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L'Europe nationalise et le Maroc privatise



Au moment où les pays industrialisés nationalisent les entreprises privées en difficultés suite à la crise financière internationale, le gouvernement marocain vient de lancer la plus importante vague d'entreprises  publiques à céder aux renards du secteur privé.

Depuis le lancement du programme de privatisation en 1993, des dizaines de sociétés publiques marocaines ont été bradées, dans des conditions peu transparentes, aux opérateurs privés principalement des étrangers. C'était la mode des privatisations imposées par la religion néolibérale sous l'égide du FMI et de la Banque Mondiale.

Nous connaissons aujourd'hui l'ampleur des dégâts et des ravages du néolibéralisme surtout dans les pays en développement caractérisés par l'absence de démocratie politique et économique.

Il faudrait souligner que les privatisations ne constituent pas nécessairement une mauvaise affaire pour l'économie d'un pays. Elles peuvent, sous certaines conditions, contribuer à plus d'efficacité et de croissance économique.

Toutefois, privatiser une entreprise publique, c'est vendre une propriété, un service ou un patrimoine de l'Etat, donc du peuple, à un opérateur privé, un capitaliste.  Il faudrait donc disposer de la capacité de sélectionner l'acquéreur potentiel et s'assurer que les retombées de cette vente soient importantes pour l'ensemble de la population.

Autrement dit, il faudrait garantir que les résultats d'une privatisation soient plus importants pour la collectivité que la gestion publique. Ce qui est impossible pour la simple raison que la privatisation ne peut répondre à deux logiques contradictoires: la logique du capitaliste est de maximiser ses profits à court terme et la logique d'un service public qui consiste à offrir  à tous les citoyens l'accès à des biens ou services pour répondre au bien être collectif.

Privatisation: une recette des pays démocratiques
La privatisation est une opération qui ne peut s'appliquer efficacement que dans les pays développés démocratiques. Car, dans ces pays, la société civile est tellement puissante qu'elle ne tolérerait pas une privatisation qui nuirait à son bien être.
Les gouvernements de ces pays encadrent les opérations de privatisations avec un arsenal de règles juridiques et surveillent de très près le comportement de l'acquéreur (qualité du service, du produit et le niveau des prix).

D'autre part, les privatisations dans les pays développés ne créent pas de vide dans le tissu économique et social. Les gouvernements veuillent à offrir l'accès aux biens et services à l'ensemble de citoyens tout en garantissant le respect des règles de concurrence au sein des marchés.

Par ailleurs, si on examine de près les pays européens, on constate que les plus grosses entreprises et les plus gros employeurs sont des entreprises publiques: Télécoms, Poste, Chemin de fer, Construction navale, Aéronautique, transports…etc.

Par contre, les pays du tiers-Monde sont généralement des pays non démocratiques, les régimes qui les gouvernent sont fragiles et vulnérables. La liberté d'expression et le respect des Droits de l'Homme sont soit inexistants soit embryonnaires.  Aucun contrôle social, aucune transparence  dans la gestion des affaires publiques. Quelques familles ou clans détiennent le pouvoir politique et monopolisent également le pouvoir économique.

Dans ces pays, les privatisations se résument à des opérations de cessions et concessions des services et entreprises publiques par une poignée de décideurs à des groupes privés et à des lobbies.

Le plus grave est que les gouvernements des pays du Tiers-Monde, ne privatisent pas les entreprises peu performantes ou les secteurs qui nécessitent, pour leur exploitation, des investissements importants. Les privatisations portent généralement sur les entreprises publiques les plus performantes, les plus rentables et vitales pour leur développement économique et social du pays.

En fait, les privatisations dans les pays en développement constituent un moyen pour la classe dominante de mettre la main sur les richesses du pays.  Ceux qui décident de privatiser les sociétés publiques se retrouvent généralement associés directement ou indirectement, via des sociétés écran, dans le capital des entreprises privatisées.

Ainsi, toute privatisation dans un pays du Tiers Monde, y compris au Maroc, est une perte sèche pour la société entière de ces pays. C'est le transfert d'un profit de la collectivité à un groupe privé en collusion avec un groupe étranger.

Il y a une différence de taille entre moderniser, ouvrir un secteur public à la concurrence du privé et brader tout un secteur public aux capitalistes étrangers avec la complicité et la participation des vautours nationaux.

Quel est le régime d'un pays du Tiers Monde qui pourrait, dans une opération de privatisation, imposer à une multinationale un cahier de charge à respecter ou s'opposer à ses pratiques après la privatisation ?

