives part d'un certain nombre de constats concernant le niveau de développement du pays, constats partagés par de larges franges de la société se réclamant de sensibilités différentes et qui réclament un certain nombre de ruptures et de réformes pour construire un Maroc émergent.

Le Maroc est perçu comme un pays intermédiaire depuis une vingtaine d'années. Mais alors que les pays du Sud Est Asiatique, ayant eu alors quasiment le même niveau de développement que le Maroc, ont réussi leur décollage économique, notre taux de croissance est resté autour d'une moyenne de 3 % par an depuis deux décennies, avec une évolution en dents de scie en raison de l'influence prépondérante des conditions climatiques. Quant au classement du Maroc en termes de développement humain, il est en régression régulière. 

Cette stagnation relative du taux de croissance ne permet pas au Maroc de répondre aux défis et besoins de sa population en matière de développement, d'emploi, de bien être économique et social.
De manière objective, depuis l'avènement de Mohamed VI et la participation des forces démocratiques à la gestion des affaires publiques, on constate des progrès sur plusieurs plans : libertés plus étendues, plus de dynamisme sur le plan économique, nombreux investissements dans toutes les régions du pays, prise en compte du déficit social et tentative d'y apporter des solutions par l'INDH, amélioration de la condition féminine par l'adoption d'un code de la famille rénové et modernisé.

Cependant, nous demeurons confrontés à trois problèmes majeurs : Si les libertés sont plus conséquentes, les acquis démocratiques sont en stand by et l'esprit makhzen continue de s'étendre en touchant même les forces qui se réclament du progrès et de la démocratie; la symbolique ne semble pas changer au niveau du comportement du pouvoir, de même qu'on assiste à un processus de verrouillage de l'espace médiatique et de maîtrise de l'espace économique. Nous restons par ailleurs condamnés à une moyenne atone de croissance. Nous nous heurtons enfin à une situation socioculturelle des plus critiquables.

Tout ceci débouche sur un renforcement relatif du mouvement intégriste dont certaines tendances manifestent une volonté de détruire la cohésion nationale.

Les choses se compliquent également avec la globalisation.
Comment en effet concilier les valeurs universelles avec nos spécificités socioculturelles ?
Comment concilier la rationalité, source de progrès économique et la spiritualité, fondamentale pour la paix intérieure et sociale ?
Comment concilier l'efficacité économique indispensable à l'émergence et la dimension humaine du développement ?
Comment concilier le pluri-culturalisme national et universel avec nos propres fondements étatiques ?
Comment faire en sorte que la libération des énergies due à la démocratie ne se heurte aux parasites marginaux, fortement nuisibles au développement, que ne manque pas de générer l'inéluctable démocratisation ?

Partant de ces considérations, Alternatives positionne sa vision à travers des finalités stratégiques :
1°) Développer l'esprit de citoyenneté active par l'encouragement de la conscience politique, la moralisation de la vie politique, l'implication dans le processus de développement et l'affirmation des droits et obligations.

2°) Renforcer le rapprochement entre le Palais et les forces de progrès par une accélération mesurée de la transition démocratique, qui suppose une réforme constitutionnelle.

3°) Animer le champ politique par ces actions qui se situent au-delà de la réforme constitutionnelle : recomposition du champ politique, ouverture intensive de l'espace audiovisuel et encouragement des contrepouvoirs représentés par la presse et la société.

4°) Relancer la croissance par la réforme du système éducatif et de la gouvernance ainsi que par le réaménagement des rapports sociaux et la mise en ¦uvre d'une fiscalité juste et incitative de l'investissement.

5°) Prendre à bras le corps la question sociale en la liant à l'emploi et donc à la croissance, mais en mettant également en place des processus de couverture adéquats.

Bref, le grand paradoxe à gérer est le suivant : Comment développer les libertés, approfondir la démocratie et réformer la gouvernance tout en libérant les énergies créatives avec la modernisation des structures sociales et économiques; le but étant d'assurer la compétitivité de notre tissu économique dans un cadre globalisé tout en gérant les retards sociaux enregistrés par le passé, retards qui risquent d'être approfondis par les effets pervers d'une mondialisation qui s'impose.
Le Maroc du 21ème siècle sera donc ce que les marocains feront de leurs libertés, de leur économie et de leur situation humaine.

Construire une société de liberté et de solidarité

Partant des objectifs du développement ainsi définis et des paradoxes à gérer, Alternatives considère qu'il importe, avec un plan d'action sur 5 ans, d'entreprendre un certain nombre de réformes de base et d'actions en profondeur de manière à générer un véritable processus d'émergence économique et socioculturelle.

Les actions préconisées se situent dans une logique de construction d'une société de liberté, de prospérité et de solidarité dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle, démocratique et moderne.

On comprend aisément que ces actions supposent des ruptures multidimensionnelles concernant aussi bien le fonctionnement de nos institutions et la classe politique, que les structures sociales et politiques.
Ces ruptures sont d'abord culturelles, qu'elles soient makhzaniennes ou intégristes; elles sont également organiques et mentales dans la mesure où les individus et les groupes doivent s'autonomiser par rapport aux sources du pouvoir; elles sont par ailleurs politiques et institutionnelles dans la mesure où le droit doit remplacer le pouvoir de fait; elles sont en quatrième lieu comportementales avec la mise en évidence de la force de l'exemple; elles sont enfin programmatiques dans la mesure où des actions pertinentes s'imposent.

C'est dans cet esprit qu'Alternatives présente ses cinquante propositions; à cet effet, quatre principes guident nos propositions : une gouvernance démocratique, moderne et efficace; une économie de marché sans rentes ni entraves économiques et sociales; une société de protection contre certains dérapages de la mondialisation et du marché, non par des entraves à ce dernier, mais par une solidarité au niveau de la collectivité; enfin une société juste par la promotion de l'égalité des chances.

Partant de ces considérations, trois terrains d'action seront privilégiés :
Il s'agit d'abord, partant de l'objectif de liberté et des dimensions économiques et sociales du développement à manager, de mettre en œuvre une gouvernance démocratique, forte et efficace, qui aura désormais pour tâche, dans un cadre de liberté, d'implication démocratique et de droits humains, non pas à gérer des productions comme par le passé, mais à réguler, à faciliter et à animer le monde de la production des richesses dans un cadre globalisé tout en corrigeant les dérapages du marché conquérant et du libéralisme sauvage.
Il s'agit ensuite de planter les racines d'une économie forte et de mettre en œuvre les mesures destinées à libérer les énergies créatives et compétitives des entreprises dans un univers dominé par la globalisation.
Il importe enfin d'assurer l'égalité des chances et de corriger les débordements de la mondialisation et du marché qui s'imposent

AL Bayane


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