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J'en ai marre, tu en as marre, y en a marre,… il faut que ça change!

Après le cri de révolte de notre star Najat Aâtabou " j'en ai marre ",  c'est au tour de notre hebdomadaire francophone Telquel  de pousse un grand cri de révolte " Y en a marre ",  en consacrant une édition spéciale de 20 pages pour passer au crible tous les maux dont souffre le Maroc contemporain au niveau économique social et politique, chacun y trouvera son compte.
Dans ce numéro, Telquel a décortiqué pas moins de 90 facteurs qui empoisonnent la vie aux marocains et qui constituent le malaise profond de la société marocaine dans son ensemble.

La devise de Telquel est : " dénoncer, pour commencer; agir ensuite, à chaque fois que c'est possible, pour défendre les valeurs universelles de citoyenneté ".

" Tous ces motifs de révolte sont justifiés pour pousser un cri de révolte. Il y en a sans doute des centaines d'autres: toutes ces choses, petites ou grandes, qui nous manquent pour que le Maroc soit un pays développé et démocratique. Continuons de les identifier, et militons ensemble pour les changer. Comme dit la pub, "nous le valons bien". "

Extraits :
10 millions… mais en 2010
Nos décideurs aiment les chiffres ronds et les dates symboles. On aura 10 millions de touristes… mais en 2010. On a une vision d'avenir… mais pour 2020. Dans les faits, nous n'avons plus que 3 ans pour convaincre 4 millions de touristes de bien vouloir nous rendre visite. Et quand bien même ils ne viendraient pas, pas de problème. Les dates symboles liés au mythe de l'an 2000 ne manquent pas. Le 21ème siècle ne fait que débuter, nos visionnaires ne manqueront pas de nous sortir de leur chapeau de nouvelles politiques à juger à l'horizon 2030… 2040… 2050. Les futurs nouveau-nés vivront même peut-être la vision 2090. En français, on appelle ça de la procrastination.

10 millions de touristes : Sea, sex and Sun …
Dire que le tourisme sexuel n'existe pas au Maroc revient à s'enfouir la tête dans le sable, tellement l'évidence est criante. C'est pourtant ce qu'ont fait nos officiels, pendant trop longtemps. Aujourd'hui, ils font mine de découvrir cette face peu glorieuse de l'ambition "2010, 10 millions de touristes". Le scandale Philippe Servaty (le journaliste belge et pornographe amateur à cause duquel 13 innocentes s'étaient retrouvées en prison) et la multiplication des affaires de pédophilie ont finalement poussé les autorités à réagir. D'abord par la répression, en multipliant les descentes et les arrestations, puis par la communication, en inventant le label "Tourisme responsable", un slogan pas encore très bien compris par les gens. Mais il faut se rendre à l'évidence : quand la demande des touristes rencontre une offre locale, essentiellement née de la pauvreté, ni le bâton ni une quelconque carotte n'arriveront à les séparer. Le grand perdant, c'est notre sens de la dignité...

19 de la Constitution : le joker
Tant que cet article subsistera dans la Constitution, il sera vain de parler de séparation des pouvoirs. Grâce à ce joker, le roi règne et gouverne sans limites. Il est d'abord "amir al mouminine". Il tire donc sa légitimité du sacré, d'une source divine qui s'impose à tous. Il est ensuite "représentant suprême de la nation, symbole de son unité, garant de la pérennité et de la continuité de l'État", et "veille au respect de l'islam et de la Constitution". Et il est, enfin, "protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités". Tout ce qu'il y a de plus normal pour un chef d'Etat, direz-vous… Mais la question est de savoir quelle est l'étendue de ces missions et quelles sont leurs limites. En fait, les seules limites des pouvoirs accordés par ce super-article sont celles… que le roi voudra bien se fixer lui-même ! Qu'on ne s'étonne pas, malgré l'ouverture qui caractérise le régime Mohammed VI, qu'on parle encore de monarchie absolue...

4000 morts par an sur les routes
Le 2 décembre, douze personnes, dont huit touristes étrangers, meurent dans un accident de la route à la commune de Ouled Hassoun, près de Benguérir. Quelques jours plus tôt, c'est la mort de six français au col du Tichka (près de Ouarzazate), qui fait la une des médias. Mais la mort de ces touristes a occulté celle de centaines d'autres victimes, bien marocaines, de cette véritable guerre des routes : près de 4000 morts par an ! Le coût financier et social de cette hécatombe est énorme : plus d'un milliard de dirhams par an, sans compter les handicapés à vie. Un bilan qui confirme, entre autres, l'échec de campagnes de sensibilisation trop timides (certes, la courbe frémit à la baisse, mais c'est encore peu significatif). Principaux accusés : le laxisme des autorités, les transports publics d'un autre âge, la corruption, l'incivisme des conducteurs comme celui des piétons et, surtout, l'impunité ambiante.

