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USFP: Mohamed Elyazghi sommé de démissionner, il décidera...

Une réunion assez orageuse que celle qu'a tenue, samedi et à titre extraordinaire, le bureau politique de l'USFP. Mohamed Elyazghi, quand il est venu présider cette réunion, qui a démarré à 16 heures, ne se doutait pas que les siens, en majorité, avaient décidé de demander son éviction du poste de premier secrétaire ainsi que celle de son adjoint, Abdelouahed Radi. Selon des membres, qui ont assisté à ladite réunion, c'est Taïeb Mounchid qui ouvre les hostilités avec un exposé sur le déroulement des dernières élections et des concertations pour la constitution du gouvernement et qui impute la responsabilité au premier secrétaire pour avoir "monopolisé" la prise de décision.

Mohamed Guessouss, longtemps absent des réunions du BP de l'USFP pour maladie, prend la parole et verse dans le même sens. Unanimes, les membres de la hiérarchie socialiste demandent la démission de Mohamed Elyazghi et Abdelouahed Radi. Pour eux, y compris l'ex-garde rapprochée du chef de file de l'USFP et les fidèles du PSD, c'est une manière de donner un signal fort pour le changement au sein d'un parti qui traverse une zone de sérieuses turbulences depuis le septième congrès.

"Nous avons demandé à ce que ce départ des deux premiers responsables se fasse de manière sereine sous forme d'une démission", confirme un membre du BP qui a requis l'anonymat. Mohamed Elyazghi ne veut rien entendre et entre dans un vif échange avec les membres de la direction. Pour sa défense, il évoque des "règlements de comptes" et demande à en référer au Conseil national, le législatif du parti. La réunion, dans un climat surchauffé, est suspendue à la demande de Abdelouahed Radi. Le titulaire du portefeuille de la Justice en a profité pour un aparté avec M. Elyazghi espérant amener ce dernier à se soumettre à la volonté des siens.

Il va même jusqu'à lui proposer de démissionner ensemble. La réunion reprend pour ne se terminer que passées les 22 heures. Le premier secrétaire campe sur sa position et finit par céder en demandant aux siens de lui laisser un délai pour se décider. "Nous avons accepté de laisser au premier secrétaire un délai qui court jusqu'au mardi prochain pour prendre une décision, mais nous ne voyons pas d'autre alternative", confirme un membre du BP qui ajoute que Abdelouahed Radi aurait accepté de démissionner.

La décision finale, explique la même source, sera connue lors de la prochaine réunion ordinaire de la direction socialiste, mardi, et prendrait la forme d'un communiqué commun des deux premiers responsables annonçant leur retrait. Car, selon plusieurs sources, c'est cette réunion qui sera dédiée à une redistribution des tâches au sein du BP comme le permet le règlement intérieur pour gérer une phase transitoire avant la tenue d'un congrès national. Avec quel scénario ? Selon des sources au sein du BP, il est d'abord question d'une direction collégiale qui laisserait de côté, pour le moment, les postes de premier secrétaire et de premier secrétaire adjoint. A la place, les décisions seraient prises de manière collégiale avec la désignation d'un coordinateur. Reste une autre question relative au congrès national et qui divise encore les membres de la hiérarchie socialiste : congrès extraordinaire ou congrès ordinaire. "A mon avis, une situation exceptionnelle appelle un congrès extraordinaire", explique Abderrafii Jawahiri, membre du BP. Son avis n'est pas partagé par d'autres membres de la direction socialiste qui estime qu'il fallait attendre le huitième congrès national surtout que ce dernier devrait avoir lieu le printemps 2008 comme convenu lors du précédent rendez-vous.

Contacté par "Le Matin" pour connaître sa version des faits, Mohamed Elyazghi a raccroché au moment où il a pris connaissance de l'identité de son interlocuteur.
Selon des sources socialistes, l'éviction de Mohamed Elyazghi et de son adjoint se préparait "en douce" depuis plusieurs semaines. Un déplacement à l'étranger du premier aurait facilité les choses à ses détracteurs qui auraient enfin pu convaincre les quelques rares récalcitrants et dont les membres du BP issus de l'ex-PSD (Parti socialiste démocrate). Le même samedi, juste avant la réunion du BP, le premier secrétaire de l'USFP a subi les foudres de la section féminine de son parti pour la manière, jugée "inéquitable et unilatérale" dont il avait géré les candidatures de la liste nationale .
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Le BP anticipe
La commission d'évaluation des dernières élections législatives n'a toujours pas bouclé son rapport qui devait l'être fin novembre comme prévu initialement.

Selon des membres de cette commission, la première mouture de ce rapport est accablante pour la direction de l'USFP, accusée d'avoir mal négocié le tournant de l'avant et de l'après-7 septembre. "Finalement, c'est un rapport qui devient sans grande importance du moment que le bureau politique est passé à l'acte aussi bien pour l'évaluation que pour la décision qui s'imposait", commente un membre de cette commission d'évaluation dont le travail est coordonné par Abdelkader Bayna

Réformer l'USFP : Appel de Bruxelles

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