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Une RME à  2M

Yenoo.be : Qui est Sarah Mellouki ?
Et bien Sarah, c'est une jeune alsacienne, dont les parents sont marocains, et qui a eu une scolarité élitiste et européenne. Je suis également une grande amatrice d'art et plus particulièrement de théâtre. Je ne me souviens plus de la première fois où je suis montée sur les planches, puisque j'ai joué à un niveau professionnel très jeune.

En 2002, je me suis présentée au tournant de ma vie, mon diplôme d'études théâtrales dans une main et mon baccalauréat scientifique dans l'autre ! J'avais donc le choix entre des études supérieures et ce que j'aime appeler …la bohèmeuuhhh (rires). J'ai choisi, bien sûr, la deuxième option. Et je n'ai pas chômé… A à peine 18 ans, j'ai été professeur de théâtre pour enfants et adultes, puis j'ai intégré une troupe prestigieuse à la Cartoucherie de Vincennes, j'ai tourné dans plusieurs courts-métrage, etc. Aujourd'hui, je suis journaliste pour la chaîne marocaine 2M, et je prépare en même temps, une licence en Sociologie. Et…j'ai 22 ans… (rires)........

Yenoo.be : Pourquoi avoir fait ce choix de quitter la France pour le Maroc ? Pensiez-vous avoir plus d'opportunités au Maroc ?

A vrai dire, ça n'a pas été un choix, mais une évidence. A l'époque où j'étais à Paris, j'ai passé, par hasard, un casting pour la chaîne marocaine 2M, que je connaissais à peine. C'était pour l'opération " 15 ans ; 15 talents ". Epreuve après épreuves, j'obtiens mon ticket pour aller au Maroc et participer aux primes-time. L'évènement a été un succès immense tant au niveau national, qu'international. Mais au-delà de ça, moi qui détestais ce pays, j'ai appris, grâce à cette aventure, à le voir sous un jour nouveau. J'ai découvert, là bas, une jeunesse motivée, pleine de talents et de compétences, et très prometteuse, dans un pays où il y avait encore tant de choses à faire… J'ai décide sur un coup de tête de venir vivre au Maroc, ce pays que l'on n'arrêtait pas de m'attribuer en France, mais que finalement je ne connaissais pas. Et effectivement, aujourd'hui, je ne regrette absolument pas.

Yenoo.be : En quittant la France pour le Maroc, vous débutez une nouvelle vie loin de vos proches. Comment avez-vous vécu ce changement ?

A vrai dire, l'éloignement n'a pas été un souci puisque j'ai quitté le cocon familial assez jeune. A 15 ans, je suis allée en internat pour intégrer un lycée international. Même si j'ai beaucoup souffert de l'éloignement à cette époque là, une fois arrivée au Maroc, je m'étais habituée à vivre seule. En plus, lorsque vous êtes tout seul, au Maroc, tout le monde veut vous adopter. Je suis devenue, un petit peu, la fille de tout le monde, des voisins, des collègues, des parents de mes amis… Contrairement à la France, où là, par contre, j'ai énormément souffert de l'individualisme des gens, et de la solitude face aux difficultés de la vie.

Yenoo.be : En tant qu'ex " marocaine résidant à l'étranger ", comment s'est déroulée votre intégration professionnelle et sociale ?

Au départ, lorsque j'ai intégré 2M, tous mes collègues étaient sceptiques, ils ne comprenaient pas ce que je venais faire là, pourquoi j'avais quitté la France, alors que bon nombre d'entre eux rêvaient d'y aller.
J'ai appris alors, que les Marocains, n'ont pas une grande estime de leur pays. Et ils ont tort. Il n'y a, certes, pas un système élaboré et efficace, une administration rapide et disponible, un système social et éducatif avantageux, bref, tout ce qu'on peut trouver en France. Mais ici, il y a " l'essentiel " ! C'est quoi " l'essentiel " ? Au Maroc, la solidarité prend tout d'un coup un visage humain, alors qu'en France, vous n'avez à faire qu'à des opérateurs, des enveloppes et des numéros. L'amitié s'accepte et se partage sans compromis, alors qu'en France, je n'ai été l'amie que de ceux à qui je pouvais apporter quelque chose (càd pas grand monde). La qualité de vie se vit, alors qu'en France, c'est devenu un concept marketing et on ne fait que la lire sur les boîtes. Ici, le temps se savoure, alors qu'en France, tout le monde lui court après. Et je pourrai continuer encore longtemps. Ce sont ces petites choses que j'appelle " l'essentiel ", et qui font que la vie devient tout d'un coup, ton alliée, et non pas quelque chose contre laquelle tu dois te battre.