Dans le cas du Maroc, jusqu'à preuve du contraire, pour l'ensemble des entreprises ou services cédés, le privé ne fait pas mieux que l'Etat et on ne peut pas affirmer que l'Etat ne pouvait pas gérer, moderniser,  produire des biens et offrir des services à la collectivité avec efficacité et efficience.

Nouvelle vague de privatisation du gouvernement de Abbass
La nouvelle vague de privatisation présentée par le gouvernement de Abbass EL Fassi est considérée comme étant la plus importante opération de privatisation depuis 1990. Elle porte sur les sociétés suivantes :


Holding d'Aménagement Al Omrane
Grande entreprise nationale chargée de la mise en oeuvre de la politique de l'Etat dans le secteur de l'habitat, le groupe Al Omran est considérée comme étant le pilier du développement urbain. Il a réalisé la majorité de travaux d'infrastructure des grands projets immobiliers au Maroc comme l'aménagement de la nouvelle ville de Tamesna à 14 km de Rabat. C'est une société dynamique, performante et est  en pleine expansion.
















Le groupe Al Omran est le résultat des fusions de l'ANHI (Agence Nationale de lutte contre l'Habitat Insalubre), la société ATTACHAROUK (Société d'aménagement, de construction et de promotion immobilière) et la SNEC (Société Nationale d'Équipement et de Construction) et des ERAC.

Le Maroc souffre d'un déficit aigu au niveau de l'immobilier résidentiel. Les besoins sont estimés à plus d'un million de logements.

Dès lors on ne comprend pas cette décision de privatiser une société nationale de cette taille et qui joue un rôle primordial dans l'habitat alors que le Maroc a besoin d'une société de cette envergure ?



2M: privée - nationalisée - à privatiser
La société  Soread, qui possède la chaîne francophone casablancaise: 2M. Rappelons que cette chaîne était créée à l'origine par un groupe privé franco-marocain. Elle commercialisait ses programmes à l'abonnement en imposant un décodeur de Canal+.  Avec l'explosion des chaînes satellitaires, les clients de cette chaîne, principalement des casablancais et des rbatis, ont rendu leur décodeur à son propriétaire et 2m s'est  retrouvée en faillite.

Par baguette magique, le gouvernement marionnette de l'époque de Basri  est venu au secours de l'élite francophone : 2M a été nationalisée et le contribuable marocain a payé la facture des dégâts de la gestion privée.

Maintenant, le gouvernement de Abbas veut la céder au privé. Bon vent à 2M. Qu'elle soit privatisée ou qu'elle disparaisse du paysage  audiovisuel, la majorité de marocains ne va pas la pleurer. Espérons qu'elle ne soit pas nationalisée une seconde fois dans deux ou quatre ans.


La compagnie aérienne historique : Royal Air Maroc (RAM)
Incroyable mais vrai ! Personne n'aurait imaginé que  la RAM serait  vendue aux enchères?
La RAM emploi 4600 travailleurs, dispose de 44 avions (et 22 en commande) et a transporté 4,2 millions de passagers.

C'est la compagnie la plus rentable du Maghreb. Elle a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires 11,63 milliards de dirhams (1,06 milliard d'euros), en croissance de 9,6% par rapport à 2006. Durant l'exercice 2007-2008, elle a réalisé un  chiffre d'affaires de 12 milliards de dirhams (1,5 milliard de  dollars), en hausse de 6%. Le bénéfice net pour l'exercice 2008, s'élevait 190 millions de  dirhams, soit le même niveau que celui de 2007.   Dans le cadre de son programme de modernisation de sa flotte, pour la porter à 43 appareils, la RAM a programmé des investissements à hauteur de  1,5 milliards US pour la période 2002-2012.

La RAM détient également 100% du capital de la compagnie low cost Atlas Bleue et contrôle Air Sénégal International à hauteur de 51% du capital. Elle possède également une chaîne d'hôtels de haut standing.

Pourquoi vendre la compagnie aérienne la plus rentable du Maghreb ?

Est-ce que les chiffres de rentabilité ne sont pas fiables et que la RAM traverse une crise financière profonde suite à la signature de l'accord de libéralisation du transport aérien avec l'UE, Opensky ?

