Politique

Le parti religieux marocain
les élections, la participation au gouvernement et le Sahara
Selon Saâddine Othmani, SG du PJD, Parti de la Justice et du Développement

Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) est une organisation politique qui est, depuis les dernières élections, sous la loupe des observateurs politiques. L'intérêt porté à ce parti est encore plus important étant donné qu'il est le principal parti d'opposition (pour ne pas dire le seul). L'approche des élections de 2007 pousse à poser des questions sur son éventuelle participation au gouvernement. Ce qu'il propose s'il arrive au pouvoir ? Comment il compte aller aux élections ? Restreindra-t-il sa participation ? Quelles sont ses alliances, ses positions... ? Toutes ces questions, qui de mieux indiqué que Saâddine Othmani, le Secrétaire Général du PJD, pour y répondre ? Entretien exclusif.

Quelle appréciation faites-vous de la situation politique actuelle ?
LE Parlement vient d'adopter le projet de loi sur les partis politiques. Il est attendu que cette loi ait un effet sur la scène politique et sur le paysage partisan en particulier. On doit donc patienter quelques mois pour voir quels changements elle apportera. Surtout que les différents partis examinent le moyen de se conformer aux dispositions de la nouvelle loi. La plupart d'entre eux sont occupés par ce chantier parce qu'ils ne peuvent pas attendre la veille des élections pour tenir un congrès extraordinaire, changer les statuts... C'est donc une préoccupation à laquelle se consacrent les partis et nous estimons que la nouvelle loi aura un impact positif. Nous devons rompre avec les comportements qui caractérisent la scène politique actuelle. La confiance des citoyens dans les organisations politiques dépend du sérieux des partis, leur intégrité, leur droiture, leur attachement à la démocratie interne, la transparence dans la prise de décision et la transparence dans la gestion des finances des partis politiques. Quand le citoyen constate l'absence de ces caractéristiques, il fuit la politique. Les partis doivent regagner la confiance des citoyens. C'est de cette confiance que dépendra l'adhésion d'une grande partie des citoyens à l'action politique et leur participation donc à bâtir l'avenir de leur pays.

Cela est-il possible dans le cadre du paysage politique marocain qui est tellement balkanisé ?
Je ne crois pas que cette balkanisation en elle-même est négative. Car tout groupe doit avoir la liberté de s'exprimer politiquement, de constituer un parti politique. C'est pourquoi le PJD a toujours été contre la complication des conditions de création des partis.

Mais trouvez-vous normal que des individus qui n'ont aucune base créent des partis ?
Je crois qu'une loi sur les partis et l'imposition d'un seuil de représentativité pour les institutions élues sont une garantie pour éviter la balkanisation qui porte atteinte à l'action politique au sein des institutions élues. En dehors de ces institutions, je crois qu'il faut maintenir le principe de la liberté de création de partis. La nouvelle loi prévoit certaines mesures qui compliquent quelque peu leur création. Par exemple, la loi exige 200 fondateurs lors de la création. Certes, il y a des partis politiques qui ne se distinguent pas politiquement en proposant une vision politique qui les différencie des autres et certains partis se ressemblent par leurs programmes et leurs visions. Mais il y a aussi des sensibilités politiques qui doivent s'exprimer politiquement même si elles sont minoritaires. S'il y a une minorité qui a une vision politique qui la distingue et qui désire s'exprimer dans le cadre d'un parti, c'est son droit.

Il y a une quarantaine de partis politiques mais dont le nombre ne correspond pas au dynamisme politique qui reste insignifiant ?
Le dynamisme politique est un rôle que doivent jouer tous les acteurs politiques qu'ils soient partis, pouvoirs publics, média,... Je constate qu'au Maroc, il y a un dynamisme politique qui le distingue de la plupart des pays de la région. Mais cela reste insuffisant.

Le PJD applique-t-il toujours ce qu'il appelle l'opposition constructive ?
Nous appliquons toujours cette opposition. C'est aux média d'en évaluer l'ampleur. L'opposition constructive signifie que nous nous opposons à la politique du gouvernement pour des raisons que nous avons expliquées au lendemain de sa constitution. Cependant, lorsqu'il y a des initiatives louables nous adoptons des positions positives. C'est ce qui explique que plusieurs projets de lois ont été adoptés au parlement à l'unanimité. Néanmoins, il y a de grandes défaillances dans l'action gouvernementale que nous critiquons continuellement.

Que préparez-vous pour les prochaines élections ?
Nous estimons que les principaux préparatifs pour les prochaines élections doivent être essentiellement d'ordre politique. Nous préparons un mémorandum qui traite de trois axes : les préparatifs politiques, juridiques et organisationnels pour les prochaines élections. Nous avons fait une série de propositions mais que nous n'avons pas encore finalisées. Nous voulons que les prochaines consultations soient une avancée certaine dans l'histoire du Maroc en remédiant aux failles qui ont touché les précédentes élections. Car, lors des élections de 2002, il y avait de l'hésitation dans certaines mesures relatives aux élections. Aujourd'hui, il faut un traitement courageux et audacieux de la question.

