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Les riches toujours plus riches et les pauvres …


On a souvent lu et entendu que 20% de Marocains monopolisent 80% des richesses du Maroc. Cette équation n'est pas totalement vraie mais elle n'est pas non plus complètement fausse.

Les inégalités et les disparités sociales au Maroc sont non seulement flagrantes mais aussi choquantes et insupportables. C'est la première image, la première gifle que reçoit tout visiteur au Maroc.
Il y a un contraste qui donne du vertige : la misère et la pauvreté criantes juxtaposent les richesses opulentes pour ne pas dire insultantes.

Face à ce spectacle, il est inutile de se demander où va la budget de l'Etat? Les subventions? les milliards de la Caisse de compensation et de l'aide internationale ? les richesses du pays? et qui sont les véritables bénéficiaires ?

L'avenir d'une nation réside dans sa richesse, et la seule richesse inépuisable d'une nation est la ressource humaine. Or les inégalités sociales et le dualisme entre " ceux qui possèdent " et ceux qui " ne possèdent rien " offrent du pays l'image d'une société brisée, fracturée et sans valeurs humaines. 

Il y a près de 4 millions de marocains qui ont quitté le pays et sont dispersés à travers les quatre continents qui envoient à leurs familles plus de 5 milliards de dollars à titre de soutien alimentaire, et pour face aux besoins d'éducation et de la santé. Et l'hémorragie ne va pas s'arrêter à court et à moyen terme : la majorité de Marocains, jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes ne rêvent plus, disons elle rêve que d'une chose : quitter "le plus beau pays au Monde" meme à la nage.


Pourquoi cette fuite ?

Il y a un malaise général et généralisé surtout auprès des jeunes (20 - 35 ans) qui ne voient pas d'issue à leur situation désespérante, pas d'avenir dans ce pays, les portes sont cadenassées et l'ascenseur social est en panne depuis des décennies. Le clientélisme, les réseaux familiaux, mafieux et féodaux ont la main mise sur les richesses du pays.
Face à cette situation, il n y a qu'une solution : partir n'importe où et n'importe comment, même à Bagdad pour se transformer en kamikaze.

Il y eu le lancement d'un programme de lutte contre la pauvreté et la précarité en 2005 baptisé:  l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH). C'est un vaste programmes de développement humain doté d'un budget considérable.

Présentée par les médias comme le remède à tous les maux du Maroc, l'INDH est devenue un fourre-tout comportant une liste interminable de projets aussi insignifiants soient-ils.

Des dizaines de milliers de projets sont cités dans le cadre de l'INDH mais leur impact au niveau des indicateurs de développement humain est décevant. Les chiffres des institutions inbternationales sont inquiétants.

L'INDH souffre, entre autres, de problèmes de l'identification des cibles, de l'absence de définition de contenu, de l'organisation et de la planification des projets,  faiblesse dans la perception des objectifs à atteindre, le flou et l'antagonisme entre les parties prenantes, problèmes au niveau de l'exécution des projets (qui fait quoi, pourquoi, quand et comment), problème de développement de solutions adéquates, de finalisation, de mise en œuvre, de stabilisation et de gestion des risques des projets…

Par ailleurs, l'Union Européenne apporte son soutien à cette initiative de développement humaine et  vient de confier l'encadrement de l'IDH à un bureau d'études allemand.

Selon une étude réalisée par Le Haut-Commissariat au Plan (HCP), les modalités de répartition des ressources budgétaires destinées à réduire les disparités sociales et la pauvreté n'atteignent pas les résultats escomptés.

A partir de la carte de pauvreté, le HCP a évalué les performances des ressources publiques destinées à la lutte contre la pauvreté.

Ainsi, les 20% les plus aisés des ménages marocains accaparent plus de 40% des subventions alimentaires et plus de 50% des subventions à l'enseignement secondaire et supérieur.

Au niveau des subventions alimentaires, les riches bénéficient de 40,2% des subventions de la farine nationale et du blé tendre, de 41,2% des subventions du sucre granulé, et de 48,0% des subventions d'huile de table. La part des pauvres dans les subventions alimentaires n'est que de 6,1% pour la farine, 9,3% pour le sucre et 6,3% pour l'huile.

Concernant les subventions à l'éducation - formation, les 20% les plus riches en totalisent d'importantes parts à tous les niveaux scolaires, 16,8% au primaire, 30,7%  au collège, 48,1% au secondaire et 58,6% au supérieur.  La part des 20% les plus pauvres dans les subventions à l'éducation ne dépasse pas 19% dans l'enseignement primaire, 4,8%  dans le secondaire et 3,2% dans le supérieur.


Ne pas se tromper de cible et ne pas perdre de vue la cible visée

Le transfert des ressources budgétaire est réalisé de manière uniforme au niveau national sans une sélection de la cible et sans vision claire.

Or seul un ciblage optimal qui tient compte de la structure géographique et de la situation économique et sociale de chaque région voire de chaque commune permettrait d'atteindre les classes pauvres et avoir un impact significatif au niveau de la réduction de la pauvreté.

Selon le HCP, le ciblage optimal appliqué au niveau communal réduit, en une année, le taux de pauvreté de 37% dans le milieu urbain et de 22% dans le milieu rural. Son application aux districts du recensement réduit le taux de pauvreté de 53% et 23%, respectivement. La réduction du taux de pauvreté par le biais du ciblage uniforme n'est que de 18% dans le milieu urbain et de 15% dans le milieu rural. 


Ciblage les bénéficiaires = économiser les ressources budgétaires
L'affectation des ressources budgétaires aux communes rurales, au moyen du ciblage optimal, permet la même réduction de la sévérité de la pauvreté que le transfert uniforme, à un moindre coût. En effet, cette approche de ciblage donne lieu à une économie des ressources budgétaires, estimée à plus des 2/3 (68,9%) du coût du transfert uniforme. Si le budget était affecté aux districts, cette économie des ressources atteindrait près des trois-quarts (72,3%) du coût du transfert uniforme. Dans le milieu urbain, ces proportions sont de  35,5% et 77,0%, respectivement.

"Les données de cette étude montrent que le transfert d'un budget fixé arbitrairement à un montant de l'ordre 2% du PIB, au moyen d'un ciblage optimal appliqué au niveau local le plus fin (district du recensement), a certes un impact considérable sur la pauvreté et sa sévérité. Mais cet impact n'est pas aussi performant que celui du ciblage parfait (100% de réduction de la pauvreté) qui consiste en un transfert direct de la totalité du budget de lutte contre la pauvreté aux ménages pauvres. "

"Il est alors clair que le ciblage géographique optimal conjugué à un ciblage subordonné (voire parfait) des ressources au sein des localités pauvres est le meilleur moyen d'affecter les ressources disponibles aux plus pauvres et d'améliorer énormément le coût et le rendement des politiques de ciblage. "


Source : HCP

Etude sur la pauvreté du HCP

INDH




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