Dans tous les cas, non seulement la situation économique internationale est caractérisée par une crise profonde qui n'est guère favorable aux opérations de privatisations, mais aussi les expériences de privatisations de compagnies européennes montrent que les compagnies aériennes qui ont été privatisées ont soit sombrée ou ont été marginalisées et leurs actifs liquidés par les prédateurs. L'histoire de la compagnie nationale belge, SABENA qui a été achetée par les suisses et immédiatement liquidée, est très significatif à ce sujet.

En cas de privatisation de la RAM, on pourrait s'attendre aux conséquences suivantes :
  1. Licenciement de 50% de son personnel au moins ;
  2. Liquidation de son patrimoine immobilier,
  3. Liquidation de ses ateliers de maintenance et de réparation des moteurs d'avions.
  4. Liquidation de ses moyens d'actions à savoir ses avions.
  5. Et the last but not the least le Maroc sera à la merci d'opérateurs étrangers : Maroc Telecom est française (Vivendi), l'eau et l'électricité sont distribuées par les sociétés françaises (Véolia) et les avions de la RAM seront probablement la propriété d'Air France…


Deux sociétés filiales de la RAM  sont également à vendre:
1.        La jeune compagnie aérienne low cost Atlas Bleue
Elle a été créée en 2004 pour accompagner la stratégie de 10 millions de touristes à l'horizon 2010.  

Atlas Blue est dotée d'une flotte de 9 avions et dessert 13 destinations.  Le problème de cette compagnie réside dans sa faible diversification. Sa politique est calquée sur celle de sa maison -mère (RAM) puisque sa principale destination est : France - Marrakech - Agadir. Ses tarifs sont légèrement plus bas que ceux de la RAM mais plus élevés que ceux des concurrents. Sans restructuration, elle ne peut pas faire face aux concurrents tels que : RyanAir et JetAir.

2.        Atlas hospitality Morocco
est une chaîne d'une douzaine d'hôtels d'une capacité d'accueil de 2920 lits (qui sera portée à plus de 4000 lits dans deux ans) implantés dans 12 villes à travers le Maroc. Ces hôtels sont de catégorie 5, 4 et 3 étoiles, mais les prix pratiqués sont aussi élevés que les tarifs de la RAM. 

Les hôtels de la RAM subiront certainement le même sort que celui des hôtels de la société Nationale des chemins de fer, vendus au groupe français Accor (Ibis).


N'importe quel prix, n'importe quel moment et à n'importe qui
Si on se réfère aux privatisation précédentes, on constate que plusieurs opérations concernant les entreprises les plus stratégiques de l'économie nationale marocaine ont été réalisées non pas parce que ces entreprises avaient besoin d'être privatisées mais pour combler un déficit budgétaire. On vend les bijoux de famille pour faire face aux dépenses courantes…

Selon le ministère des Finances, de 1993 à 2005, 44 sociétés et 26 hôtels ont été cédés au privé dégageant une recette globale de 77 milliards de dirhams (7 milliards d'euros environ),  qu'a-t on fait de tous ces milliards ?

Les privatisations des plus importantes entreprises publiques se sont passées dans des conditions qualifiées par les observateurs de manque de transparence. On avance même que certaines entreprises ont été bradées alors qu'elles étaient viables et performantes. Dans ce contexte, la presse marocaine a fait état d'un fait très révélateur : Un ancien ministre des Privatisations du gouvernement marocain précèdent (gouvernement de l'homme d'affaires Jettou) a eu, à la fin de son mandat de ministre, le poste de Directeur général de l'une des sociétés publiques dont il a organisé la privatisation: la société de raffinage la Samir….

Le manque de transparence touche également l'utilisation des recettes de ces privatisations qui sont partagées entre le Budget de l'Etat et le fameux Fonds Hassan II qui échappe totalement au contrôle démocratique de parlement.

Au niveau économique, on constate que les privatisations n'ont pas conduit à une situation de concurrence permettant d'offrir au consommateur un meilleur rapport qualité/prix.

Bien au contraire, le monopole privé s'est  substitué au monopole public. Au meilleur des cas, on a des situations de duopoles caractérisés par une entente tacite sur la nature des produits et le niveau des prix. Dans tous les cas, les prix ont explosé, la qualité laisse à désirer (la SAMIR,  Maroc telcom, Meditel, Amendis, Redal,…).

