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RME :
le Maroc fait figure de modèle de développement réussi

Aujourd'hui, tous les observateurs sont unanimes pour souligner le caractère substantiel de l'apport des Tunisiens non résidents à l'économie nationale. Certes, les chiffres connus sont éloquents car ils témoignent d'une vitalité et d'un poids économique certains. Citons à cet effet, ces deux chiffres : 850 millions d'euros en transfert d'argent pour l'année 2005 et 8846 créations d'entreprises à l'initiative des TRE* (Tunisiens résidents à l'étranger). Néanmoins, l'arbre ne doit pas cacher la forêt; ces résultats quoique non négligeables ne doivent pas occulter la passivité de nos entreprises face à un marché potentiel considérable. Pas très loin de nous, l'exemple du Maroc fait figure de modèle de développement réussi, intégrant parfaitement les apports et aspirations de sa communauté non résidente (les " MRE ").

Dans ce pays, les grandes entreprises (avec les banques en tête) ont parfaitement su intégrer les enjeux et la " manne" financière que représentent les " MRE " (Marocains résidents à l'étranger). Sous l'impulsion de la fondation officielle "Hassan II ", les entreprises ont dessiné, au fil des années, une stratégie ambitieuse et dédié des moyens lourds à la conquête de ces clients délocalisés, n'hésitant pas à investir dans des réseaux de distribution en Europe. Citons à titre d'exemple, l'Attijariwafa bank (première banque au Maroc) qui a mis en place un réseau de 16 agences en Europe ou encore Maroc Telecom qui vient de lancer en collaboration avec SFR, un opérateur téléphonique en France ciblant les Maghrébins (" Mobisud "). Et manifestement, cette stratégie de conquête a payé.

On estime à plus de 4 milliards d'euros/an l'apport des " MRE" à l'économie nationale marocaine. Belle performance si l'on ajoute que ce chiffre a été multiplié par 2 en 10 ans ! Alors, " Oui ! dans ce domaine, la Tunisie est très en retard ". " Au niveau maghrébin, nous sommes exclusivement consultés par des acteurs marocains : banques, promoteurs immobiliers, opérateurs télécoms, compagnies aériennes, institutionnels…qui veulent cibler efficacement la communauté de " MRE " basée en France et en Europe ". Cet expert ne s'explique pas la frilosité des acteurs tunisiens alors que la volonté politique en faveur des " TRE " est " très fortement favorable en Tunisie ". " L'initiative ne peut pas être 100% publique " ajoute-t-il, prenant pour exemple le Maroc où les opérateurs privés sont très entreprenants. Certes, les entreprises en Tunisie ont conscience des enjeux considérables que constituent les " TRE " mais elles restent très timides dans leur stratégie et dans les moyens déployés.

La plupart de ces entreprises se contente d'actions "one-shot " (distribution de dépliants au port de la Goulette, insertion de publicités dans le magazine de bord "Tunisair"…), au moment de la période estivale ou pendant le ramadan et ce, sans véritable suivi ni stratégie de pérennisation. Plus grave, les offres commercialisées correspondent peu aux besoins de cette population spécifique et trahissent des insuffisances dans la connaissance de la cible. C'est notamment le cas des offres bancaires.

Construire une stratégie " gagnante " Dans une récente étude menée par le consultant cité par ailleurs et l'agence Sopi (cf.ci-dessous), portant sur l'appréhension des besoins spécifiques des " TRE" installés en France, les enseignements sont sans équivoque : o 88 % des interviewés considèrent que leurs besoins sont insuffisamment satisfaits par les banques tunisiennes ; o 38% ont un projet d'achat immobilier à court terme en Tunisie, qu'ils retardent par méconnaissance des offres bancaires et immobilières.

Ces chiffres que l'on pourrait aisément transposer à d'autres besoins " clés " (transports, assurance, tourisme, agro-alimentaire, télécoms, médias…) montrent bien la distance qui reste à couvrir pour concrétiser un potentiel certain en nouveaux clients (et en devises). A la décharge de nos entreprises, il est utile de préciser que le chemin qui mène à une appréhension claire et pertinente des besoins des " TRE ", manque cruellement de balisage. En l'absence d'études de référence ou encore de médias ciblés en France et en Europe (contrairement aux Algériens et Marocains), il n'est pas simple de se construire une stratégie " gagnante " au milieu de cette mosaïque.

Cette incertitude explique beaucoup (mais ne justifie pas) la frilosité actuelle de nos entreprises. Pourtant, nos atouts sont indéniables ! Contrairement aux Algériens par exemple, les " TRE " témoignent d'un attachement fort au pays natal. En France, nos marques nationales peuvent compter sur un réseau de plus de 8000 commerçants d'origine tunisienne. Qui n'a pas fréquenté, à Paris, un des 1000 restaurants ou épiceries, une des 100 téléboutiques, tenus par un Tunisien ? Autant de relais à Paris et ailleurs pour se rapprocher de ces clients éloignés.

Enfin, de nouveaux travaux (cités plus haut) nous apportent désormais un éclairage plus précis sur les besoins spécifiques de cette clientèle, leurs habitudes " média" (TV, radio, presse…), leurs caractéristiques socioculturelles incluant leur répartition géographique. Autant d'éléments précieux au service d'une nouvelle stratégie de développement plus ambitieuse et mieux intégrée aux attentes des " TRE ".

Samir BOUZIDI Consultant spécialiste de la diaspora maghrébine sbouzidi@sopi.fr
L'Economiste Maghrebin
mars 2007

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