67% des agréments sont loués ou vendus
L'anarchie qui règne dans le secteur des transports est tributaire en grande partie du système des agréments, dont le mode d'attribution est toujours parfaitement arbitraire. Considérés comme une survivance d'un système féodal, 67% des agréments exploités le sont de manière indirecte, c'est-à-dire qu'ils sont loués, ou carrément vendus sous couvert d'un contrat de location. Le plus souvent à des particuliers qui travaillent dans l'informel, payent rarement leurs impôts et ne déclarent pas leur personnel. Les visites techniques périodiques obligatoires des véhicules sont expéditives et les documents sont délivrés ou reconduits moyennant un petit bakchich. Aujourd'hui, Karim Ghellab, le ministre des Transports, envisage de mettre fin à ce système de rente.

16 jours fériés
Visiblement, chez nous, toute occasion est bonne pour fêter quelque chose. Avec officiellement 16 jours, sans compter bien évidemment les ponts, le Maroc fait partie des premiers de la classe, concernant le nombre de jours fériés. Le ministère de la Fonction publique ou le patronat seraient bien inspirés de nous pondre une estimation du manque à gagner occasionné par ces breaks à répétition. Surtout que juste à côté, le voisin (et rival) tunisien ne compte qu'une petite semaine d'arrêt. Si le travail, c'est la santé, alors le Maroc est peuplé d'hypocondriaques.

20% en noir
Les dessous de table sont devenus la règle des transactions immobilières. Le "noir", payé pour l'acquisition d'un terrain ou d'un appartement (de n'importe quel standing), oscille entre 10 et 20% du montant de la vente réelle. Cette pratique constitue un frein pour l'acquisition de logements puisque les prêts bancaires ne couvrent pas cette partie illicite. Les futurs acquéreurs n'ont alors qu'à puiser dans leurs bas de laine ou recourir à un emprunt familial sans intérêts. Après le mouton, voici une nouvelle niche que les sociétés de crédit devraient explorer ! À moins que le fisc ne se décide, un jour, à sévir.

7 et 12 euros d'allocations familiales par mois et par enfant
Cela fait pratiquement vingt ans que les allocations familiales n'ont pas évolué. Elles sont toujours gelées au montant ridicule de 150 DH octroyé par mois et par enfant - et en plus, le montant se rétrécit à 75 DH à partir du quatrième enfant.

43% d'analphabètes
Les gouvernements passent, le chiffre reste inchangé ou si peu… près d'un Marocain sur deux ne sait ni lire ni écrire. C'est pourtant le point de départ de tout effort de développement.

35 ans du feuilleton du Sahara
Le conflit aura bientôt 35 ans et il continue à mobiliser d'importantes ressources militaires, financières et diplomatiques. A tel point que l'homme de la rue pense dur comme fer que le Sahara a coûté au pays son développement. Aujourd'hui, un projet d'autonomie tente d'apporter une solution que le Maroc souhaite définitive au conflit. Aboutira-t-elle ? Rien n'est moins sûr, vu les résistances que ce projet soulève déjà chez les leaders du Front Polisario et chez nos voisins algériens.

600 000  enfants au travail …
Au lieu de se retrouver sur les bancs de l'école, 600 000 petits Marocains âgés de 7 à 14 ans (soit 11% de cette tranche d'âge) se rendent chaque matin au travail. Et pas n'importe quel travail. Des tâches très physiques, notamment l'agriculture, la mécanique, l'élevage ou le textile, et pour la plupart sans protection, pour des rémunérations ridicules et des horaires de travail que même un adulte aurait du mal à supporter. Le nouveau code du travail a été amendé, élevant de 12 à 15 ans l'âge légal du travail et prévoyant des sanctions pour les employeurs indélicats. Mais on attend toujours son application.


212 000 familles dans les bidonvilles
Les "kariane" (carrières) font partie du paysage urbain de toutes les agglomérations marocaines. En 2004, on recensait 212 000 familles qui vivaient dans des bidonvilles autour des 70 villes du royaume. Depuis, un vaste programme national intitulé "villes sans bidonvilles" a été lancé. Visant l'éradication totale des bidonvilles à l'horizon 2010 (encore !), ce programme nécessite plus de 17 milliards de dirhams, dont 5,4 milliards pris en charge par l'Etat. Les premiers résultats sont encourageants, puisque les habitants de plusieurs bidonvilles ont été relogés.

15 000 DH de dotation touristique
En principe, chacun de nous n'a le droit de changer en devises que 15 000 dirhams par an, pour couvrir les besoins de ses voyages touristiques à l'étranger. Pourtant, bien des Marocains se payent des pieds-à-terre à Boston, Paris ou Courchevel. Et même pour les autres, qui imagine sérieusement des vacances de deux semaines en Espagne avec 1400 euros ? Résultat, les Marocains, même les moins aisés, rivalisent de créativité pour dépasser d'un petit chouia ladite dotation : billets cachés sous la semelle ou dans les bagages, bakchich libellé en dirhams pour le douanier… Et s'approvisionner  au marché parallèle dont le taux de change est souvent meilleur que celui pratiqué par les banques.

