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Le cout du non Maghreb









Un minimum de 350 millions de dollars ! C'est à ce chiffre que la Commission économique pour l'Afrique des Nations Unies évalue les gains annuels qui pourraient être tirés d'une union économique entre pays du Maghreb élargi (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye et Egypte.
Dans la même veine, une autre estimation revient souvent, reprise par le gouvernement tunisien : l'échec de l'intégration régionale des économies du Maghreb leur coûte chaque année un point de croissance en moyenne.

Un rapport de la Banque mondiale, intitulé "Y a-t-il une nouvelle vision pour l'intégration économique au Maghreb ?", paru en novembre 2006, tente de trouver des réponses au paradoxe de la faible intégration des économies marocaine, algérienne et tunisienne, alors que la libéralisation des échanges s'y est poursuivie à un rythme soutenu depuis les accords de Marrakech. Cette étude, si elle exclut la Mauritanie et la Libye, en raison de l'absence de données statistiques pertinentes, offre des comparaisons parfois surprenantes et dresse des scénarios pour le futur, qui devraient interpeller les dirigeants politiques.

Statu quo dommageable
Le Maghreb semble aujourd'hui remplir les conditions d'un futur économique plus prospère, en accumulant les bons points : les grands indicateurs macroéconomiques se sont appréciés dans les trois pays, la proximité avec l'Europe et les premiers progrès en matière de réformes ont soutenu les investissements étrangers et le niveau de richesse par habitant a bien augmenté depuis les années 90. Toutefois, les économistes considèrent qu'une croissance plus soutenue est nécessaire à un réel décollage économique.

L'Algérie, le Maroc et la Tunisie, s'ils maintenaient leur rythme de croissance actuel (4 à 5% de croissance du PIB nominal ces cinq dernières années), mettraient plus de vingt ans pour atteindre le niveau de revenu par tête des pays les moins riches de l'OCDE, comme la Pologne. Surtout, le statu quo serait la pire des solutions pour le futur économique de la région. La part des échanges entre pays du Maghreb dans le total du commerce de ces pays reste très faible comparé à la même part au sein d'autres blocs régionaux. Pire, le commerce intra-zone a même fortement baissé depuis 1990 (2% du total du commerce de marchandises) pour atteindre 1,2% en 2004. Par ailleurs, les exportations (hydrocarbures exclues) continuent de contribuer de manière marginale au revenu national des trois pays. Enfin, les investissements directs étrangers (IDE) vers ces pays sont évincés par la concurrence des pays d'Europe centrale et orientale, qui ont capté une partie des investissements, notamment européens. Sur ce plan, la Tunisie reste le plus grand bénéficiaire, eu égard à sa taille, des IDE : en 2004, ils se sont montés à plus de 78% du PIB.

Le traité de Marrakech, conclu entre l'Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie le 17 février 1989, prévoyait l'instauration d'un espace d'intégration économique et la mise en place de politiques communes "dans tous les domaines". De simples vœux pieux, qui ne connaissent pas l'ombre d'une concrétisation.

L'objectif d'établir un marché commun à l'horizon 2000 n'a pas été atteint, ni celui de l'union douanière, prévu pour 1995. Entre-temps, les pays ont multiplié les accords de libre-échange bilatéraux avec des pays tiers, dont la Turquie, la Chine, la Jordanie, les Etats-Unis et, bien sûr, avec l'Union Européenne. C'est dans le cadre de l'accord de coopération avec celle-ci que les ministres des Affaires étrangères du Maroc, de la Tunisie, de l'Egypte et de la Jordanie ont entamé, en mai 2001, à Agadir, des discussions sur la création d'une zone de libre-échange.

Bénéfices attendus de l'Union
Cette insistance à réussir là où l'UMA a échoué peut surprendre. Pourtant, pas besoin de chercher longtemps pour déceler les avantages d'une redynamisation de l'intégration régionale des économies du Mahreb. Parmi les bénéfices attendus, le plus évident est bien évidemment la création d'un effet d'échelle. La libéralisation du commerce des marchandises entre les trois pays créerait un marché de 75 millions de consommateurs, atteignant une taille critique pour réaliser des économies d'échelle et attirer davantage d'investisseurs étrangers. Et dans le contexte des relations avec l'Union Européenne, le rapport soutient qu'une intégration des économies de ces trois pays serait complémentaire avec celle engagée avec le partenaire européen.

