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Plus de 400 personnes issues de la diaspora marocaine sur le continent européen ont répondu à l'appel du collectif Al Monadara. Les Ministres Chakib Benmoussa, Taieb Fassi-Fihri, Nezha Chekrouni ont également fait le déplacement. Débats, échanges, contradictions et... indiscrétions. Moteur !

Les mauvaises langues diront que la première conférence du collectif Al Monadara, qui regroupe des associations basées en Europe, s'est quelque peu transformée en une thérapie collective plutôt qu'en débats de fonds avec un centre d'intérêt purement intellectuel.
La présence massive de Marocains résidant à l'étranger (MRE) de 1ère génération, leurs histoires sociales (et politiques) et l'expression de revendications ont fait office de "déjà vu et entendu". Ce qui laisse croire que lors du casting, le Comité Organisateur n'a pas adopté une approche transgénérationnelle.

Si Nezha Chekrouni, Ministre Déléguée en charge de la communauté marocaine à l'étranger, éprouve "la frustration de ne pas avoir pu rencontrer plus de jeunes à ce jour", au lendemain de la manifestation, sa frustration a dû être encore plus grande, la jeunesse ayant été oubliée par les organisateurs.

Un oubli volontaire? On est tenté d'y croire. En effet, tout au long des travaux, le maître-mot a été la réconciliation. Ce n'est pas la présence (remarquée) de Driss Benzekri, Président du Conseil consultatif des droits de l'homme (et ancien chef de file de l'instance Équité et réconciliation) ou celle de Chakib Benmoussa, ministre de l'Intérieur qui influent cette pensée mais bien la typologie des participants.
Pour la grande majorité d'entre eux, ils sont nés au Maroc dans les années 1940/1950, ils étaient opposés politiquement au régime de Hassan II et ils ont rejoint l'Europe pour tendre vers un avenir meilleur. Ainsi, c'est leur condition de vie durant les années de plomb et l'environnement des pays d'accueil qui ont occupé l'essentiel des débats. Des débats parfois difficiles tant au travers des disparités géographiques, des diversités linguistiques (France, Pays-bas, Grande Bretagne, Espagne, Italie), que de l'absence de culture au débat contradictoire.

Si le passé ne doit pas être occulté et l'histoire oubliée, il n'en reste pas moins qu'il est réducteur d'identifier la diaspora marocaine à cette représentativité. D'autant plus que le nombre de MRE 2ème et 3 ème génération est numériquement plus important que celui de leurs aînés et que ses lectures et ses liens avec le Maroc peuvent être diamétralement opposés. En clair, les générations se suivent mais ne se ressemblent pas. "C'est vrai. Néanmoins, il faut savoir que de réunir ces personnes, qui n'ont pas pour habitude de travailler en équipe durant trois jours, relève de l'exploit. Il y a quelques années, cela se serait soldé par un pugilat. Pour toutes ces raisons, ce rendez-vous est une avancée certaine pour instaurer un dialogue durable entre Marocains d'ici et d'ailleurs" déclare un membre du comité d'organisation.
lanouvelle tribune
décembre 2006
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