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PJD: 40% des voix
et quelques poussières


Le PJD, selon un sondage qu'il a commandité, aura 40 % des voix lors des prochaines élections. C'est ce qu'annonce Lahcen Daoudi, S.G-adjoint du parti islamiste, qui s'en prend au sondage effectué par le ministère de l'Intérieur.

ALM : Est-ce que vous n'avez pas le sentiment, au secrétariat général, d'être pris au piège du processus élaboré pour choisir les candidats du parti et qui donne une grande marge de liberté aux bases ?

Lahcen Daoudi : On n'est pas pris au piège parce qu'il vaut mieux avoir de petits problèmes maintenant et qui sont faciles à résoudre plutôt que d'attendre le jour des élections et que nos bases ne se mobilisent pas. Il faut qu'elles assument de A à Z. Elles font leur libre choix et se mobilisent pour le défendre. L'intervention du secrétariat général est, il faut le rappeler, plafonnée à 19 circonscriptions sur 95 et, là aussi, il faut préciser que le but est juste de répondre aux besoins du prochain groupe parlementaire en divers profils et spécialités. Tout changement décidé par le secrétariat général doit encore être justifié aux bases. C'est un pacte entre la direction de notre parti et la base, c'est tout et nous ferons le maximum pour l'honorer dans un sens comme dans l'autre.

Quitte à ce que des leaders, vous par exemple, soient écartés de la course au Parlement ?
Je dirai tant mieux dans ce cas ! Le contraire peut se produire aussi puisque, même si je n'aime pas trop m'y attarder, ce sont les militants qui m'ont obligé, en 2002, à me présenter alors que j'avais des réticences. C'est le parti qui dirige, qui est indispensable et non pas l'individu. Je peux vous assurer qu'au moins une dizaine de parlementaires ne seront pas reconduits par leurs bases et personne ne claquera la porte du parti pour autant. Ils n'iront pas chercher des accréditations ailleurs.

Même chez Annahda Wal Fadila de Mohamed Khalidi ?
Je mettrai ma main à couper ! Nos militants, et je n'exagère pas, sont nés PJD, vivront PJD et mourront PJD.

Peut-on parler de l'existence de courants au sein du PJD et de divergences entre l'aile syndicale et l'aile MURistes, entre autres  ?
Je ne suis pas au courant de l'existence de tels courants au sein de mon parti. Peut-être qu'il y a des gens qui connaissent le PJD mieux que ses dirigeants et militants. Sinon, où est-ce qu'on pourrait caser Mohamed Yatim qui est en même temps membre du MUR et patron du syndicat ? Les gens qui cherchent de ce côté n'auront rien à se mettre sous la dent. Nous sommes un parti uni et s'il y a des failles, genre quand quelqu'un fait de la propagande à une partie bien déterminée, il faut s'attendre alors à ce que des têtes tombent une fois faites les vérifications nécessaires prévues par les statuts. Au PJD, toute personne a le droit de recours et on ouvre une enquête au su et au vu de tout le monde.

Farid Ansari, président du Conseil des ouléma de Meknès vient de publier un livre sur les mouvements islamistes au Maroc et accuse le Mouvement Unicité et Réforme d'avoir délaissé la prédication au profit de la politique. Qu'en pensez-vous ?
Je me demande si c'est le même Farid Ansari, que je connais très bien et qui est un ami de longue date, qui a écrit ce livre. De toutes les manières, quand on avance un fait comme étant la vérité, il faut le valider par des cas concrets et non pas s'égarer dans des généralités. Au PJD, on a envie que les gens nous montrent nos défauts pour aider à les corriger car nul ne doit prétendre être au-dessus de la critique. Pour le livre dont vous parlez, il s'agit de la pure désinformation. Or, Farid Ansari est quelqu'un qui était et qui est toujours proche de nous. Je me pose, pour conclure, la question : "à qui profite le crime ?".

Saâd Eddine El Othmani a déclaré dernièrement à Casablanca qu'il ne voulait pas être ministre. Est-ce le signe d'un refus de participer, éventuellement, au prochain gouvernement ?
Chez nous au PJD, personne n'a le droit de dire "Je veux", y compris Saâd Eddine El Othmani. On assume quand cela s'impose et ce sont les bases qui seront appelées à valider toute décision du genre. On ne peut pas être en déphasage avec nos bases, sinon c'est la direction qui doit partir. Si on amène une idée et qu'on n'arrive pas à la faire valider par le conseil national, c'est que l'on a échoué.