2000 malades dans un asile et le ministère de la Santé ne lève pas le petit doigt
Cet immense asile à ciel ouvert est tout simplement une honte pour ce pays. Près de 2000 malades y sont entassés en permanence dans des conditions exécrables, et beaucoup d'entre eux sont poussés vers l'esclavage dans les maisons et les champs avoisinants… Et pendant ce temps-là, le ministère de la Santé ne lève pas le petit doigt.

88 000 mineures bonnes-esclaves
Elles sont entre 66 000 à 88 000 mineures à s'occuper des tâches ménagères pour un salaire de misère, à ne bénéficier d'aucune protection sociale ni d'horaires de travail définis. Pire, beaucoup d'entre elles sont maltraitées, voire victimes d'abus sexuels. Pour l'ONG américaine Human Rights Watch, qui va jusqu'à parler de traite humaine, "“faire la bonne au Maroc, c'est se tuer à la tâche chez un employeur sans merci, 14 à 18 heures par jour, moyennant 40 centimes de l'heure”. Ce qui n'empêche pas les parents, souvent très pauvres et peu convaincus de l'utilité de scolariser leurs filles, de continuer à les envoyer à la galère. Un texte de loi régissant ce type particulier de travail devait voir le jour en décembre 2005. On l'attend toujours. Nos députés auraient-il du mal à se passer de leurs petites esclaves ?

500 000 mendiants professionnels, un marché en expansion…
Chez nous, la mendicité est un métier d'avenir. C'est ce qu'on est tenté de croire quand on voit l'effectif de mendiants professionnels qui hantent les rues. Ils sont partout : dans les carrefours, les marchés, sur les terrasses des cafés… Une enquête effectuée en 2005 a même évalué leur nombre à un dem-million ! Ravages de la pauvreté ? Pas toujours. Comme le loto, la mendicité peut rapporter gros. Souvenez-vous de cette vieille mendiante, arrêtée avec 120 000 DH en liquide sur elle… La vraie fausse pauvre était propriétaire de deux maisons et s'apprêtait à en acheter une troisième. Du coup, tous les moyens sont bons pour apitoyer le chaland : des enfants loués, un bébé emprunté ou un handicap simulé. La campagne de sensibilisation lancée par le gouvernement a le mérite d'exister. Surtout, en jouant aux funambules, elle pose la vraie question : comment s'attaquer à la mendicité professionnelle, sans stigmatiser la pauvreté ?

3% est notre déficit budgétaire et 2% notre inflation !
Les années passent et les budgets présentés par le ministre des Finances se ressemblent. Les mêmes chiffres reviennent à chaque Loi de Finances : un déficit budgétaire de 3% et une inflation de 2%. À croire que l'unique rôle de l'argentier du royaume est de respecter ces niveaux d'équilibre macro-économique. Et pour cela, il doit céder chaque année une partie du capital d'une entreprise publique ou couper dans les budgets d'investissement (dont le taux de réalisation dépasse rarement 75 %). Le financier du gouvernement continue d'ailleurs à penser que c'est "la pluie qui gouverne" puisque la croissance économique dépend avant tout de la campagne agricole. Supprimons alors le ministère des Finances !

9,5% est notre taux de chômage !
Lecteurs, tenez-vous bien : il y a moins de chômeurs au Maroc qu'en France, qu'en Espagne, qu'en Allemagne et qu'en Italie. 9,5% !! Le truc, c'est notre manière de compter les chômeurs. En fait, on ne les compte pas, on compte les "actifs occupés", puis on voit combien il manque pour atteindre 100%. Des enquêteurs du Haut commissariat au plan font donc des enquêtes de terrain, et ils posent cette question aux gens : "Avez-vous eu une quelconque activité les six derniers mois ?" Si vous répondez "oui, j'ai tenu l'étal de mon voisin, vendeur de cigarettes au détail, pendant une heure, il y a 2 mois" ou encore "oui, j'ai labouré le champ de mon oncle pour pas un rond, il y a 8 semaines", félicitations ! Vous êtes officiellement un "actif occupé". A ce compte, 9,5% de taux de chômage, c'est un drame national ! A moins que le drame, ce ne soit qu'on nous prenne pour des imbéciles à ce point...

Le baisemain ni imposé ni interdit
Oui, Mohammed VI ne l'impose pas à tout le monde, on le sait. Mais il ne l'interdit à personne non plus. Du coup, c'est comique : il y en a qui embrassent l'avant-bras, d'autres le coude… Certains hésitent, plongent au jugé, et atterrissent autour de l'aisselle ! Sérieusement, ça doit gêner le roi, au fond. Lui se dit libéral ("Que chacun me salue comme il veut"). Résultat : c'est la confusion dans les esprits des serviteurs de l'Etat. Pour réussir, faut-il être servile ou compétent ? Les deux ? C'est une combinaison plutôt rare, qui explique peut-être pourquoi Mohammed VI puise dans le même vivier, à chaque fois qu'il veut renouveler les walis ou les patrons d'Office… Pourtant, un simple dahir, comme Abdallah d'Arabie, et hop, abolition du geste ! Si Mohammed VI le fait, il dira au peuple : "Je suis un homme comme vous, je n'ai pas de pouvoirs divins. La seule chose que je peux vous garantir, c'est que je ferai de mon mieux". Vous verrez, messieurs les courtisans scandalisés à la lecture de ces lignes : on l'aimera beaucoup plus spontanément, après ça...

