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Comment devenir milliardaire au Maroc : les machines à sous
-Acte I-


Au cours d'un voyage en France, les amis m'ont présenté deux familles françaises qui comptent vendre leur maison, abandonner leur travail et partir s'installer au Maroc. Elles sont persuadées qu'elles vont vite, très vite, s'enrichir et qu'il est  très facile de devenir milliardaire au Maroc.

Ce ne sont pas les premiers et ne seront certainement pas les derniers étrangers qui choisissent la destination du Maroc à la recherche, pas uniquement du soleil mais surtout de faire fortune avec un investissement minimal.

On  cite de multiples exemples de cas d'étrangers qui sont partis au Maroc sans rien et qui ont accumulé, dans un temps record, une fortune qu'ils n'auraient jamais pu réaliser en France ou en Europe d'une manière générale.

Au cours de ces dix dernières années, le Maroc est devenu effectivement une destination pour les investisseurs et les spéculateurs étrangers. On y trouve de véritables investisseurs avec des projets sérieux nécessitant des budgets importants.

Mais il y a aussi beaucoup de spéculateurs et de joueurs à la recherche de profits à très court terme  dans des opérations douteuses et sans aucun effet sur le développement économique et social de ce pays,qui affiche les indicateurs de développement humain les plus désastreux des pays méditerranéens.

Les horodateurs et les sabots : des milliards à ramasser…
On m'a  parlé de ces Espagnols qui ont débarqué un matin à Casablanca et sont devenus milliardaires en lançant  une société d'horodateurs baptisée par les Marocains " dirham-donnateurs " : ils ramassent des DH à la pelle,  des milliards, en plantant tout simplement des machines à sous au centre des grandes villes marocaines. Ils ont effectivement tiré le jackpot, une poule aux œufs d'or.




















Les milliers de traditionnels gardiens marocains, avec leur blouse bleue et leur bâton, qui survivaient, et faisaient vivre leur famille, grâce aux dons des automobilistes ont été chassés et remplacés par des machines à sous. Des lignes bleues ont été tracées dans les principales rues des grandes villes pour rappeler que l'emplacement est payant.

Un peu de peinture pour tracer et occuper l'espace public, planter des machines à sous la nuit au bout d'une rue, recruter quelques bagarreurs pour immobiliser les véhicules à l'aide de sabots et ramasser l'argent et le tour est joué..  Voilà un  des "investissements" le plus rentable au Maroc et qui rapporte des milliards à cette société espagnole : coût minimal et bénéfice maximal.

Contrairement aux pays européens qui ont optés pour  les horodateurs où les riverains disposent d'une carte qui les dispense des frais de stationnement dans leur zone d'habitation, au Maroc la société espagnole a même réussi  à faire payer les riverains en leur imposant un abonnement.
 
En l'absence de toute réglementation rigoureuse et  efficace, la société d'horodateur agit dans une anarchie totale. Comme les sabots rapportent plus que le ticket, les bagarreurs recrutés par cette société n'hésitent pas à immobiliser un véhicule au moment même où le conducteur  cherche le ticket dans la machine à sous. (Vous êtes avertis, garez-vous juste à coté de la machine pour éviter l'amende qui varie entre 20 et 50 DH).

Selon la presse marocaine, la gestion déléguée, et téléguidée, des parkings publics a été attribuée à cette société dans des conditions douteuses par le grand vézir Basri ( c'est trop facile, on peut tout mettre sur le dos de Basri). Un certain nombre de procès ont mis en cause la légalité du contrat de gestion.

Selon la presse marocaine, qui dénonce régulièrement les agissement de cette société, sur l'ensemble de Casablanca la société espagnole a dépassé les 10.000 emplacements réservés au stationnement : une fortune rien qu'à casablancais…

Ainsi les habitants de Casablanca et de Rabat ne savent plus à quel saint se vouer : ils se réveillent et retrouvent leur véhicule immobilisé en bas de l'immeuble à l'aide de ces fameux sabot jaunes. Les tracasseries sont quotidiennes et un avocat de Rabat est devenu  le spécialiste des litiges qui opposent la société espagnole aux automobilistes. Ce gisement inépuisable s'étend progressivement et sournoisement aux autres villes marocaines.

Les Marocains ne sont-ils pas capables de gérer eux-mêmes leurs espaces publics ? de collecter efficacement ces recettes pour améliorer les conditions de vie de la collectivité ?

Autrement dit, dans un pays où règne la misère et la pauvreté, on se demande pourquoi les villes et les communes ne récupèrent pas cette rente en créant des agences locales de gestion de l'espace public ?

Des dizaines de milliers d'emplois seront crées au bénéfice surtout des personnes sans qualification. Les recettes de ce secteur pourraient être injectées dans le développement urbain au lieu d'être transférées à l'étranger par une société étrangère.

Décidément, nos décideurs manquent d'imagination ou sont trop cupides et trop gourmands : n'existe-il pas une alternative autre que l'anarchie ou la dictature d'un monopole dans la gestion de l'espace public?
Actuellement, les autorités ferment les yeux, les automobilistes subissent et les machines à sous continuent à produire des milliards.   De nombreuses villes importantes sont dans la ligne de mire des horodateurs, alors si vous voulez devenir milliardaires vous savez ce qu'il vous reste à faire.
(A suivre)
Hatimi




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