2006 - Maroc2007.net
Presse & Médias
Droits de l' Homme
Femme marocaine
Santé
Rapports & Etudes
Associations
Cultures
Tourisme
Ambassades
Cuisine
Portails
Recherches
Musique du Maroc
ECOUTER
Radio Tanger Médi 1
Radio Tanger RTM
Radio Laayoune
DiwanFM
RTM
2M

Portail des marocains du monde

TELECHARGER


Programme du PJD  "TOUS pour un Maroc de justice"

"TOUS pour un Maroc de justice". C'est le slogan autour duquel le Parti de la justice et du développement (PJD) axe son programme électoral en perspective des législatives du 7 septembre.

Le programme, qui sera dévoilé jeudi prochain à Rabat, se veut selon ses concepteurs, "pragmatique, ambitieux et réaliste". Il s'inscrirait dans une "logique de bonne gouvernance, de chantiers structurants et de mise à niveau de l'environnement des affaires. Le tout dans un équilibre entre la justice sociale et le développement humain".

A en croire Abdelaziz Rebbah, qui a participé à l'élaboration de la feuille de route, le parti islamiste a choisi une large plate-forme orientée économie et social. "Plus d'initiative privée, une économie solidaire basée sur la redistribution des richesses et qui consacre l'ouverture avec une entreprise à visage humain", poursuit Rebbah. Ce dernier, en sa qualité de secrétaire général de la Chabiba Islamiya, met l'accent sur l'emploi et la croissance.

Produits alternatifs

Deux donnes qui, aux yeux du PJD, sont à même d'assurer un meilleur avenir à la jeunesse. Offrir des emplois aux diplômés des universités, aux chômeurs actuels et à ceux de longue durée est une priorité. Un point central donc dans la politique que compte suivre le PJD. Il prévoit en effet de créer pas moins de 300.000 emplois par an. Soit donc 1,5 million de postes en 5 ans. Une performance qui, si jamais elle est réalisée, ferait du parti un pourvoyeur d'emplois tout autant que ses adversaires de la Koutla (USFP, Istiqlal et PPS). L'idée, selon le parti, est de réduire à 10% le taux de chômage en milieu urbain de manière à écouler progressivement le stock de 1,2 million des sans-emploi.

Mais il est évident qu'une telle mesure ne pourrait aboutir sans une croissance forte et soutenue. Pour y arriver, le PJD table sur une croissance moyenne de 7%. Remarque: un taux qui rejoint ceux avancés par l'USFP et l'Istiqlal. Par ailleurs, la formation de Saâd Eddine Othmani compte mettre à contribution plusieurs secteurs d'activité pour résorber le chômage. A leur tête, le BTP ainsi que les secteurs émergents dans les services, les grands chantiers, l'équipement… L'arrivée de nouveaux produits financiers dits alternatifs sur le marché, soutient Rebbah, devra libérer la pression sur la création de PME-PMI, le financement de projets porteurs et donc la création de milliers d'emplois. La Zakat, un des piliers de l'Islam, est également mise à contribution dans la politique de l'emploi des pjdistes. "Nous comptons utiliser la Zakat dans une logique de développement", renchérit Rebbah. Les fonds collectés seront ainsi mobilisés et orientés notamment vers le financement de microcrédits et autres activités génératrices de revenu.

Sur le même registre, le PJD ambitionne de créer un observatoire national de l'emploi. Une structure et un tableau de bord des indicateurs du marché tant au niveau local que régional et à l'international. On qualifie d'ailleurs de "fiasco" l'expérience des programmes "Mokawalati", "Idmaj" et "Taahil". Le PJD s'engage à en revoir philosophie et concept. De manière à en minimiser le taux de faillite des PME et… d'échec des jeunes entrepreneurs. Que propose-t-on alors au PJD? Un programme baptisé "Pacte jeunes". Ce dernier devrait accompagner les jeunes porteurs de projets notamment en reconsidérant le principe d'intermédiation. Il s'agit alors de doubler les taux d'insertion de l'Anapec (soit passer de 10 à 20%). Par ailleurs, une autre mesure appelée "Taatir" devrait porter sur les chômeurs de longue durée. Un forfait de formation duale de 6 mois en plus de stages leur seront proposés. Objectif : leur assurer une meilleure insertion dans le monde de l'entreprise.