Ceux qui ont étudié à la mission sont-ils toujours Marocains ?
Difficile d'attaquer le PJD sur ses positions officielles, toujours lisses comme une peau de bébé. Depuis le 16 mai, aucun mot n'est publié par le parti islamiste sans l'aval préalable du secrétariat général. Mais dans leurs sorties publiques, les électrons libres du parti (comme Mustapha Ramid) tiennent un discours plus direct et véhiculent des messages parfois extrémistes, souvent populistes : "Les festivals de la débauche", "ceux qui ont étudié à la mission sont-ils toujours Marocains", "le tsunami punition de Dieu contre les homosexuels", on en passe et des plus nauséabondes. "Nous sommes un parti démocratique qui communique officiellement. Les opinions de nos militants n'engagent qu'eux-mêmes", répond le secrétariat général. Trop facile… D'abord parce que ces opinions émanent de responsables influents dans le parti, qui encadrent les foules islamistes. Mais surtout, le PJD désavoue rarement (sinon jamais) ses cadres quand ils se lâchent...

Alerte au métro de Casablanca
La première étude pour le métro à Casablanca date de 1976, quand la société française Transroute s'intéressait aux transports dans la métropole. Depuis, les Bidaouis rêvent de délaisser les taxis pour ce mode de transport qui fait la fierté de certaines capitales arabes. Mais malgré la succession d'études, payées au prix fort, le projet n'a pas avancé d'un iota depuis des décennies. La raison souvent avancée a de quoi arracher un sourire au plus coincé des chauffeurs de bus : il y a "de l'eau" sous Casa. Toutefois, le plan de développement urbain récemment présenté redonne de l'espoir. Il prévoit la mise en place de 3 lignes de tramway, d'une ligne de métro et même d'une ligne RER. Encore une fausse alerte ?

TVM ou TVR ?
"Pour que le peuple goûte ses faveurs, le prince doit les faire rares". C'est Machiavel qui disait ça, en 1515. Depuis, on a inventé la télé. C'est un formidable outil de propagande, quand on s'en sert intelligemment. Mais montrer le roi tous les jours, pendant 3 à 4 heures de temps d'antenne cumulé, en train d'inaugurer quelque chose, de rencontrer des émissaires étrangers (sans qu'on nous dise pourquoi), ou même de souhaiter bon anniversaire à un chef d'Etat quelconque… ça ne fait pas tomber le peuple en pâmoison, non. Le peuple ne se dit pas "aimons cet homme, il travaille pour notre bien". Le peuple zappe pour éviter l'overdose. Symboliquement, c'est un geste fort. Puisque nos dirigeants aiment tant les symboles, ils devraient s'inquiéter de celui-ci. Et repenser le JT de la TVM.

Le moqaddem s'occupe de tout et de rien
Le symbole le plus proche, le plus visible du Makhzen, c'est lui. Le moqaddem est un agent d'autorité qui s'occupe de tout et de rien. Il sillonne les rues, "renifle" partout (on l'appelle le "chemcham"), se renseigne sur le compte des uns et des autres… et mène les enquêtes préalables à l'obtention d'un certificat de résidence. Il sert à tout cela à la fois, et même plus encore : c'est lui qui représente la base (et le bas de l'échelle) du travail de collecte de renseignements chapeauté par la DAG (Direction des affaires générales, équivalent des RG ou de la DST, mais au niveau de l'administration territoriale). Son job véritable, donc, c'est le renseignement brut, non filtré, non recoupé, où l'information est souvent mêlée à la rumeur la plus invraisemblable. C'est sans doute ce qui le rend très impopulaire, en plus de son très faible salaire qui en fait le représentant d'Etat le plus facilement corruptible. Allez, du vent !.

Alcool et hypocrisie
"Au Maroc, l'alcool est uniquement servi aux étrangers". Aussi insensée soit cette affirmation, c'est toujours la version officielle. Dommage collatéral de cette hypocrisie nationale : elle retarde l'entrée en vigueur de l'alcootest au volant, qui sauverait pourtant de nombreuses vies.

Un accident : Ministre d'Etat sans portefeuille, sans activités et sans résultats
De rien, il a fait un métier. Il n'a pas de fonction ministérielle, juste le salaire et la Mercedes qui vont avec. Et ça ne le dérange pas outre mesure. M. Abbas El Fassi, ministre d'Etat sans portefeuille, est superflu. Mais il ne l'assume pas, et se plaint régulièrement de la presse qui "ne couvre pas assez ses activités". Mais où sont-elles, bon Dieu ?! Voilà un scoop que TelQuel paierait cher ! Qu'a fait Abbas d'utile, depuis qu'il est ministre ? Allez, soyons méchants : qu'a-t-il fait d'utile depuis le début de sa carrière politique ? L'homme qui a dit "nous soutenons Sa Majesté le roi, quoi qu'il décide" (il l'a dit !) s'est retrouvé, par accident, à la tête du parti de l'Istiqlal. Juste parce que Hassan II avait besoin de quelqu'un de falot et de contrôlable à ce moment là. Il se trouve que l'Istiqlal est le plus gros parti du Maroc ! Et que M. El Fassi pourrait, démocratiquement, se retrouver Premier ministre !! Hassan II doit se bidonner dans son cercueil. Et M'hamed Boucetta dans son rocking-chair...