Que faites-vous pour avoir un large soutien lors des prochaines élections. Avez-vous pris contact avec votre base et vos sympathisants ?
Notre programme de communication avec les citoyens se poursuit et n'a jamais été arrêté. Un parti politique ne peut pas exister s'il n'a pas une stratégie de communication pour expliquer aux citoyens ses positions. Chaque mois, je dois programmer une visite à une région du pays et donc à plusieurs villes de cette région. L'objectif est d'avoir des rencontres de communication directe que nous préférons aux meetings. Lors de ces rencontres, les citoyens posent leurs questions et font leur critique du parti et du paysage politique. Nous répondons à leurs interrogations dans le cadre d'un débat constructif. L'essentiel c'est d'expliquer les positions du PJD concernant l'ensemble des questions qui se posent et d'avoir les appréciations des gens et ce qu'ils pensent de notre parti pour pouvoir nous améliorer sur le plan politique, organisationnel, sur le terrain... Conformément aux préoccupations exprimées par les citoyens.

A combien estimez-vous le nombre des adhérents du parti et de ses sympathisants. Leur nombre augmente-t-il ou diminue-t-il ?
Le nombre des adhérents est en augmentation. En ce qui concerne les sympathisants, je crois que leur nombre a également augmenté. Mais il n'y a pas jusqu'à présent d'études précises pour connaître exactement leur nombre. Je pense qu'ils sont en augmentation. En fait le PJD ne mise pas sur le nombre d'adhérents. Le rayonnement, l'encadrement importent plus. Car nous ne sommes pas le parti d'une classe, nous sommes ouverts sur le plan de l'action politique. C'est dans ce contexte que plusieurs citoyens sympathisent avec le PJD et travaillent avec lui activement sans être des adhérents. Donc nous ne misons pas sur l'amplification du nombre des adhérents sinon, le principal souci serait de livrer des cartes d'adhésion, comme cela arrive dans certains partis. Concernant le nombre d'adhérents, nous n'avons pas des statistiques exactes. Disons que nous en avons quelques milliers.

Allez-vous restreindre le taux de votre participation lors des prochaines élections comme cela a été fait en 2002 ?
Jusqu'à présent nous n'avons pas encore pris une décision définitive sur la question. Cependant, la tendance générale au sein du parti estime qu'il n'y a plus aucune raison pour restreindre notre participation. Nous allons attendre l'adoption du code électoral pour prendre en considération certaines données importantes, notamment le mode de scrutin. Nous appelons au maintien du mode de scrutin de 2002, celui de liste. Le Maroc a adopté le mode de scrutin uninominal pendant 40 ans. Nous estimons que ce mode n'a pas donné satisfaction : les élections ont été falsifiées, il y avait l'interventionnisme de l'administration, l'utilisation de l'argent... Il n'est pas normal, après l'avoir essayé une seule fois d'écarter le scrutin de liste. Logiquement on doit le maintenir parce que les raisons qui ont poussé au changement de l'ancien mode de scrutin sont encore là. S'il y a des lacunes dans le système électoral adopté en 2002, il faut en parler en lançant un débat national pour le perfectionner. Il me semble que la principale lacune reste le seuil de représentativité qui était la cause, lors des dernières élections législatives, de l'arrivée d'un grand nombre de partis au parlement. On s'est alors trouvé avec une carte politique balkanisée et une majorité gouvernementale comptant 7 partis... Nous pensons que la carte politique parlementaire doit être réduite à un minimum de partis : sept à neuf. Dans ce cas, le gouvernement serait composé de deux ou trois partis au maximum. Le gouvernement sera alors responsable de ses actions et aura un minimum d'harmonie et de coordination entre ses composantes. C'est pourquoi nous appelons à relever le seuil de représentativité - qui doit être un seuil national - à 5 %.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé en 2002 à restreindre le taux de votre participation et qui n'ont plus lieu d'exister aujourd'hui ?
Toutes les raisons ont disparu. En 2002, le PJD était un nouveau venu au parlement et venait de connaître des transformations internes. Nous avions décidé que nous devions d'abord essayer la gestion communale. Nous avons également estimé qu'il ne fallait pas envoyer de messages aux détracteurs du Maroc à l'étranger qui essayaient de jeter le doute sur le pays à travers le PJD. Nous avions pris cette courageuse décision. Nous voulons que le Maroc soit un pays ouvert aux investissements, au tourisme... et sur tous les plans. Une telle ouverture nécessite de gagner la confiance des voisins du Maroc. Avant 2002, il y avait des écrits quotidiens dans les média occidentaux et même nationaux qui titraient sur « le ras de marée du PJD »... Nous avions compris que certaines forces voulaient semer la zizanie... Nous avions alors pris la décision de restreindre le taux de participation pour mettre fin à ce début d'inquiétude. Je pense que nous avons dépassé ce stade puisque les positions du PJD sont claires et qu'il est toléré par les différents acteurs à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Et ce, grâce à un travail diplomatique actif sur lequel nous misons toujours pour expliquer les véritables positions du parti, son appréhension des choses, sa place sur la scène politique et ce qu'il propose pour l'avenir du Maroc... Nous avons eu des discussions avec les partis politiques amis à l'étranger : en Espagne, en Belgique, en Italie... Nous préparons une visite en France et aux USA pour le même objectif. Nous avons eu aussi des rencontres avec le circuit diplomatique présent au Maroc. Il semble que la vision qui a été diffusée par certains sur le PJD avant 2002 n'a plus lieu aujourd'hui.