Quel commentaire faites-vous du dernier sondage de l'Intérieur au sujet des élections législatives de septembre prochain ?
Il faut décerner un prix Nobel au ministère de l'Intérieur en matière des techniques de sondage parce que c'est tout simplement la technique du Mokaddem et du Cheikh. Ce département doit breveter cette technique tellement elle est inconnue. Le ministère de l'Intérieur a laissé filer ces résultats et c'est dangereux. Soit les résultats des élections seront en déphasage avec ceux du sondage et on va alors tirer à boulets rouges sur le ministère de l'Intérieur vu qu'il n'aura pas réussi à faire un sondage dans les règles. Soit, dans la deuxième hypothèse qu'on ne souhaite pas, le ministère de l'Intérieur tient à son sondage et tord le cou à la réalité pour la rentrer dans le moule voulu. Il ne fallait pas, pour résumer, que le ministère de l'Intérieur diffuse les résultats dudit sondage et qui devaient servir uniquement au niveau de ce département.

Au PJD, et à quelques mois des élections, avez-vous une idée de vos chances réelles ?
Nous avons tout simplement effectué un sondage, il y a deux mois avec l'aide d'un bureau d'études, impliquant un échantillon représentant le double de celui qui a servi de base au sondage de l'Intérieur. En gros, ce sondage a débouché sur des résultats proches de ceux de l'Institut républicain international puisque près de 40 % des personnes sondées s'étaient déclarées prêtes à voter PJD. Il faut relever également que le mode de scrutin en vigueur ne permet pas d'avoir un nombre de sièges proportionnel au nombre des voix. On peut se faire élire avec 2000 voix, comme on peut échouer avec 5000.

Concrètement, que vous apporterait une alliance avec un petit parti comme Forces Citoyennes ?
Le PJd ne fait pas de conduite à vue. Il planifie à moyen et long termes. Forces Citoyennes a été choisi pour que nous fassions un long chemin ensemble. C'est un petit parti qui deviendra grand, j'en suis certain. On va bien le voir lors des élections communales de 2009 où il y aura plus d'alliances. Pour le moment, on a offert à Abderrahim Lahjouji la meilleure circonscription de Casablanca (Anfa, NDLR).

Mais il y aura moins de chance face à d'autres candidats dont d'actuels ministres. Qu'en dites-vous ?
Il y a le PJD derrière. C'est plus facile de se porter candidat contre le gouvernement tout entier que le faire contre un citoyen normal. Le bilan du gouvernement est chaotique. D'ailleurs, cela m'étonnerait que des ministres candidats puissent assumer le bilan de l'ensemble de l'actuelle équipe. Chacun dira "Je ferai" et non "J'ai fait".

Sinon que pensez-vous de certains propos flatteurs de membres de ce gouvernement comme Adil Douiri qui vient de louer votre vision du tourisme ?
Adil Douiri est sincère. Ses propos ne sont que vérité rendue parce que nos députés travaillent avec des experts avant d'aller en commission parlementaire. Ils ont montré beaucoup de sérieux en traitant des aspects du tourisme.

Quand on évoque le PJD, il y a le mot "interdictions" qui vient à l'esprit. Qu'est-ce que vous prévoyez d'interdire en cas d'un gouvernement dirigé par vous ?
On essayera d'interdire la corruption. Quand on accepte l'ouverture et la mondialisation, il faut tout prendre. Mais il faut aussi agir sur la fierté du Marocain, son identité et sa civilisation. Il faut lui laisser le libre choix d'assumer. D'ailleurs, si on vote PJD, c'est qu'on l'attend au tournant sur le volet socio-économique : de l'emploi notamment et il faut en offrir, voilà le grand défi. Nous sommes conscients que le défi est économique.

L'un des partis étrangers qui vous est le plus proche, le PJD turc, est à l'origine d'une grande polémique autour du pouvoir. Qu'en pensez-vous ?
Les dirigeants du PJD turc ne sont pas à l'origine de cette polémique. Ils jouent tout simplement la démocratie totale, mais c'est dommage pour eux. Ils ont en face d'eux des militaires qui tiennent à leur statut de gardiens du temple au lieu d'être à la caserne tout court.
Nous au Maroc, nous n'avons pas ce problème, Dieu merci. Nous travaillons dans le cadre d'une monarchie ouverte sur toutes les composantes de la société.

ALM

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