Les discours du roi = programme des partis politiques
C'est bien connu, tous nos partis n'ont pas de programme politique, en dehors de quelques vœux pieux (tous pour la démocratie et la justice, pour le parachèvement de l'intégrité territoriale… et vive le roi !). Normal, dans ces conditions, qu'on se demande à quoi ils servent. Normal que si peu de gens aillent voter pour eux. Normal qu'on oublie jusqu'à leur existence. Entre nous, qui a envie d'adhérer ou de croire à un parti dont les dirigeants claironnent, sans crainte de paraître inutiles : "notre programme est tiré des discours du roi" ?

Sebta et Mlilia oubliées....
Qui se rappelle encore que deux villes marocaines sont occupées par le méchant voisin espagnol, quelque part au nord ? Depuis 500 ans que ça dure, les Marocains ont fini par s'y faire. Et même au niveau officiel, on ne fait semblant de revendiquer la marocanité de Sebta et Melilia qu'en cas de raidissement des relations avec Madrid. Le reste du temps, ça ne dérange personne, sinon quelques caciques de l'Istiqlal aux vieux réflexes. Et puis disons-le franchement, les habitants des deux villes n'ont jamais rien demandé. La preuve : l'association des Sebtaouis d'origine marocaine s'appelle… l'Union des musulmans de Sebta !

La théorie du complot
Il suffit que la diplomatie marocaine perde une bataille ou qu'un livre critique soit mis en circulation pour que des "analystes", toujours les mêmes, crient au complot et à la fameuse "main de l'étranger". Sans autre forme d'explication. Même quand le Maroc a perdu l'organisation du Mondial 2010 au profit de l'Afrique du Sud, les brillants analystes ont trouvé le moyen de tirer sur Nelson Mandela (!!)… et sur tous ceux qui n'ont pas soutenu le Maroc. Alors voilà : tous ceux qui émettent des réserves sur quoi que ce soit, du Sahara à la démocratie en passant par tout et n'importe quoi, sont "manipulés par l'étranger". Et à force de la sortir, la rengaine a fini par s'user. Aujourd'hui, combien parmi ces brillants esprits croient encore à ce qu'ils disent ?

Les banquiers marocains: on te donne si tu nous donnes..
Les banques ne s'intéressent que peu à la viabilité et à la rentabilité des projets qui leur sont soumis en vue de l'octroi d'un crédit d'investissement. Elles examinent avant tout les garanties personnelles apportées par l'emprunteur : titres de propriétés mobilières ou immobilières à nantir. En gros, on te donne de l'argent, si tu nous donnes en garantie quelque chose qui vaut (au moins) autant ? à quoi bon demander un crédit, si on possède un tel bien ? Même la kyrielle de fonds de garantie mise en place par l'Etat est loin de trouver grâce aux yeux des banquiers. Ces derniers appliquent à la lettre l'adage selon lequel on ne prête qu'aux riches. Les moins riches, eux, sont obligés d'hypothéquer leur dernière chemise pour une simple facilité de caisse. Assez ! …

Chouafate, fouqha, marabouts, jnoun et le Makhzen
Si les femmes sont aux avant-postes pour la confection des talismans et autres hjabs, les hommes s'y mettent aussi. À une nuance près : les dames "consultent" les chouafate, fouqha et autres marabouts, surtout pour des histoires de cœur, alors que les hommes le font pour des questions de pouvoir, d'argent ou de vengeance… quand ils ne paniquent pas après une panne sexuelle. L'irrationnel fait bien partie de notre identité, de notre culture, d'un islam populaire meublé de marabouts, de saints et de jnoun. Les raisons de ce "boom de l'occulte" sont aussi multiples que complexes, mais le poids de la religion (dévoyée, pour le coup) est indéniable. Une victoire de la pensée ésotérique sur la raison cartésienne, que le Makhzen n'a jamais tenté de contrer. Sans doute parce que ses hauts dignitaires y ont recours eux-mêmes...

Plus personne ne pourra passer quand  le roi passe
Ils sont tétanisés, hébétés, complètement "stone", sifflant n'importe comment, fulminant de rage, criant et insultant les gens sans raison, etc. "Ils", ce sont les policiers, dans les minutes précédant le passage du convoi royal. Les pauvres hommes en uniforme ont bien raison de perdre la tête : dans quelques instants, les rues seront coupées et plus personne ne pourra bouger. Le pire, c'est que la coupure peut se prolonger… et contaminer d'autres rues, d'autres services (transport public, commerces, bureaux). Résultat : une ville morte, le temps du (long) passage du convoi royal. Qui peut trouver ça normal ?