S'agissant des prochaines consultations électorales, comptez-vous y aller seul ou en partenariat avec d'autres partis ?
Nous n'avons pas encore pris de décisions à ce sujet. Il faut, là aussi, attendre de voir le code électoral, le mode de scrutin et d'autres dispositions juridiques liées aux élections. Par ailleurs, nous nous réjouissons du protocole de partenariat qui nous lie avec le parti Forces Citoyennes de Abderahim Lahjouji. Nous prévoyons un programme de coopération fort. Les élections feront partie de cette vision générale de coopération dont les détails doivent être discutés.

Qu'en est-il de vos relations avec le Rassemblement National des Indépendants qui était présent aux travaux de votre dernier conseil national ?
Il y avait eu des contacts avec les responsables du RNI. Pour ma part, j'ai personnellement rendu visite à Ahmed Osman. Mais il s'agissait surtout de concertations à propos de certaines préoccupations d'ordre politique. Jusqu'à présent il n'y a rien de palpable, ni de rapprochement... Par ailleurs, nous sommes en contact avec la plupart des partis politiques. C'est à la fin du chantier lancé par les partis pour se conformer à la nouvelle loi les concernant qu'une nouvelle dynamique de rapprochement entre les différents partis politiques sera lancée. Cette dynamique aboutira sûrement à l'émergence de nouveaux pôles en perspective des prochaines consultations électorales.

Pourquoi tenez-vous au scrutin de liste comme mode électoral ?
Parce que nous estimons que c'est ce système électoral qui contrecarre l'utilisation de l'argent lors des élections. La grande problématique consiste dans l'utilisation de l'argent sale. Dans le mode de scrutin de liste, la base électorale est grande alors qu'elle est réduite dans le mode uninominal. Ce qui encourage l'utilisation de l'argent. Si les acteurs politiques veulent encourager cela, le plus court chemin serait l'adoption du mode électoral uninominal. En plus, nous sommes dans un contexte où nous devrions tendre à donner plus d'importance aux programmes qu'aux individus. Ce que favorise le scrutin de liste.

Comment prenez-vous la décision de la représentativité des Marocains résident à l'étranger aux prochaines élections ?
C'est un droit qu'ils ont récupéré en tant qu'électeurs et candidats. Je pense que cela les poussera à s'intéresser davantage à la chose publique marocaine. Surtout qu'il s'agit d'une grande tranche de citoyens représentant à peu près 10% des Marocains.

Allez-vous présenter des candidats dans les circonscriptions électorales qui seront établies à l'étranger ?
Bien sûr, nous allons présenter des candidats comme les autres partis politiques.

Est-il vrai que vous avez été approché par les pouvoirs publics pour réfléchir aux préparatifs des élections 2007, comme cela a été fait à la veille des élections de 2002 ?
Non, ce n'est absolument pas vrai.

Une question que se posent de nombreux Marocains, c'est qu'allez-vous proposer si vous arrivez au pouvoir et quelles seraient vos priorités ?
Les priorités tracées par le PJD sont claires et nous les avons toujours explicitées. Le Maroc a des potentialités humaines et naturelles très importantes. Mais pour bien bâtir le Maroc de demain, il faut entamer des réformes structurelles. Il faut d'abord moraliser l'administration publique par la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la dépravation dans l'administration et dans les finances publiques, la lutte contre le clientélisme, l'abus de pouvoir, les détournements de fonds... Ceci demande des programmes pour la simplification des procédures, la transparence à tous les niveaux des actions administratives (marchés publics, emploi...). Malheureusement l'actuel gouvernement n'est pas arrivé à mettre en application ces réformes. Alors que le Maroc n'a plus de temps, ni d'argent à perdre en ce moment dans la dilapidation de l'argent public et les détournements... L'autre pilier de décollage est celui de la réforme de la justice. Il ne peut pas y avoir de développement ni de décollage économique en l'absence d'une justice indépendante, intègre, rapide qui donne vite leur droit aux justiciables. Le troisième chantier de réforme concerne l'enseignement. Le PJD n'a pas cessé de tirer la sonnette d'alarme à ce propos. Nous avons dit que notre enseignement souffrait sur les plans de la qualité, de l'efficacité,... Ce sont là les grands chantiers sur lesquels il faut se concentrer et ce sont les priorités du PJD qu'il soit dans l'opposition ou dans le gouvernement.

