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Maroc-Algérie: L'autonomie élargie ou guerre généralisée


Le dossier du Sahara est entré dans une nouvelle dynamique susceptible de déboucher sur un règlement définitif de ce problème maroco-algérien qui continue à empoisonner les relations entre les deux pays tout en bloquant l'ensemble du processus de l'intégration maghrébine.

La solution initiale proposée par le Maroc et présentée sous l'appellation du Plan Becker portait sur l'organisation d'un référendum sur l'autodétermination est une solution de non-paix qui conduit à une impasse. Dans le cas où le " oui " l'emporterait, il sera certainement rejeté par le Maroc et dans le cas où le "non " l'emporterait,  il sera refusé par l'Algérie. Par conséquent, un tel référendum ne pourrait déboucher que sur la reprise des opérations militaires entre le Maroc et l'Algérie sous le couvert du Polisario.

Pendant le règne de Hassan2 le Maroc a évité d'entrer en confrontation directe avec l'Algérie et ce en dépit de la participation directe de l'armée algérienne dans les différentes opérations qui ont opposé les FAR aux combattants du Polisario. Aujourd'hui, en cas de reprises des hostilités militaires, il n'est pas certain que les responsables marocains actuels poursuivront la même stratégie de jadis. Le risque d'entrer en confrontation directe avec l'Algérie est plus que probable.

Le Maroc vient de lancer sa dernière proposition: l'autonomie élargie des provinces du sud. Il s'agit d'un statut d'autonomie qui permet aux habitants de ces provinces de prendre en charge leur destin en gérant leurs propres affaires sur le plan économique, social et politique et ce dans le cadre de la souveraineté du Royaume.

Contrairement à la proposition du référendum qui a permis aux parties en conflit de gagner du temps, la proposition de l'autonomie élargie jouit d'une volonté politique et d'un consensus de toutes les composantes de la société marocaine.

En effet, le Maroc s'est lancé dans de grands chantiers et réformes sur tous les plans : consolidation d'un Etat de droit, démocratisation de la société, lutte contre la pauvreté, réparations des atteintes aux droits de l'Homme pendant l'ère de Hassan 2, mise à niveau de l'infrastructure surtout dans les zones rurales…etc. Tous ces chantiers montrent que le Maroc avance, avec plus ou moins de succès selon les cas, mais il avance quand même et il y a une volonté d'aller en avant sur tous les fronts.

Le dossier du Sahara et son développement économique font partie de ces grands chantiers prioritaires. Il y a aujourd'hui au Maroc une volonté politique sincère et une très forte détermination de toutes les composantes de la société marocaine pour aboutir à un règlement définitif de ce dossier, vieux de 30 ans.

L'accroissement des investissements publics (Agence de développement des provinces du sud) et privés dans cette région, l'amélioration des infrastructures routières, portuaires, santé, éducation, communication avec le lancement de la chaîne TV de Laayoun, l'intégration des habitants dans le processus de développement et à tous les niveaux des pouvoirs de décision,... sont autant d'éléments qui témoignent d'une nouvelle stratégie du Royaume à l'égard du Sahara et de ses habitants. La page sécuritaire est définitivement tournée,  place à l'autonomie régionale élargie.

Depuis 2002, le nouveau Roi a multiplié les visites dans cette région. La dernière création du Conseil Royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS)  lors de la dernière visite du Roi Mohamed 6, composé des différentes potentialités de la région, représentants locaux des tribus, notables, acteurs locaux associatifs, culturels, politiques et économiques, est une autre initiative qui va dans le sens d'une implication totale des habitants du Sahara dans le développement de leur région.

Le Conseil est une préfiguration d'un futur parlement local, il a pour mission de débattre de toutes les questions économiques, sociales et politiques concernant les provinces du Sud par les habitants de ces provinces, ce qui mettra fin aux lenteurs des décisions centrales élaborées par les technocrates à Rabat.

L'autonomie élargie ou guerre généralisée

La proposition de l'autonomie élargie aux habitants du Sahara ne constitue pas uniquement la dernière carte du Maroc dans ce dossier, mais c'est également la dernière chance  pour préserver la paix et l'instabilité dans tout le Maghreb. L'autonomie élargie concerne la Justice, la sécurité avec la création d'une police locale et l'enseignement. En ce qui concerne la présence militaire marocaine au Sahara, le Maroc aurait arrêté un plan de redéploiement des troupes, notamment vers le nord du pays.

Le rejet de la proposition marocaine qui fait la une de la presse algérienne n'est pas surprenant. Alger continue à défendre sa position en considérant que le dossier du Sahara est un conflit de décolonisation. Rappelons que dans le conflit opposant le Maroc à l'Espagne au sujet de l'îlot de Leila, cette même Algérie s'est rangée du côté de l'Espagne
Au cours de ces deux dernières années, on constate un net durcissement de la position d'Alger par rapport au Maroc. Les déclarations incendiaires et les attaques verbales se succèdent sans arrêt non seulement de la part de la presse algérienne mais aussi au niveau des plus hautes autorités du pays  à leur tête le président algérien  A. Bouteflika.

Les dessins d'Alger sont clairs depuis plus de 30 ans: avoir un accès à l'Atlantique. C'est vital pour l'Algérie mais sans passer par le Maroc. La création d'un micro Etat sous la domination algérienne (une nouvelle province algérienne) est un rêve pour les généraux d'Alger. Le Président algérien A.Boutefleka a souligné, à maintes reprises, l'idée du partage comme solution ultime.

Pour le Maroc avec toutes les composantes, il n'est pas question de toucher à l'intégrité territoriale du royaume surtout par une Algérie qui a déjà amputé le Maroc d'une partie importante de son territoire après le départ du colonialisme français (Bechar, Tindouf, le Grand Sahara..).

Selon les observateurs marocains, tout est négociable dans le dossier du Sahara sauf la souveraineté du royaume sur cette région:  le territoire de du Sahara est inaliénable et indivisible. C'est ce qu'a rappelé par ailleurs le Roi Mohamed VI dans son discours prononcé le 25 mars 2006 à Lâayoune, au terme d'une visite de 5 jours dans ces provinces: "Nous ne cèderons pas un seul pouce, ni un grain de sable, de notre cher Sahara ". 

Dans ces conditions, si l'Algérie ne révise pas sa position, les deux pays se retrouveront de nouveau devant une impasse dangereuse pour la stabilité de toute la région.

La reprise des opérations armées que les leaders du Polisario brandissent comme menace à toutes les occasions ne se limiteront certainement plus au désert, le risque d'embrasement de toute la région n'est pas totalement à exclure.
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"Nous ne cèderons pas un seul pouce, ni un grain de sable, de notre cher Sahara "
le Roi Mohamed VI
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