Allah, Al Watan, Al Malik, la famille, la religion,  le Sahara et le sexe
Allah, Al Watan, Al Malik. Trois repères, trois mots magiques qu'il est seulement permis d'adorer, rien d'autre. Mais le nombre de lignes rouges est infiniment supérieur à trois puisqu'il faut ajouter à la liste des interdits le sexe, la famille, la religion dans toutes ses déclinaisons possibles, le Sahara, etc. Le problème, c'est que toutes ces questions nous interpellent et façonnent, au jour le jour, notre vie. Comment les ignorer et faire "comme si tout était parfait", comment les accepter sans les sonder, comment les aimer sans les connaître vraiment ? Et comment ne pas se sentir frustrés, méprisés, infantilisés, chaque fois que l'on nous défend d'y toucher ?

Impunité des tortionnaires
Le Maroc a innové en décrétant une loi contre la torture. Une très belle initiative qui confirme les progrès du royaume en matière de droits de l'homme. Mais cette loi, pour le moment, reste purement théorique. Le Maroc continue d'enregistrer chaque année des cas de décès dans les commissariats ou les postes de gendarmerie, voire à l'occasion de manifestations de rue. Une poignée d'"accidents" de ce genre sont ainsi comptabilisés, annuellement, par les ONG de droits de l'homme. Sans compter le nombre de viols et de violences diverses perpétrés contre les individus qui ont été "cuisinés" par différents services de sécurité. C'est beaucoup, pour un pays qui prétend respecter les droits de l'individu.
tâche chez un employeur sans merci, 14 à 18 heures par jour, moyennant 40 centimes de l'heure". Ce qui n'empêche pas les parents, souvent très pauvres et peu convaincus de l'utilité de scolariser leurs filles, de continuer à les envoyer à la galère. Un texte de loi régissant ce type particulier de travail devait voir le jour en décembre 2005. On l'attend toujours. Nos députés auraient-il du mal à se passer de leurs petites esclaves ?

Verrouillage du capitalisme marocain
Après avoir verrouillé le contrôle de l' ONA-SNI et s'être payé le groupe Wafabank pour donner naissance à Attijariwafa bank, le holding royal Siger devient le plus important groupe privé marocain, et de loin. Outre les secteurs classiques (agro-alimentaire et mines), les affaires royales investissent désormais de nouvelles niches comme les télécoms, l'énergie ou encore les services de distribution d'eau et d'électricité. De plus, en usant du poids bancaire d'Attijariwafa (la plus grosse banque privée du Maghreb), le groupe fait la pluie et le beau temps dans le milieu des affaires. La banque provoque des fusions, permet des acquisitions… et s'invite même à des opérations de financement pour lesquelles elle n'a pas été sollicitée ! Est-ce vraiment sain, tout ça ?
Dernière innovation : boîtes d'allumettes aux gendarmes
Comment se fait-il que tant de camions roulent en surcharge, que tant d'autocars circulent sans papiers en règle… alors que, sur les routes, ces deux catégories de véhicules sont l'objet de contrôles systématiques des barrages de la gendarmerie ? La réponse est simple : une grande partie de ces contrôles se solde par quelques dizaines de dirhams échangés contre l'"absolution" des contrôleurs. Dernière innovation, tellement le système est rodé : les camionneurs ne daignent même plus s'arrêter aux contrôles. Ils jettent, au passage, un billet froissé dans une boîte d'allumettes… histoire que le vent ne l'emporte pas loin de ses bénéficiaires.

Elus analphabètes, souvent absents, et ronflent quand ils sont présents…
Oui, il y en a encore beaucoup. Mais leur nombre exact n'est pas connu, puisque l'analphabétisme n'est pas une caractéristique qu'on met en avant sur un CV. Il n'empêche : leur existence, en soi, contraste douloureusement avec les objectifs affichés de modernisation de la vie politique. Il est vrai que la charte communale a limité la casse, en obligeant les présidents de conseils communaux à avoir au moins un… certificat d'études primaires. Ce n'est déjà pas beaucoup, mais le pire, c'est que ce genre de certificat est… très facile à falsifier ! La vraie question est : comment concilier le droit constitutionnel de tout citoyen de se présenter aux élections et l'obligation, dans un souci d'efficacité, d'un niveau minimum d'instruction ?
L'absentéisme reste l'élu le plus assidu au Parlement. En fait la plupart des parlementaires cumulent des fonctions électorales. Élus communaux, présidents d'arrondissement, présidents de région… La plupart ont même des entreprises à gérer. Alors où est la priorité ? Certainement pas l'intérêt des électeurs, ni la passion de légiférer... Un certain nombre de députés confondent l'hémicycle avec leur chambre à coucher. Combien de fois la caméra de la TVM en a-t-elle surpris, la tête inclinée et la bouche entrouverte…