Avez-vous assez d'expérience pour mettre en application ces projets ?
Nous ne prétendons pas que le PJD a des solutions pour tous ces problèmes. Mais nous pouvons participer sérieusement à y trouver des solutions. Nous avons une expérience dans le cadre de la gestion des communes, non seulement en ayant la présidence de certaines communes mais en tant que partie prenante à côté d'autres entités. Les observateurs reconnaissent que nous donnons l'exemple de la gestion transparente et d'une nouvelle gestion. Nous avons assez de cadres et de compétences, ce qui nous permet de dire notre mot aux côtés des autres acteurs politiques.

Justement, avez-vous assez de cadres pour gouverner le pays ?
Bien sûr que nous avons des cadres, sinon le PJD ne serait pas un parti politique qui représente la troisième force au sein du parlement.

Quelles solutions proposez-vous pour régler le dossier du Sahara ?
Il faut d'abord commencer en changeant l'approche sécuritaire par une approche qui vise le développement et le respect des droits de l'Homme. Bien sûr, dans le respect de l'ordre public. Nous estimons aussi que ce dossier doit faire partie d'une approche globale qui prend en considération le Maroc dans son ensemble. Nous avons appelé dans ce sens au principe d'une régionalisation élargie. Il faut commencer par un nouveau découpage des régions sur la base de critères objectifs. Ces régions devraient être dirigées par des personnalités politiques ayant un pouvoir constitutionnel, être dotées d'un parlement et d'un gouvernement régional. Il faut aussi déterminer les attributions des gouvernements régionaux et du gouvernement central... Le Sahara ferait partie de ce dynamisme et il n'y aurait pas d'embarras s'il devait, constitutionnellement, avoir un statut particulier et des attributions supplémentaires en raison de sa spécificité.

Ce sera le sujet du colloque international que vous préparez ?
Le colloque permettra d'exposer les expériences de régionalisation de certains pays pour s'en inspirer. Il s'agit, entre autres, de l'expérience allemande, espagnole, belge, canadienne... Ces expériences seront discutées avec des experts marocains et les dirigeants du parti. Ceci nous permettra de développer nos idées sur le sujet.

Un commentaire sur le rapport de l'IER ?
C'est une initiative très louable dans le cheminement du Maroc contemporain qui s'ajoute aux autres expériences humaines similaires sur le plan international. Nous appelons tout le monde à la voir d'un oeil positif comme une voie qui donne de l'espoir.

Le rapport de 50 ans de développement humain au Maroc ?
C'est un document très important, mais nous n'avons pas encore terminé son étude parce qu'il nécessite plus de temps pour un examen en profondeur. Nous prévoyons plusieurs ateliers pour l'étudier. Ils se tiendront prochainement.

Les rêves prémonitoires d'Al Adl Wal Ihsane ?
C'est une affaire interne.

L'association Attawhid Wal Islah à laquelle vous appartenez a eu une réunion avec Al Adl Wal Ihsane pour discuter de cela puis, juste après, elle a publié le contenu des conseils qu'elle a adressés aux adeptes d'Abdessalam Yassine. Pourquoi ?

Je crois que cela fait partie de la liberté d'expression qui est garantie par la loi. C'est une simple opinion qui a été exprimée à travers la presse sur le comportement d'un autre acteur de la société civile ou un autre acteur politique. Il n'y a pas d'embarras à discuter de simples idées et opinions à cour ouvert.
L'amazighe Ahmed Dgharni a déclaré que l'Islam connaîtra son déclin au Maroc. Quel est votre avis ?
Je pense le contraire. Les Marocains sont des musulmans qui tiennent à leur Islam.

Que pensez-vous de la création d'un nouveau parti par un ex-dirigeant du PJD, Mohamed Khalidi ?
Nous pensons que chaque individu a le droit d'adhérer à un parti comme il a le droit de mettre fin à son appartenance partisane. Ce qu'a fait Khalidi n'est pas un fait nouveau dans la pratique partisane marocaine et même sur le plan mondial. Cela fait partie des libertés.

source: Brahim Mokhliss , Le Reporter, 26 janvier 2006 

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