Première surprise de l'étude des données économiques du Maghreb, en apparence (seulement) contradictoire avec le constat du faible niveau d'intégration économique : le potentiel de commerce de marchandises entre les trois pays est assez maigre. En fait, d'après le rapport de la Banque mondiale, les trois Etats maghrébins échangent déjà trop… si l'on prend en compte la faible diversification de leurs exportations ou la petite taille de leurs marchés. Le point critique de l'expansion du commerce dans la région ne dépend pas seulement de la politique commerciale au sens d'accords de libre-échange, mais aussi et surtout de ce que les économistes de Washington appellent pudiquement le "climat de l'investissement".

Ce terme générique regroupe à la fois le poids des réglementations encadrant les activités commerciales, les coûts de transaction comme les démarches auprès des administrations (douanes, autorisations d'urbanisme), les dépenses de fonctionnent (coût de l'accès à l'électricité ou aux télécommunications), ou encore les possibilités de financement. Sur ce point, si les réformes entreprises se sont accélérées ces dernières années, l'insuffisance des infrastructures et le retard pris dans plusieurs activités du secteur des services sont encore avancés par les investisseurs étrangers et locaux comme des raisons de la faible attractivité de la région.

Approfondir ou étendre ?
L'intégration régionale ou la libéralisation des échanges ne peuvent favoriser la croissance qu'en fonction de la structure des économies et de l'intérêt des nations à ouvrir leurs économies. Aucun pays ne s'engagerait dans cette voie sans en calculer les risques et en choisissant la stratégie la plus adaptée. Dans le cas du Maghreb, plusieurs options sont envisageables. Une simple intégration régionale entre Etats maghrébins n'aurait qu'un effet symbolique sur le revenu national de chaque pays, à peine supérieur à la situation de statu quo. C'est une conséquence logique du faible potentiel de commerce de marchandises entre les trois pays.

À première vue, une intégration élargie avec l'Union Européenne paraît comme une option plus judicieuse. L'accès aux marchés européens permettrait en effet aux économies du Maghreb, signataires d'accords bilatéraux avec L'UE, de faire croître leur PIB par habitant au rythme annuel moyen de 15%, entre 2005 et 2015. Toutefois, si les trois pays décidaient de former ensemble un bloc régional intégré à l'Union européenne, les bénéfices seraient bien supérieurs. Suivant ce scénario, le PIB par habitant dans la région augmenterait de 22% en moyenne (+27% en Algérie, +22% au Maroc, +16% en Tunisie). Un tel résultat s'explique par l'impact positif de l'accès des exportations aux marchés européens, dont le volume doublerait en moins d'une dizaine d'années.

En fait, la solution optimale consisterait à engager, de manière simultanée, des réformes soutenues pour améliorer efficacement le climat des affaires tout en libéralisant le commerce avec les pays voisins, tant au Maghreb qu'avec l'Union Européenne. Car c'est en approfondissant la dynamique de libéralisation des échanges et en améliorant les services aux entreprises que la région pourra attirer un flux régulier d'IDE.

Dans ce domaine, le Maroc a réalisé d'importantes avancées, notamment en ce qui concerne la réforme des secteurs financiers et le développement d'infrastructures, ce qui lui permet d'atteindre un niveau global d'accomplissement de réformes structurelles équivalent à celui de la Tunisie. Une combinaison des trois facteurs reste cependant souhaitable pour atteindre un niveau de croissance capable de répondre aux problèmes des pays du Maghreb (chômage de masse, notamment chez les jeunes, retard en matière d'investissements étrangers, etc.) : une libéralisation des échanges dans la région, préalable à un arrimage économique à l'Union Européenne, menée de front avec une mise à niveau du secteur tertiaire et de réformes du climat des affaires. Mais les trois pays en sont encore loin aujourd'hui et leurs citoyens remplissent de plus en plus leur panier de produits "Made in China".

Par Youssef Aït Akdim
Telquel

Eclairage

Le cout du non Maghreb est considérable sur le plan économique, social et politique:



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