Avis aux Marocains : pour réussir dans la vie, il faut parler français !
Avis aux Marocains : pour réussir dans la vie, il faut parler français ! Voyez Nadia Yassine : c'est son atout principal. Avec, bien sûr, le fait d'être la fille de son père, chef du mouvement islamiste numéro 1 du pays. Mais comme elle a fait la mission (honte à toi, Si Abdeslam, honte !), elle maîtrise bien la langue de Molière. Et le sens de la rhétorique. Alors les journalistes occidentaux, qui sont un peu paresseux, vont tous la voir elle, plutôt que la brochette de barbus rébarbatifs qui dirigent vraiment Al Adl Wal Ihsane (et qui la détestent secrètement). Résultat : d'interview en voyage à l'étranger, elle est devenue "pasionaria islamiste". Comme en plus elle est loin d'être idiote, elle a compris que ces grands enfants du Palais s'énervent pour un rien, alors elle en rajoute : "La monarchie ne convient pas au Maroc", dit-elle, la maligne ! Comme prévu, ils lui font un procès, alors elle pose devant une nuée de photographes, scotch sur la bouche, et pancarte en anglais (elle innove !) sur le torse. Et les autorités lui organisent ses séances photo !! Bis, bis !

Comme à Paris Match … Bezzzzaf aâlina !
Trois lignes ! Voilà ce que Paris Match a consacré à la nouvelle grossesse de Lalla Salma. Nous, à part le fait que cet enfant, une fois né, sera instantanément inscrit sur une liste de succession au poste de roi (ou de prince) du Maroc… ça ne nous regarde pas. La presse marocaine, faire des photos "people" du roi, des princes et princesses, au bord de leurs piscines ? La presse marocaine, interviewer le roi ? Bezzzzaf aâlina ! Le Palais royal acceptera-t-il un jour de nous... "ouvrir ses portes", comme il le fait régulièrement pour Paris Match (photo) ? On peut toujours rêver...

Sa capacité de nuisance  est son seul "mérite"
Une bonne partie de la classe politique et de la société civile n'en veut plus. Et pour cause, la fameuse Chambre des Conseillers accumule les défauts. En matière législative, sa performance est quasi nulle. Son seul "mérite" semble être sa capacité de nuisance, sa propension à ralentir le processus d'adoption des lois. Pire, empêtrée dans la corruption et les magouilles, elle renvoie une piètre image de la pratique politique. Pourquoi la garder ?

Grève…  tu crèves…
"Nous sommes en grève de la faim pour faire valoir notre droit légitime au statut de professeur de l'enseignement supérieur". L'épidémie, pour ne pas dire la vogue, de la grève de la faim a finalement rattrapé les docteurs après avoir fait le tour des prisonniers salafistes, des handicapés, des journalistes et même de certains artistes. Par son côté héroïque et sacrificiel, cette forme de protestation a toujours bénéficié d'une certaine aura. Mais accommodée à toutes les sauces et récupérée par toutes les causes, banalisée par un recours qui devient la règle plus que l'exception, elle ressemble davantage à un chantage qui décrédibilise la démarche et lui fait perdre sa légitimité. Et en plus, ça ne marche plus, parce que l'Etat, qui commence à avoir l'habitude, cède de moins en moins. Trop de grève tue la grève...

Attention, nouvelle pathologie sociale !
Comment expliquer que des individus bien installés dans leurs pays, avec des situations sociales et matérielles correctes, se posent comme candidats à l'immigration clandestine, avec les risques que cela suppose ? On peut comprendre qu'un chômeur longue durée, en plein désespoir, puisse être tenté de s'embarquer sur une patera, mais un instituteur marié et père de deux enfants ?!

Un ancien commissaire et tortionnaire au centre de torture Derb Moulay Cherif, président d'un partis politique !!!
On ne connaît au président du Mouvement démocratique et social (sic !) qu'une seule tare - mais elle est de taille : son passé de flic pendant les années noires et ses états de service pour le moins controversés. Ancien commissaire au tristement célèbre Derb Moulay Cherif, il aurait participé personnellement à des séances de torture, comme de nombreux témoignages le confirment. Bien évidemment, Archane nie tout en bloc, intente un procès à une journaliste qui a révélé son passé et revendique le statut de résistant… comme si ça le dédouanait de tout. Le changement dans l'air du temps a-t-il poussé l'ex-policier à davantage de discrétion ? Que nenni : son parti vient d'intégrer le Mouvement populaire uni, et Archane se voit déjà ministre. Il ne manquerait plus que ça...

Haschich, haschich…. hypocrisie
Hypocrisie plus fumeuse que celle-là, tu meurs d'overdose… Pour la saisir pleinement, inutile d'être dans le secret des dieux, initié ou bien informé sur les liens existants entre les agents d'autorité et les barons de la drogue. Non, il suffit de faire appel à ses sens. Sur la route entre Fès et Kétama, un touriste découvre un paysage verdoyant fait de plants de cannabis à perte de vue, cultivés au vu et au su de tout le monde, de quoi vous en mettre plein la vue au même titre que les chênes-lièges de la forêt de Maâmora. Quand les gendarmes reçoivent l'ordre d'appréhender un cultivateur du Rif, ils traversent ces hectares de verdure sans rien remarquer de louche. Et repassent par le même chemin en redescendant de la montagne, avec leur bouc émissaire menotté.