Troisième mesure, l'opération "Istiaâb" est destinée à drainer 10% de l'informel vers le circuit structuré. La formule consiste à offrir une exonération fiscale de 48 mois à cette cible. "Ce n'est pas un manque à gagner pour l'Etat. Bien au contraire, il récupère des contribuables qui ont toujours échappé au système fiscal", explique Rebbah.

Sur le plan fiscal, le PJD a des idées bien tracées qu'il essaiera de défendre bec et ongles. Au sujet de la TVA, le parti propose deux niveaux de taux, soit 10 et 17%. Le premier appliqué aux biens de grande consommation, alors que le second intéresse les biens d'équipement.

L'IS sera quant à lui baissé de 2 points chaque année pour le ramener à 25% en 2012. Pour l'impôt sur le revenu, le programme du PJD est resté vague. Aucune précision pour le moment. Si ce n'est une proposition en faveur des faibles et moyens revenus.

Habitat et logement ne sont pas en reste. Le PJD préconise d'en revoir la politique actuelle. Très critique à ce sujet, le parti compte réhabiliter le locatif selon des barèmes attractifs et un cadre incitatif où propriétaires et locataires trouveront leur compte.

Le concept consiste à considérer dorénavant la location comme un service. Mieux, le parti envisage d'exonérer de taux d'intérêt les crédits destinés à l'acquisition de l'habitat social. D'où la mise à contribution des produits alternatifs proposés par les banques dites "islamiques". Les taxes sur le logement social seront également révisées au "maximum à la baisse". Un package (habitat insalubre, menaçant ruine, précaire, logement rural…) que le PJD veut "vendre" comme argument électoral sachant l'intérêt primordial de la question du logement pour les Marocains. Un "concept global avec des mesures d'accompagnement tant sur le plan financier que social où le partenariat public/privé est appelé à contribution", avance-t-on. Outre le foncier, les collectivités locales devront s'impliquer davantage notamment par la transparence, la bonne gouvernance et le recensement et la communication sur les bénéficiaires de lots.

Autre question cruciale pour bon nombre de Marocains, la gestion du secteur du tourisme. Surprise! Le PJD n'est pas contre la promotion du secteur. En revanche, il veut militer contre "les dérapages d'un tourisme de masse".
En clair, le PJD appelle à la diversification des produits vers un tourisme familial, interne, culturel, rural et d'affaires. Tout un programme censé apporter de la "valeur ajoutée" à l'offre actuelle. Attendons de le voir pour y croire!


Alcool & festivals

DEUX sujets qui font couler beaucoup d'encre à propos du PJD. Pourtant, ce dernier prétend avoir une position claire à ce sujet à polémique.

A propos de l'alcool, le PJD précise que c'est une problématique qui se pose au niveau national dans un pays dont la Constitution énonce l'islam comme religion officielle. "Cela dépasse le PJD, voire même le gouvernement pour devenir un débat de société: Etat, ouléma, justice, sécurité… sont tous concernés". L'idée est de mener des campagnes pour sensibiliser à la réduction de la consommation de l'alcool. Une surtaxation des boissons alcoolisées n'est donc pas à exclure!

Quant aux festivals, le PJD se défend de vouloir les interdire. Par contre, l'on estime qu'ils doivent s'inscrire dans l'enrichissement culturel tout en respectant les spécificités de la société marocaine. Les festivals sont un axe de développement économique, estime-t-on au PJD. Mais, "lorsqu'ils sont contraires à nos valeurs de musulmans, nous sommes contre", lâche Rebbah.

  L'Économiste

Europe       Maroc
www.europemaroc.com