Yenoo.be : Arrivée au Maroc, vous avez intégré 2M. Quel a été votre parcours professionnel, au sein de cette société?

Et bien, j'ai d'abord intégré 2M, en tant que chroniqueuse, à la radio. Je devais couvrir le Festival International du Film de Marrakech.
Puis je suis passée à l'animation de soirées prestigieuses, comme le 16ème anniversaire de la chaîne, ou encore la soirée " Khmissa ", aux côtés respectivement, de Imad Ntifi et de Atik Benchiguer.
Ensuite, est arrivée l'émission " Ajial/ Générations ", le seul programme pour jeunes de la chaîne. J'ai d'abord animé les rubriques cinéma et news people. Puis je suis passée derrière la caméra, en tant que reporter pour l'émission. Je dénichais des jeunes talents, dans tous les domaines, et leur offrais l'opportunité de se faire connaître. Et enfin, en parallèle, j'ai animé l'émission " Cybernet ", spécialisée dans les nouvelles technologies et plus particulièrement les jeux-vidéo. J'ai eu beaucoup de chance, car 2M, m'a offert l'opportunité de me forger une expérience solide dans tous ces domaines, en très peu de temps.

Yenoo.be : Pour avoir côtoyé les deux, quelle différence faites-vous entre le milieu artistique et médiatique français et marocain ?

Entre le Maroc et la France, la différence c'est le public.
En France, tout se décide en fonction du goût et des envies des consommateurs. Pour preuve, les sondages, dictent la conduite des chaînes et influencent directement la grille des programmes. Au Maroc, les téléspectateurs n'ont pas encore ce pouvoir. Le facteur " audience ", n'a pas de sens véritable. A vrai dire, le critère numéro 1 qui influence la composition de la grille des Programmes, ce sera plus la charte imposée par la HACA (équivalent du CSA français, ndr) que le public. Mais avec l'ouverture du paysage audiovisuel marocain, et l'arrivée d'entités médiatiques privées, la concurrence va être réelle, les annonceurs doivent amortir leurs investissements. Et je ne doute pas qu'un jour, doucement mais sûrement, la télévision marocaine, appartiendra enfin aux Marocains.

Yenoo.be : Vous êtes une passionnée de théâtre et de cinéma, avez-vous des projets dans ces deux domaines ?

Ni dans l'un, ni dans l'autre. Aujourd'hui, ça fait deux ans, que je suis dans l'audiovisuel, un domaine en perpétuelle mouvance, toujours dans l'ère du temps et qui a une influence directe sur la société. Je compte bien continuer sur ma lancée, dans ce domaine passionnant. Je planche d'ailleurs sur plusieurs concepts d'émissions, je termine également l'écriture de mon premier scénario, en plus de mon émission hebdomadaire sur les jeux vidéos "Cybernet", plus mes études de Sociologie que je prends très à cœur. Quand je pense, qu'il y a 2 siècles, plus on était oisif, plus on était important… (rires)

Yenoo.be : Comptez-vous un jour retourner vivre en France ?

Je ne rejette pas l'idée d'un éventuel retour en France, mais pour un délai bien fixe. Parce que, maintenant que je connais le Maroc, je ne peux plus m'en éloigner. La seule raison qui me ferait retourner en France serait une opportunité professionnelle intéressante, et encore... je pense que j'hésiterai beaucoup… Il y a à peine 3 ans, j'étais MRE : marocaine résidente à l'étranger. Aujourd'hui, je suis RME, réellement marocaine enfin !!!

Source: http://www.yenoo.be/smartsection+item.itemid+14.htm

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