Stop ! Frontières
"Sacrée", l'intégrité territoriale ? A d'autres ! Si elle l'était, l'Etat marocain n'accepterait pas que l'armée mauritanienne campe à Lagouira (censée être sa frontière sud), alors que la frontière réelle est à 50 kilomètres plus au nord. Si elle l'était, on n'aurait pas construit le mur de sable à l'intérieur du Sahara, abandonnant de facto un bon tiers de notre territoire "sacré" à l'armée ennemie. Si elle l'était, l'Etat n'admettrait pas que les militaires algériens annexent chaque années quelques dizaines, voire quelques centaines d'hectares d'oasis (parfois même des mines) du flanc est de ce qui est supposé être "notre" territoire. La seule chose qui est vraiment sacrée, c'est la propagande officielle. Quant au Sahara, Hassan II, pas fou, l'avait d'abord fait quadriller par l'armée. Après, il a donné le feu vert à 30 ans de polémique. Mais une polémique "sacrée", attention !

Stériliser les fabriques du jihad
On a beau les transférer de prison en prison, les maintenir dans l'isolement, les brimer… les prédicateurs salafistes, qu'ils soient prêcheurs à la petite semaine ou cheikhs accomplis, réussissent toujours à mener à bien leurs opérations d'embrigadement. Pour une raison toute simple : tout salafiste qui se respecte doit pratiquer la "daâwa" en tout lieu et en toute circonstance. Ce qui est dangereux, c'est que le discours salafiste trouve un terreau fertile dans les centres pénitentiaires. Pour les délinquants comme pour les apprentis salafistes, le jihad verbal (pour commencer) représente non seulement un moyen de "rédemption" mais aussi une possibilité valorisante de sortir de l'anonymat. Pour stériliser ces fabriques du jihad, faut-il créer des quartiers spéciaux, en quarantaine, dédiés aux islamistes ? Gare aux atteintes aux droits de l'homme, alors...

Dis-moi ton nom de famille, je te dirai qui tu es
"Dis-moi ton nom de famille, tes relations, la marque de ta voiture et celle de tes fringues… et je te dirai qui tu es". C'est encore notre paradigme social n°1. L'égalité ? Connais pas. On est tous le supérieur de quelqu'un et l'inférieur d'un autre (sauf le roi qui n'est l'inférieur de personne, mais il est la seule exception sur 30 millions). Et puisque c'est le seul moyen de nous distinguer les uns des autres, il faut le faire sentir. Le supérieur doit être arrogant et méprisant (haggar) envers l'inférieur - sinon, à quoi bon être supérieur ? Quant à l'inférieur, il accepte sans ciller d'être méprisé (mahgour), puisqu'il trouvera toujours lui aussi, un inférieur pour se défouler. Et on se demande pourquoi la démocratie tarde à arriver...

Peur des barbus
Beaucoup de gens le reconnaissent aujourd'hui : depuis le 16 mai, beaucoup de gens ont instinctivement peur des barbus. En font-ils trop ? Certainement. D'abord, la barbe n'est pas l'apanage des islamistes. Ensuite, tous les islamistes ne sont pas forcément violents. Ils ont peut-être des idées tranchées sur le mode vestimentaire ou les obligations du bon musulman, mais tant qu'ils n'entravent la liberté de personne, ils ont le droit de jouir de la leur. "Politiquement correct", ce discours ? Peut-être. Mais c'est préférable à la banalisation d'une nouvelle forme de discrimination : la ségrégation pilaire.

La justice est aussi démocratique que la loterie
Au Maroc, mieux vaut un mauvais arrangement qu'un bon procès. Et vous savez pourquoi ? Parce qu'un bon procès, ça n'existe pas. A la limite, les procès manipulés pour des raisons politiques sont les moins arbitraires. Ceux-là, au moins, sont conduits en fonction de paramètres clairement définis. Il y a aussi les procès biaisés par corruption du juge. Là aussi, c'est le plus riche qui gagne. Ce n'est pas juste, mais c'est logique. Et puis il y a tout le reste, l'écrasante majorité des procès, dont l'issue dépend de mille et un paramètres plus aléatoires les uns que les autres. Si le juge s'est levé de bonne humeur, s'il ne s'est pas disputé avec sa femme la veille, s'il a la moindre expertise technique sur le dossier qu'il a sous les yeux (le plus souvent, non), s'il a le temps de bien étudier le dossier dans le détail (jamais), etc. Conclusion : au Maroc, la justice est aussi démocratique que la loterie. Ça devrait être présenté comme ça, d'ailleurs. Ainsi, les justiciables auront au moins la consolation d'avoir été prévenus...

Je Raccroche  je suis sur écoute..
Les écoutes téléphoniques ont été autorisées, depuis peu, sur ordre express du Procureur du roi, dans certains cas particuliers (exemple des achats de voix lors des dernières élections de la Deuxième Chambre du Parlement). Mais qui va croire que les écoutes sont limitées à ces seuls cas et qu'elles suivent invariablement le cours légal ?
Un conseil : si la friture sur la ligne l'emporte sur la voix qui vous parle à l'autre bout de fil, raccrochez tout de suite : il est possible que vous aussi...


Dossier complet voir : www.telquel-online.com

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