Si on considère, à titre d'exemple, la privatisation de la société de raffinage, la SAMIR, on constate que le carburant distribué au Maroc est de très mauvaise qualité : fort polluant et très nocif pour la santé de la population et pour la durée de vie des moteurs des véhicules. Jouissant de sa position de monopole privé, la SAMIR impose des prix supérieurs aux prix des carburants, de qualité supérieure en vigueur en Europe tout en persistant à chanter que le carburant est subventionné par l'Etat. (le prix du gasoil est de 11 DH/litre contre 9 DH/litre en Europe).

Ainsi, au lieu de renforcer la capacité des entreprises nationales en les modernisant et en les restructurant pour en faire un levier pour l'économie, on brade  les fleurons de l'économie marocaines en les cédant les uns après les autres aux groupes privés (nationaux et étrangers) préoccupés avant tout par la maximisation et le rapatriement des profits à court terme.

Il reste quelques entreprises publiques viables comme Al Barid baptisée " la poste ", mais avec un tel rythme effréné de liquidations des entreprises publiques, les générations futures se retrouveront dans un Maroc propriété privée de groupes français, espagnols et une poignée de féodaux marocains.

On se demande s'il n y a pas une volonté de liquider le patrimoine des Marocains à n'importe quel prix et à n'importe qui et n'importe quand ?

Ils vendent Al Omran, alors que les bidonvilles continuent à ceinturer les villes, la pauvreté s'est aggravée  et touche 8 millions de personnes, les disparités sociales se sont accentuées et nous continuons à dépendre de dons et de l'aide financière internationale pour financer certains segments  sociaux et l'infrastructure.

Sur base de données publiques disponibles, la privatisation du groupe Al Omran et de la RAM ne sont pas justifiées ni économiquement ni socialement.

C'est aussi une grave erreur de lancer la plus importante vague de privatisation dans un contexte mondiale caractérisé par la crise financière internationale, l'instabilité économique et l'absence de visibilité au niveau de la croissance économique pour les prochaines années. Sauf si on voudrait exploiter et instrumentaliser la crise pour faire des cadeaux à des lobbies  qui possèdent déjà une part considérable des richesses du Maroc.

Comme on le constate, le lancement de ces privatisations soulève davantage de questions qu'ils ne donnent de réponses.
Mais au Maroc, les décideurs décident d'acheter le TGV et de vendre la RAM. Les générations futures utiliseront, comme la génération actuelle, les ânes et les chameaux pour leurs déplacements.
Hatimi







Depuis la mise en oeuvre du programme en 1993, des dizaines de sociétés et  des hôtels ont été totalement ou partiellement cédés à des acheteurs principalement des étrangers : Universal, Holderbank, Dragofina, Courtaulds, Lesaffre ,FRAM, ,Shell Petroleum International ,Mobil Corporation, Total Outre -Mer, , Corral Petroleum, Arig , Martial Ucin, Samba Finance , Morgan Stanley, Morgan Grenfell, Quantum, Emerging Growth Fund , Banque Pictet, Framlington Maghreb Fund…

Voici une liste partielle des entreprises bradées :
1.Maroc Telecom  vendue au groupe français Vivendi Universal : 23 milliards de DH pour la cession de 35 % du capital de Maroc Telecom
2.        Deuxième licence GSM au consortium piloté par Telefonica (Meditelecom) pour 11 milliards de DH
3.        Le groupe franco-espagnol  Altadis fait un tabac en achetant la Régie des Tabacs  pour 14,6 milliards de DH.
4.        Somaca (Montage automobile)
5.        la distribution de l'électricité
6.        La distribution de l'eau
7.        La COSUMAR  (monopole de sucre)
8.        FERTIMA : Distributeur d'engrais.
9.        SONASID : Laminoir et distributeur de produits sidérurgiques.
10.        CNIA : Assurances.
11.        SAMIR et SCP : Raffineries de pétrole.
12.        SMI, CTT, FPZ, SAMINE et SOMIFER : Mines d'argent, cobalt,
13.        plomb, fluorine, et cuivre.
14.        SOFAC/Crédit et Crédit EQDOM : Crédit à la consommation.
15.        SNI : Holding financier.
16.        SHELL, MOBIL, TOTAL, PETROM, CMH, DRAGON, Gaz Somas :
17.        Distribution de produits pétroliers.
18.        BMCE : Banque.
19.        SNEP : Producteur de chlore, de soude et de PVC.
20.        CTM-LN : Transport par autocar.
21.        CIOR : Cimenterie.
22.        L'assainissement liquide,
23.        Les autoroutes.
24.        Transport urbain dans certaines villes du Maroc
25.        La gestion des parkings (horodateurs)  dans plusieurs villes du Maroc
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